Commentaire client

10 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Un truc que je vous conseille, 17 avril 2013
Ce commentaire fait référence à cette édition : Ockeghem : Requiem - Missa "Mi-Mi" - Missa Prolationum (CD)
Bonjour,

Ockeghem est un compositeur de la première importance, puisque avec Jacob Obrecht on peut considérer qu'il a donné naissance à l'école franco-flamande, qui a eu ensuite sur la Renaissance et le début du baroque l'influence que l'on sait (par continuité, rejet ou synthèse). On le classe parfois parmi eux, ce qui est loisible. Le débat de savoir quand une école commence (ou finit) m'a toujours semblé un peu vain, pour m'exprimer poliment et avec modération.

Je suis en général assez allergique aux types de coffrets où l'on mélange tout et n'importe quoi sous prétexte que ce sont les mêmes interprètes. Individuellement, les enregistrements sont généralement remarquables, mais cela mène à des doublons incroyables à force de croire faire des affaires.

Je ferai exception pour un coffret remarquablement conçu et regoupant huit diques des Hillard: Chefs-d'oeuvre franco-flamands (Coffret 8 CD)

A moins que vous ne soyez un inconditionnel de franco-flamands avec une discothèque déjà bien fournie dans ce domaine, ce coffret ne devrait pas générer de doublons et vous permettra, pour un prix modique, d'avoir une vivion d'ensemble pas trop saucussonnée des chefs d'oeuvre de cette merveilleuse école. Vous y retrouvrez les deux disques présentés ici.

Bien entendu, lorque l'on a une sensibilité musicale formée par les grands baroques, les romantiques plus quelques compositeurs du XX° Siècle tels que Debussy, Stravinski, Ravel, cette musique est de prime abord austère. Mais je pense très sincèrement qu'il est des musiques qui se méritent (à l'extrême opposé, j'ai mis personellement plus de deux ans à entrer dans Webern, dont le mélange d'évidence et de subtilité fait aujourd'hui mes délices). Ce type de musique est de celles-là. Prenez le temps de l'apprivoiser sans vous en faire un pensum. Le déclic se fera, et vous en tirerez de grandes joies musicales, bien loin de la dissection contrapunctique conservatoriale.

Vous pourrez alors compéter, en vous intéressant à des compositeurs tels que Heinrich Isaak, ou à d'autres oeuvres des très grands compositeurs présents dans le coffret (je parle de leur musique .... :-) )

Sincèrement, je vous recommande fortement ledit coffret.

Amicalement, Gérard.
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Afficher les messages 1-5 sur 5 de cette discussion.
Message initial: 17 avr. 13 23:34:47 GMT+02:00
Henrard dit:
Merci beaucoup cher ami de cette intrusion dans un universi musical peu connu et opaque pour mes oreilles. Autant j'adore la peinture franco flammande de cette époque, autant je ne connais pas la moindre petite note des musiciens de ce temps. Voila un article prompt à réveiller ma curiosité.
Bien cordialement

En réponse à un message antérieur du 18 avr. 13 01:04:26 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 18 avr. 13 01:14:07 GMT+02:00
Cher ami,

Si j"avais un choix du coeur à indiquer dans ce coffret, ce ne serait pas tyelle ou telle messe ni même les monumentales déplorations de Roland de Lassus (deux disques) mais la toute petite chanson de Josquin "La déploration sur la mort de Jehan Ockeghem" (où il se nomme lui-même en tête des mais compositeurs affligés) qui est un petit trésor de sensibilité sans ostentation, à la fin du 3° disque:

Nimphes des bois, deesses des fontaines
Chantres expers de toutes nations
Changés vos voix tant cleres et haultaines
En cris tranchans et lamentations
Car d'Atropos les molestations
Vostr' Ockeghem par sa rigueur attrappe
Vray tresoir de musicque et chief d'oeuvre
Qui de trépas désormais plus n'eschappe
Dont grant domaige est que la terre coeuvre.
Accoutrez vous d'habits de doeul,
Josquin, Brumel, Pierchon, Compere,
Et plourez grosses larmes d'½il
Perdu avez vostre bon pere,
Requiescat in pace. Amen.

Les franco-flamands sont connus pour leur science de la polyphonie chorale voire polychorale. Ici, ils montrent aussi qu'ils savaient mettre cette secience au service de l'expression pudique de la douleur. J'échangerais sans état d'âme bien des messes de Requiem de plus d'une heure pour ces quelques minutes de ferveur amicale recueillie.

En réponse à un message antérieur du 18 avr. 13 15:55:54 GMT+02:00
Nicolas dit:
Cher Gérard,

Je suis presque dans le même cas qu'Henrard quand à mon niveau de connaissance de cette musique et je vous fais pleinement confiance quant a ce coffret.

Mais là où votre commentaire "m'interpelle" et où je suis d'accord avec vous, c'est quand vous écrivez que le meilleur moyen d'aborder ces répertoires qui peuvent contenir des OSNI (Objets Sonores Non Identifiés, source "l'Aigle"), est de ne pas se prendre au sérieux et de ne pas essayer de "comprendre" mais simplement de découvrir avec l'esprit aussi détendu (je dirais même vide) que possible.

La qualité de l'interprétation est aussi primordiale. Les musiciens qui romantisent, dramatisent, alourdissent ou fragmentent ces musiques anciennes pour les rendre plus écoutables arrivent souvent au résultat inverse en les vidant de cette intégrité harmonique et rythmique et de cette évidence qui font leur force.

Amicalement
Nicolas

En réponse à un message antérieur du 18 avr. 13 19:07:49 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 18 avr. 13 19:17:51 GMT+02:00
Mon cher Nicolas,

Je suis complètement d'accord avec vous.

Cette musique n'est faite pour être chantée ni par des Castafiore, ni des Toréeadors en garde ou pas, ni à l'opposé des pissefroids confits en dévotion (pardonnez l'expression). Elle demande intériorité au sens le plus large du terme. Les messes ne sont pas faites pour les dames de Saint Sulpice, l'admirable lamentation que je cite plus haut est très difficile car il faut trouver le ton juste, et même les chansons gaillardes qui ne procèdent que par allusion sont difficiles à mettre en place car il y faut malice et pudeur à la fois.

Figurez-vous que j'écrivais hier au soir un début de commentaire du Requiem de Gilles dans lequel j'écris en substance que forcer le ton de cette musique est le plus sûr moyen de la tuer.

Vous savez, ce n'est pas un hasard si l'étudiant Webern a fait sa thèse sur Heinrich Isaac - parcours radicalement différent de l'autodidacte Schoenberg gagnant péniblement sa vie à orchestrer des opérettes ou Berg quasi exclusivement élève de Schoenberg.

Il paraitraît que, mis en présence d'une partition de la branche italienne tardive de cette école par Taneyev (le fou de contrepoint - un musicien sous-estimé que je vous recommande vivement), Tchaïkovski aurait dit: "Il n'y a rien là dedans".

D'une certaine façon, c'est un peu un compliment ...... mais ne soyons pas méchant, Tchaïkovski avait du génie et a beaucoup souffert... le romantisme a fait le reste.

Soit dit au passage, j'ai de gros soucis à St Bertrand où ds querelles de clocher risquent de tuer la vie culturelle et musicale. Je vais essayer de faire un plan avec Jean-Patrice Brosse. Mon idée serait par exemple de lancer des recherche sur les musiques à la Cathédrale lors des offices des Ténèbres de la Semaine sainte et lors de la fête de l'Assomption (la cathédrale est sous la protection de la Vierge) au XVII° et au XVIII° Siècle. Je ne peux pas croire que la vogue des leçons des Ténèbres n'ait pas atteint ce haut lieu spirituel, mais les archives ont été brûlées à la Révolution ......

En réponse à un message antérieur du 5 oct. 13 22:51:22 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 5 oct. 13 22:57:46 GMT+02:00
Je vous dois un complémant d'explication technique.

La messe mi-mi est du quatrième ton. Pour le connaître, il faut connaître l'octoechos (regardez simplement wikipedia) qui est fondé sur quatre finales (ré, mi, fa, sol), les modes étant alternativement authentes et plagaux. En TRES gros dans un mode authente, la finale est l'équivalent de notre tonique, tandis que dans un mode plagal elle est plutôt l'équivalent de la dominante. Le 4° mode dans lequel est écrit la messe "mi-mi" est un mi plagal, et de fait à la basse, chaque mouvement commence par la quinte descendante Mi-La (pourquoi le nom de Mi-Mi, cela nous amènerait trop loin). Chose amusante: les modes dits "andalous' ou 'espagnols" ainsi que l'accord dit de "sixte napolitaine" peuvent être entendus comme des modes de mi (donc 3° et 4° mode grégoriens) avec des emprunts passagers au majeur classique. La cadence andalouse est très exactement la cadence grégorienne du 3° ton....Dieu et Carmen réconciliés?

Quant à la prolatio, elle est tout simplement la division rythmique en semi-brèves, avec ceci de particulier que la prolmatio parfaite était une division en trois (importance symbolique de ce nombre: la Trinité, par exemple),alors que la division en deux était considérée comme imparfaite. Nous somme bien loin de notre solfège. Les jeux contrapuntiques peuvent alors, toutes proportions gardées, faire penser à une anticipation lointaine de Webern et Messaien, et faire passer les classiques et romantiques, pour la plupart, comme des semi-demeurés en matière de rythme. le plus extraordinaire est qu'il faut vraiment le savoir pour s'en rendre compte, comme quoi un génie sait faire de la chose la plus complexe pour son temps une chose parfaitement naturelle à l'oreille.
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Lieu : Toulouse, France

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