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De la belle ouvrage, 5 février 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Jules Massenet : Manon (DVD)
On faisait de la belle ouvrage, à Vienne, en 1983. Certes, les amateurs de style et de beau chant français passeront leur chemin, car, mis à part le Des Grieux père de l'impeccable Pierre Thau (mais le rôle est si court), les seconds rôles sont distribués à une troupe bien routinière et sans relief particulier. Mais si on aime le chant tout court, on se régalera des voix splendides de Gruberova et Araiza, tous deux au sommet de leur carrière, et absolument magnifiques - chacun de leurs airs est d'ailleurs salué par les acclamations délirantes du public. La direction d'Adam Fischer, à la tête d'un très bel orchestre, est pleine d'allant et de lyrisme, mais les nombreuses coupures pratiquées dans la partition menacent l'équilibre de cet ouvrage qui n'a peut-être pas très bien vieilli... même lorsqu'elles sont faites pour épargner le texte parlé à des chanteurs visiblement mal à l'aise avec la langue française. Et c'est toujours un bonheur de retrouver une mise-en-scène de Jean-Pierre Ponnelle, dont il faut se souvenir qu'il était considéré alors comme le plus grand metteur-en-scène d'opéra de son époque. Trente après, cela a pris, sans aucun doute, un coup de vieux, mais on perçoit constamment, si on veut bien ne pas s'arrêter à l'aspect "vieux théâtre" indéniable de cette production (décors réalistes en carton-pâte, costumes trop luxueux) la direction d'acteur fourmillante (un peu trop, peut-être) et le regard intelligent, sensible et plein de finesse de ce grand homme de théâtre.
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Jules Massenet : Manon B000I8OFKK
Edita Gruberova
Deutsche Grammophon
Jules Massenet : Manon
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De la belle ouvrage
On faisait de la belle ouvrage, à Vienne, en 1983. Certes, les amateurs de style et de beau chant français passeront leur chemin, car, mis à part le Des Grieux père de l'impeccable Pierre Thau (mais le rôle est si court), les seconds rôles sont distribués à une troupe bien routinière et sans relief particulier. Mais si on aime le chant tout court, on se régalera des voix splendides de Gruberova et Araiza, tous deux au sommet de leur carrière, et absolument magnifiques - chacun de leurs airs est d'ailleurs salué par les acclamations délirantes du public.
La direction d'Adam Fischer, à la tête d'un très bel orchestre, est pleine d'allant et de lyrisme, mais les nombreuses coupures pratiquées dans la partition menacent l'équilibre de cet ouvrage qui n'a peut-être pas très bien vieilli... même lorsqu'elles sont faites pour épargner le texte parlé à des chanteurs visiblement mal à l'aise avec la langue française.
Et c'est toujours un bonheur de retrouver une mise-en-scène de Jean-Pierre Ponnelle, dont il faut se souvenir qu'il était considéré alors comme le plus grand metteur-en-scène d'opéra de son époque. Trente après, cela a pris, sans aucun doute, un coup de vieux, mais on perçoit constamment, si on veut bien ne pas s'arrêter à l'aspect "vieux théâtre" indéniable de cette production (décors réalistes en carton-pâte, costumes trop luxueux) la direction d'acteur fourmillante (un peu trop, peut-être) et le regard intelligent, sensible et plein de finesse de ce grand homme de théâtre.
Eliacin
5 février 2012
- Général:
5

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Classement des meilleurs critiques: 842
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