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Semeur De Troubles, 1 avril 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Chatterton (CD)
En prenant quelques distances avec Joséphine, effeuilleuse sans complexe à tendance radiophonique, Alain Bashung revient mettre les virgules à l'heure. Terminé les rêves de madame et autres nuits de satin blanc, car voici un album loin de la lumière. Une leçon d'anatomie touchant autant à l'état d'esprit de son auteur, qu'à la mélancolie ambiante. Son titre ? Chatterton. Simple de prime abord, tout en multipliant rapidement les références : Gainsbourg, George Sand, un poète maudit du XVIIIème, Alfred de Vigny...si diverses connexions le dispute rapidement à la première évidence, il semble bien qu'au final chacun trouve dans ce titre la part de mémoire qui lui ressemble. Quoi qu'il en soit, hormis son nom de scène, Chatterton est avant tout un brasseur de doutes. Ceux de son auteur, principalement. Mais également ceux portés en fardeau par une époque qui se cherche des issues de secours. Alors, funèbre déraison ou oraison funèbre ? Qu'importe à l'importun, dès l'instant que l'ivresse des mots soit au rendez-vous. Ainsi, dès la première écoute, une certitude. Ce disque est un aventurier surréaliste. Comme d'habitude, pourrait-on dire. Sans doute, mais avec un je ne sais quoi de dérangeant, d'opaque. Une sorte de pessimisme serein. Un peu comme si Alain avait fait le deuil du monde qui l'entoure pour mieux se concentrer sur lui-même. Bien sur, la complicité textuelle avec Jean Fauque est toujours présente. Bien sur, des titres tels Que N'ai-je, Un Âne Plane et Ma Petite Entreprise (fortement connotée) donnent facilement le change. Malgré cela, c'est après une lettre à Elvire, la rencontre avec un drôle d'apiculteur, puis le délire consommé de J'Ai Longtemps Contemplé que Chatterton nous bascule définitivement. Fini le rêve américain, nous voici pleinement de retour en territoire inconnu. Une pincée de reggae par ci, quelques volutes romantiques à la Léo Ferré par là. Tandis qu'il le chante avec un certain humour, Bashung brouille les pistes et grave de sa voix brune un nouveau sillon désespéré. Entre pochette bleue et contenu organique, Chatterton l'ambigu est un semeur de troubles.
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Chatterton B0000084JQ
Alain Bashung
Barclay
Chatterton
Bienvenue
Semeur De Troubles
En prenant quelques distances avec Joséphine, effeuilleuse sans complexe à tendance radiophonique, Alain Bashung revient mettre les virgules à l'heure. Terminé les rêves de madame et autres nuits de satin blanc, car voici un album loin de la lumière. Une leçon d'anatomie touchant autant à l'état d'esprit de son auteur, qu'à la mélancolie ambiante. Son titre ? Chatterton. Simple de prime abord, tout en multipliant rapidement les références : Gainsbourg, George Sand, un poète maudit du XVIIIème, Alfred de Vigny...si diverses connexions le dispute rapidement à la première évidence, il semble bien qu'au final chacun trouve dans ce titre la part de mémoire qui lui ressemble. Quoi qu'il en soit, hormis son nom de scène, Chatterton est avant tout un brasseur de doutes. Ceux de son auteur, principalement. Mais également ceux portés en fardeau par une époque qui se cherche des issues de secours. Alors, funèbre déraison ou oraison funèbre ? Qu'importe à l'importun, dès l'instant que l'ivresse des mots soit au rendez-vous.
Ainsi, dès la première écoute, une certitude. Ce disque est un aventurier surréaliste. Comme d'habitude, pourrait-on dire. Sans doute, mais avec un je ne sais quoi de dérangeant, d'opaque. Une sorte de pessimisme serein. Un peu comme si Alain avait fait le deuil du monde qui l'entoure pour mieux se concentrer sur lui-même. Bien sur, la complicité textuelle avec Jean Fauque est toujours présente. Bien sur, des titres tels Que N'ai-je, Un Âne Plane et Ma Petite Entreprise (fortement connotée) donnent facilement le change. Malgré cela, c'est après une lettre à Elvire, la rencontre avec un drôle d'apiculteur, puis le délire consommé de J'Ai Longtemps Contemplé que Chatterton nous bascule définitivement. Fini le rêve américain, nous voici pleinement de retour en territoire inconnu. Une pincée de reggae par ci, quelques volutes romantiques à la Léo Ferré par là. Tandis qu'il le chante avec un certain humour, Bashung brouille les pistes et grave de sa voix brune un nouveau sillon désespéré.
Entre pochette bleue et contenu organique, Chatterton l'ambigu est un semeur de troubles.
StarChild - Destination Rock
1 avril 2009
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : France
Classement des meilleurs critiques: 843
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