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13 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Gens de Dublin (Poche)
Disons-le tout de suite, "Gens de Dublin" est une mauvaise traduction pour "Dubliners": on s'attend à une évocation un peu triste, un peu mélancolique. Or c'est là que le piège risque de se refermer sur le lecteur inattentif: car les quinze nouvelles qui composent ce recueil nous montrent en effet des gens ternes menant des vies qui ne le sont pas moins, non exemptes de violence, de bassesse ni de vulgarité, dans une ville paralysée et paralysante. On croit lire du Maupassant avec le talent en plus, mais dans ce registre du court récit réaliste, Tchékhov serait incomparablement supérieur à Joyce. La vérité, c'est que chaque nouvelle est contruite en fonction d'une "épiphanie", toujours exprimée dans la dernière phrase. L'épiphanie, c'est la mise en évidence de l'absurde, la manifestation sentencieuse du fait que l'ordre social est intangible, et que, sauf à tomber dans la déchéance ou le ridicule, mieux vaut prendre conscience que la vie est ailleurs. Une des plus émouvantes nouvelles, Ivy Day, montre que depuis la mort de grand homme d'Etat Parnell la possibilité d'une issue politique est elle aussi bloquée. Il n'est pas inintéressant de voir que si les premières nouvelles ont été écrites à Dublin, Joyce a dirigé la publication du recueil de l'étranger, ayant fui pour toujours ce pays auquel l'unissait une relation amour-haine sans équivalent dans toute la littérature.
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Afficher les messages 1-2 sur 2 de cette discussion.
Message initial:
25 avr. 12 12:38:59 GMT+02:00
L. B. Sebastien dit:
Maupassant avec le talent en plus?
En réponse à un message antérieur du
5 mars 13 18:08:18 GMT+01:00
Keller dit:
Tchekhov incomparablement supérieur?
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