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Ce commentaire fait référence à cette édition : La Vertu d'égoïsme (Broché)
Voici une oeuvre majeure qu'Alain Laurent a eu la bonne idée de faire figurer en bonne place au coeur de sa Bibliothèque classique de la liberté .Pas facile de résumer Ayn Rand, d'autant que nous avons affaire ici à une pensée particulièrement complexe. L'auteur oppose, dans ce recueil, une philosophie morale et politique de l'individu aux principes d'altruisme tels qu'on les entend dans une vision idéologique tendant vers le collectivisme. Sa philosophie objectiviste s'oppose, en effet, aux dérives anticapitalistes ou étatistes, qu'elle accuse d'étouffer la libre initiative et de violer le droit naturel des individus (voir sur ce sujet l'admirable ouvrage de Patrick Simon). Loin de respecter toujours les droits de l'individu, fondés sur le libre consentement, le contrat et la propriété et reposant sur l'appel à la Raison, le collectivisme opère un transfert du droit vers le domaine économique, à travers les fameux « droits à » qui substituent des droits collectivisés détenus par des groupes à ceux qui devraient faire de l'Homme une fin en soi. Ayn Rand montre comment une telle conception engendre de graves effets pervers, puisque le racisme en est une résultante extrême, à la source notamment des totalitarismes Nazi ou communistes. Là où la vertu d'égoïsme, qu'on ne saurait toutefois apparenter à une simple apologie de l'hédonisme, respecte profondément l'individu dans ses choix moraux, les conceptions étatistes de l'altruisme impliquent le sacrifice (obligatoire) à la collectivité, supposée être située au-dessus de tout principe éthique, « puisqu'elle est la source, la norme et le critère de l'éthique (...) ». La vertu d'égoïsme est, en fin de compte, davantage une éthique profonde de l'Homme, avec de très profondes implications, que la simple acception qu'on en peut avoir habituellement. L'estime de soi est à la base de tout ce qui permettra réellement, une fois atteinte la perfection morale et l'accomplissement de son propre bonheur, de fonder une société humaine fonctionnant en bonne harmonie. Le bonheur, fondé sur la Raison, ne peut cependant être assimilé au plaisir, fondé sur le seul désir. L'auteur s'appuie ainsi sur l'exemple du plaisir que peut ressentir un voleur, dont la valeur éthique ne peut être comparée au désir de produire, bien plus exigeant mais plus propice à l'estime de soi. A lire, pour pouvoir mieux fonder ou enrichir sa réflexion. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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