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INVITE SURPRISE, 12 septembre 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : Along Came A Spider (CD)
Sans jamais se départir d'un cynisme de rigueur, l'art d'Alice Cooper a toujours été de composer de bonnes chansons, comme de séduire son auditoire par des refrains facilement assimilables et corruptifs à souhait. Ayant surfé sur routes les modes, s'être laissé tenter par des vents dominants allant de la new wave au modernisme le plus extrême, si l'arrière pensée de chacune de ses incursions reste ce bon vieux rock'n'roll, ce que retient avant tout l'histoire, c'est ce net penchant à la narration. Au cinéma, comme dans plusieurs aventures de notre virtuose de l'absurde, la narration se compose de trois aspects différents. L'histoire proprement dite, la forme que prend l'expression de celle-ci et l'acte de la raconter. Sans déroger à cette imparable mécanique, homme d'expérience, Alice sait tout le danger de se corrompre par simple facilité. Aussi, lorsqu'il décide de mettre en scène les déboires d'un serial killer, dont le seul but est de construire une araignée géante grâce aux membres prélevés sur ses victimes, si personne ne doute des intentions de notre adolescent de toujours, l'intrigue réserve, quand à elle, nombre de retournement de situations. Plus au service de l'histoire que de son propre ego. Délaissant le grandiloquent au profit d'une écriture plus axée sur l'essentiel, l'artiste a fait un choix. Celui d'éviter toute élucubration intempestive et autre moulin à vent, pour mieux servir les intérêts d'un album aux ambiances redoutables. S'étant réservé le rôle de Spider, criminel esthète, tout en ayant repris sa panoplie de conteur décadent, Alice Cooper nous propose de faire la lecture du journal intime d'un psychopathe inattendu. Inattendu, car tout à son agressivité pulsionnelle, celui-ci se révèlera au final d'une grande sensibilité, voire d'un romantisme exacerbé. Rarement aussi sobre, lorsqu'il s'agit de sacrifier notre réalité sur l'autel de ses fictions, le Coop surprend en prenant le risque de diviser, quitte à laisser croire à une énième ressassée de ce qui fit son succès. Cependant, pour l'amateur aguerri, si certaines grosses ficelles subsistent, ce qui séduit principalement, reste cette volonté réfléchie d'éviter de nous jeter de la poudre aux yeux. Voyage dans le temps, peut-être. Mais de ceux qui rassurent. De ceux qui, en laissant de côté la performance, préfèrent s'étendre sur le subtil : en l'occurrence, une voix Cette voix marquée, incapable de faire volte face lorsqu'il s'agit de nous prendre en otage, de mettre en évidence la pertinence du texte. En fait, Along Came A Spider ressemble à son créateur. Amoureux de grand spectacle, tout autant que de belles mélodies intimistes, dans lesquelles se glissent ses influences liverpuldiennes, Alice nous fait le cadeau de tomber le masque, pour mieux s'affubler de celui, plus convaincant, d'homme de talent. Bien sur, on pourra noter ça et là, quelques faiblesses dans ce disque. De même qu'un certain manque de panache, qui fera que certains souffleront le froid à son écoute. Mais, au final, ce sera sur l'ensemble que la majorité s'y retrouvera. Particulièrement sur la cohérence. Dans ce rapport harmonieux entre compositions de haute volée, du type Vengeance Is Mine ou Killed By Love, ce juste ce qu'il faut de sensualité froide et divers apports plus négligeables. Tour à tour, inquiétant, troublant, voire sensible lorsqu'il tombe sous le charme de son énième victime, Alice Cooper se joue du concept pour mieux en faire un objet à l'âme damnée. Musicalement aux antipodes des prédictions de Brutal Planet, ainsi que de l'énergique Raise Your Fist and Yell, Along Came A Spider rafraichit les règles du jeu d'un univers qui avait tendance à prôner la surenchère. Entouré par la crème, Slash en tête, s'il s'avère que le retour à un style plus épuré en fera réagir plus d'un. Ne négligeons pas la volonté d'un meneur de revue qui, tout entièrement dévoué à son aeuvre, ne fit aucune concession sur le côté esthétique de celle-ci. Encore une fois, un disque pas vraiment essentiel, mais tellement indispensable lorsqu'on le considère en tant qu'invité surprise.
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Along Came A Spider B001ASVAM8
Alice Cooper
Spv
Along Came A Spider
Bienvenue
INVITE SURPRISE
Sans jamais se départir d'un cynisme de rigueur, l'art d'Alice Cooper a toujours été de composer de bonnes chansons, comme de séduire son auditoire par des refrains facilement assimilables et corruptifs à souhait. Ayant surfé sur routes les modes, s'être laissé tenter par des vents dominants allant de la new wave au modernisme le plus extrême, si l'arrière pensée de chacune de ses incursions reste ce bon vieux rock'n'roll, ce que retient avant tout l'histoire, c'est ce net penchant à la narration. Au cinéma, comme dans plusieurs aventures de notre virtuose de l'absurde, la narration se compose de trois aspects différents. L'histoire proprement dite, la forme que prend l'expression de celle-ci et l'acte de la raconter. Sans déroger à cette imparable mécanique, homme d'expérience, Alice sait tout le danger de se corrompre par simple facilité. Aussi, lorsqu'il décide de mettre en scène les déboires d'un serial killer, dont le seul but est de construire une araignée géante grâce aux membres prélevés sur ses victimes, si personne ne doute des intentions de notre adolescent de toujours, l'intrigue réserve, quand à elle, nombre de retournement de situations.
Plus au service de l'histoire que de son propre ego. Délaissant le grandiloquent au profit d'une écriture plus axée sur l'essentiel, l'artiste a fait un choix. Celui d'éviter toute élucubration intempestive et autre moulin à vent, pour mieux servir les intérêts d'un album aux ambiances redoutables. S'étant réservé le rôle de Spider, criminel esthète, tout en ayant repris sa panoplie de conteur décadent, Alice Cooper nous propose de faire la lecture du journal intime d'un psychopathe inattendu. Inattendu, car tout à son agressivité pulsionnelle, celui-ci se révèlera au final d'une grande sensibilité, voire d'un romantisme exacerbé. Rarement aussi sobre, lorsqu'il s'agit de sacrifier notre réalité sur l'autel de ses fictions, le Coop surprend en prenant le risque de diviser, quitte à laisser croire à une énième ressassée de ce qui fit son succès. Cependant, pour l'amateur aguerri, si certaines grosses ficelles subsistent, ce qui séduit principalement, reste cette volonté réfléchie d'éviter de nous jeter de la poudre aux yeux.
Voyage dans le temps, peut-être. Mais de ceux qui rassurent. De ceux qui, en laissant de côté la performance, préfèrent s'étendre sur le subtil : en l'occurrence, une voix Cette voix marquée, incapable de faire volte face lorsqu'il s'agit de nous prendre en otage, de mettre en évidence la pertinence du texte. En fait, Along Came A Spider ressemble à son créateur. Amoureux de grand spectacle, tout autant que de belles mélodies intimistes, dans lesquelles se glissent ses influences liverpuldiennes, Alice nous fait le cadeau de tomber le masque, pour mieux s'affubler de celui, plus convaincant, d'homme de talent. Bien sur, on pourra noter ça et là, quelques faiblesses dans ce disque. De même qu'un certain manque de panache, qui fera que certains souffleront le froid à son écoute. Mais, au final, ce sera sur l'ensemble que la majorité s'y retrouvera. Particulièrement sur la cohérence. Dans ce rapport harmonieux entre compositions de haute volée, du type Vengeance Is Mine ou Killed By Love, ce juste ce qu'il faut de sensualité froide et divers apports plus négligeables.
Tour à tour, inquiétant, troublant, voire sensible lorsqu'il tombe sous le charme de son énième victime, Alice Cooper se joue du concept pour mieux en faire un objet à l'âme damnée. Musicalement aux antipodes des prédictions de Brutal Planet, ainsi que de l'énergique Raise Your Fist and Yell, Along Came A Spider rafraichit les règles du jeu d'un univers qui avait tendance à prôner la surenchère. Entouré par la crème, Slash en tête, s'il s'avère que le retour à un style plus épuré en fera réagir plus d'un. Ne négligeons pas la volonté d'un meneur de revue qui, tout entièrement dévoué à son aeuvre, ne fit aucune concession sur le côté esthétique de celle-ci. Encore une fois, un disque pas vraiment essentiel, mais tellement indispensable lorsqu'on le considère en tant qu'invité surprise.
StarChild - Destination Rock
12 septembre 2008
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : France
Classement des meilleurs critiques: 406
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