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Religionnaire - Destination Rock, 14 janvier 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : The English Riviera (CD)
Cette nouvelle année ne saurait s'annoncer sous le signe de la futilité pour le Religionnaire. Ce dernier ne déroge pourtant pas à la règle qu'il s'est fixée dans des temps très reculés, à savoir d'aller ponctuellement frotter ses oreilles là où le vent du peuple les porte, ce même si cela peut être source d'inconfort, de myoclonies ou encore d'otite externe. Ainsi, après survol des différents classements de l'année 2001 publiés par les revues françaises et anglo-saxonnes les plus populaires, le Religionnaire a finalement opté pour cette mignonette petite formation britannique dont le troisième album est littéralement encensé depuis sa sortie. Un coup d'œil à la pochette suffit à faire émerger l'imagerie mentale associée aux années quatre-vingt, puis quelques songes concernant l'explosion de la musique à usage unique durant cette vénérable décennie. Il serait pourtant quelque peu réducteur et surtout vain de n'y proclamer que de la nostalgie étant donné à quel point celle-ci imprègne profondément le paysage musical actuel. En rassemblant quelques restes musicaux de pop synthétique d'époque, récupérés chez Depeche Mode, les Fine Young Cannibals, Eurythmics, ou même UB40 pour le coté californien relâché, en les mélangeant délicatement après avoir préalablement ôté la réverbération outrancière et désuète, puis en les redisposant avec une subtile aération, les anglais offrent effectivement quelque chose de peu désagréable. Plutôt que de parler d'electro-pop ou de musique alternative, ce qui ne veut pas dire grand chose, le Religionnaire évoquera la catégorie des ritournelles futiles et réjouissantes, deux qualificatifs que le premier mélomane venu considère comme péjoratif. Or il n'en est rien, ce type de musique, comme les autres, présente des avantages et des inconvénients. La simplicité mélodique n'empêche pas une certaine complexité des harmonies ainsi que de louables efforts d'esthétique sonore. L'exemple parfait demeure cette chanson nommée "The Look", reprise dans un spot publicitaire français en rapport avec des voies ferrées, dont la mélodie sait entêter sans trop obséder, principalement grâce aux harmonies et aux diverses décorations sonores. Le Religionnaire salue également les lignes de basse et les quelques soli de clavier, dont la bonhomie n'empêche pas la pertinence, ainsi que ces délicieuses réminiscences d'une touche française en déclin, du moins si on limite celle-ci à Air, Daft Punk et Phoenix. Hélas, si l'esthétique reste irréprochable de bout en bout, la pauvreté mélodique se révèle franchement nuisible sur une bonne moitié des titres. Cette œuvre dévoile donc une musique recyclée séduisante, parfois brillante, mais inconsistante et jetable.
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The English Riviera B004LSJC8I
Metronomy
Warner Music France
The English Riviera
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Religionnaire - Destination Rock
Cette nouvelle année ne saurait s'annoncer sous le signe de la futilité pour le Religionnaire. Ce dernier ne déroge pourtant pas à la règle qu'il s'est fixée dans des temps très reculés, à savoir d'aller ponctuellement frotter ses oreilles là où le vent du peuple les porte, ce même si cela peut être source d'inconfort, de myoclonies ou encore d'otite externe. Ainsi, après survol des différents classements de l'année 2001 publiés par les revues françaises et anglo-saxonnes les plus populaires, le Religionnaire a finalement opté pour cette mignonette petite formation britannique dont le troisième album est littéralement encensé depuis sa sortie. Un coup d'½il à la pochette suffit à faire émerger l'imagerie mentale associée aux années quatre-vingt, puis quelques songes concernant l'explosion de la musique à usage unique durant cette vénérable décennie. Il serait pourtant quelque peu réducteur et surtout vain de n'y proclamer que de la nostalgie étant donné à quel point celle-ci imprègne profondément le paysage musical actuel. En rassemblant quelques restes musicaux de pop synthétique d'époque, récupérés chez Depeche Mode, les Fine Young Cannibals, Eurythmics, ou même UB40 pour le coté californien relâché, en les mélangeant délicatement après avoir préalablement ôté la réverbération outrancière et désuète, puis en les redisposant avec une subtile aération, les anglais offrent effectivement quelque chose de peu désagréable.
Plutôt que de parler d'electro-pop ou de musique alternative, ce qui ne veut pas dire grand chose, le Religionnaire évoquera la catégorie des ritournelles futiles et réjouissantes, deux qualificatifs que le premier mélomane venu considère comme péjoratif. Or il n'en est rien, ce type de musique, comme les autres, présente des avantages et des inconvénients. La simplicité mélodique n'empêche pas une certaine complexité des harmonies ainsi que de louables efforts d'esthétique sonore. L'exemple parfait demeure cette chanson nommée "The Look", reprise dans un spot publicitaire français en rapport avec des voies ferrées, dont la mélodie sait entêter sans trop obséder, principalement grâce aux harmonies et aux diverses décorations sonores. Le Religionnaire salue également les lignes de basse et les quelques soli de clavier, dont la bonhomie n'empêche pas la pertinence, ainsi que ces délicieuses réminiscences d'une touche française en déclin, du moins si on limite celle-ci à Air, Daft Punk et Phoenix. Hélas, si l'esthétique reste irréprochable de bout en bout, la pauvreté mélodique se révèle franchement nuisible sur une bonne moitié des titres. Cette ½uvre dévoile donc une musique recyclée séduisante, parfois brillante, mais inconsistante et jetable.
Religionnaire
14 janvier 2012
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : Paris, France
Classement des meilleurs critiques: 2.880
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