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Ce commentaire fait référence à cette édition : Samia (DVD)
Samia, une jeune fille de quinze ans, vit dans la banlieue de Marseille. Sixième d'une famille de huit enfants d'immigrés algériens, elle étouffe sous le poids d'une morale communautaire faite d'interdits de toutes sortes.Conformément à la loi islamique, son grand frère Yassine se substitue au père malade et inconsistant, en s'échinant à faire respecter par la terreur les principes d'oppression machiste et patriarcale qui définissent strictement la place assignée à la femme musulmane. Les filles sont en effet obligées de nettoyer les chambres de leurs frères parasitiques, de laver leur linge, de les servir à table, pour se faire traiter comme du bétail... Si la mère fait preuve de fatalisme et les autres soeurs d'une certaine dissimulation, Samia ne l'entend pas de cette oreille et revendique haut et fort le droit à vivre sa vie comme elle l'entend. Ce qui paraît inadmissible à son névrosé de grand frère pour lequel de telles ambitions n'appellent que des coups et des humiliations. Pourtant ses désirs sont des plus anodins : sortir, se balader, s'amuser en toute liberté sans se soucier du qu'en dira-t-on... Samia doit donc se battre contre les remontrances quotidiennes de son frère et la désapprobation de sa mère pour laquelle elle est en pleine perdition, tout en subissant les ragots de la communauté, inhérents à un modèle de société où règnent la suspicion et l'hypocrisie. La grande soeur Amal, après s'être fait corriger à son tour, s'enfuit un jour pour vivre sa relation avec un "giaour". La folie répressive de Yassine franchit alors un échelon supplémentaire, mais ses efforts pour mater sa jeune soeur ne font que renforcer la détermination de celle-ci. Jusqu'au jour où, de retour tardif de la plage où elle a passé l'après-midi à flirter gentiment avec un garçon, Yassine pensant aussi à mal menace de la tuer. L'honneur de l'homme musulman, le "namûs" se trouvant entre les jambes des femmes dont il a la charge, ne pouvant être lavé que par le "crime d'honneur", la mère le calme en imposant un test de virginité, auquel Samia refuse de se soumettre. Dans la séquence finale la mère auparavant fataliste et résignée à sa condition, qui avait jusque là reproduit sur ses filles ce qu'elle avait vécu, désavoue pour la première fois son fils pour prendre le parti de Samia, s'affranchissant peut-être pour la première fois de sa vie d'un déterminisme social dans lequel elle a toujours baigné. Le tour de force de ce film, qui rend palpable le rejet de l'autre, l'interdit, le refoulement et l'inquiétude même dans les scènes d'extérieur, est de déboucher sur cette dernière scène dans laquelle on a enfin l'impression de respirer. Inspiré de l'autobiographie de Soraya Nini "Ils disent que je suis une beurette", ce film réalisé par Philippe Faucon, est court, éloquent et descriptif, chaque séquence ayant son utilité. Samia n'est donc pas un film sociologique, ni féministe, ni même un film engagé. Il n'a pas vocation à divertir, mais uniquement à montrer de l'intérieur et sans parti pris une réalité immensément répandue, que certains voudraient voir comme rarissime et sévissant seulement dans les milieux les plus extrémistes... bobos bien-pensants s'abstenir ! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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