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Spirituel..., 20 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : A New Perspective (RVG Edition) (CD)
Dès le premier titre « Eliah », j'entends cette chorale dansante et chantante, ça swingue, ça bouge, ça sent les années soixante et leur insouciance, ça me met en jambe et en transe. De transe, il en sera beaucoup question sur les titres suivants où le mouvement se ralentit pour devenir presque processionnaire. « Best of Burden » signe le début d'un jazz spirituel. Le ton monte, la solennité s'empare de l'instant présent. Je cesse toute activité futile pour me consacrer tout entièrement à ce morceau, à cette prière devrais-je même dire. Car oui, il y a bien quelque chose de religieux dans cette musique aux allures de gospel, lent au début et qui monte progressivement en puissance. Entre les chaeurs, une trompette et un vibraphone qui discutent ensemble, qui chantent, qui communient en toute simplicité, en toute solennité. Que dire de plus, si ce n'est que dans la vie, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour prier et un autre pour écouter Donald Byrd. La vie est aussi simple que ça. La vie, c'est simplement ça, c'est juste le Jazz... La vie, mais aussi la spiritualité. Se recentrer sur soi-même pour s'ouvrir ensuite aux autres. Sentir les émotions tourner autour de votre nombril avant qu'elles vous envahissent de par tout le corps. Vous sentez le frémissement dans votre jambe droite ? Je le savais, c'est le second effet « Cristo Redentor ». Celui qui va titiller tous vos méridiens pour vous procurer de nouvelles sensations jusqu'ici totalement méconnues voir insoupçonnées. J'appelle cela simplement la puissance du Jazz, celle qui d'une simple musique permet la transformation totale d'un corps inerte en un organisme chaloupant sur un rythme effréné et incontrôlé : la transe - physique et spirituelle. « The Black Disciple » devient mystique et passe, par conséquent, du côté de la force obscure de la spiritualité. Le rythme est là, l'air enivrant, les chaeurs envoûtant. Cette musique sonne le glas pour moi. Je reste immobile, hypnotisé sous le « charme » obscur d'une puissante magie noire orchestrée par Donald Byrd lui-même. Je vous l'ai dit d'entrée de jeu : cet album a quelque chose de spécial, presque indéfinissable. Si particulier qu'il en devient obsédant. Et lorsque je parle d'obsession, cela signifie qu'il provoque une sensation de manque à chaque fin - juste de quoi vous rendre accroc, tel un drogué en manque de sa piqure. Sauf que le manque est ici est bien plus profond, mais aussi bien plus sain qu'une vulgaire seringue. Un manque inévitable et inavouable dont mon esprit ne veut se départir. Si tôt les dernières notes transmises à mon cortex cérébral, si tôt la main tremblante s'approche de la platine et d'un doigt mal assuré frôle le bouton « Play » pour assouvir de nouveau mon manque et ressentir cette émotion qui me remue tripes et boyaux. « A new perspective », où la perspective de découvrir de nouvelles émotions et de sentir votre corps vibré sur un immense album de « jazz spirituel ».
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Duke Pearson
Blue Note
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Spirituel...
Dès le premier titre « Eliah », j'entends cette chorale dansante et chantante, ça swingue, ça bouge, ça sent les années soixante et leur insouciance, ça me met en jambe et en transe. De transe, il en sera beaucoup question sur les titres suivants où le mouvement se ralentit pour devenir presque processionnaire.
« Best of Burden » signe le début d'un jazz spirituel. Le ton monte, la solennité s'empare de l'instant présent. Je cesse toute activité futile pour me consacrer tout entièrement à ce morceau, à cette prière devrais-je même dire. Car oui, il y a bien quelque chose de religieux dans cette musique aux allures de gospel, lent au début et qui monte progressivement en puissance. Entre les chaeurs, une trompette et un vibraphone qui discutent ensemble, qui chantent, qui communient en toute simplicité, en toute solennité. Que dire de plus, si ce n'est que dans la vie, il y a un temps pour chaque chose, un temps pour prier et un autre pour écouter Donald Byrd. La vie est aussi simple que ça. La vie, c'est simplement ça, c'est juste le Jazz...
La vie, mais aussi la spiritualité. Se recentrer sur soi-même pour s'ouvrir ensuite aux autres. Sentir les émotions tourner autour de votre nombril avant qu'elles vous envahissent de par tout le corps. Vous sentez le frémissement dans votre jambe droite ? Je le savais, c'est le second effet « Cristo Redentor ». Celui qui va titiller tous vos méridiens pour vous procurer de nouvelles sensations jusqu'ici totalement méconnues voir insoupçonnées. J'appelle cela simplement la puissance du Jazz, celle qui d'une simple musique permet la transformation totale d'un corps inerte en un organisme chaloupant sur un rythme effréné et incontrôlé : la transe - physique et spirituelle.
« The Black Disciple » devient mystique et passe, par conséquent, du côté de la force obscure de la spiritualité. Le rythme est là, l'air enivrant, les chaeurs envoûtant. Cette musique sonne le glas pour moi. Je reste immobile, hypnotisé sous le « charme » obscur d'une puissante magie noire orchestrée par Donald Byrd lui-même. Je vous l'ai dit d'entrée de jeu : cet album a quelque chose de spécial, presque indéfinissable. Si particulier qu'il en devient obsédant. Et lorsque je parle d'obsession, cela signifie qu'il provoque une sensation de manque à chaque fin - juste de quoi vous rendre accroc, tel un drogué en manque de sa piqure. Sauf que le manque est ici est bien plus profond, mais aussi bien plus sain qu'une vulgaire seringue. Un manque inévitable et inavouable dont mon esprit ne veut se départir. Si tôt les dernières notes transmises à mon cortex cérébral, si tôt la main tremblante s'approche de la platine et d'un doigt mal assuré frôle le bouton « Play » pour assouvir de nouveau mon manque et ressentir cette émotion qui me remue tripes et boyaux. « A new perspective », où la perspective de découvrir de nouvelles émotions et de sentir votre corps vibré sur un immense album de « jazz spirituel ».
Eugene
20 juin 2011
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : Clichy, France
Classement des meilleurs critiques: 591
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