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Le Roi Bertie.,
5 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Discours d'un Roi (Oscar® 2011 du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur & Meilleur Acteur) (DVD)
Dans les grands moments, un roi est toujours entouré des plus illustres personnages de son royaume : ministres, généraux ou conseillers. Georges VI, père de l'actuelle reine Elisabeth a, lui, choisi Lionel LOGUE, un vulgaire et sombre orthophoniste australien, installé dans un quartier populaire de Londres.
Mais comment diable Georges VI, roi proclamé du Royaume Uni en décembre 1936 en est-il arrivé à traîner derrière lui ce roturier extravagant?
Car celui qui était à la fois Officier de Marine, Prince Albert et Duc D'York, se serait bien contenté de rendre service à son pays sans trop se faire remarquer. Il faut dire que son frère aîné Edouard, en y mettant beaucoup de mauvaise volonté l'a quand même un peu poussé vers le fauteuil. Figurez-vous qu'Edouard aime Wallis Simpson, une américaine deux fois divorcée. Essayez de présenter à votre père une fiancée pareille ! « Mon royaume pour un cheval » criait Richard III, « Mon royaume pour une Yankee » rétorqua Edouard avec un certain panache, avant de filer à l'anglaise.
Décidément, le vieux Georges V a la descendance bien fragile. Le deuxième rejeton, Prince Albert, fils puîné comme dirait Stéphane Bern, est incapable de dire bonjour en deux syllabes. Il souffre depuis l'enfance de bégaiement chronique, et seules sa femme, Lady Elisabeth Bowes-Lyon et ses deux filles Elisabeth et Margaret ont encore suffisamment de tendresse pour l'écouter. Mais parler à son peuple, c'est autre chose.
A la mort de son père, assumant avec terreur mais dignité ses nouvelles responsabilités, il se plante devant un micro, et à coup de syllabes télescopées, prononce un discours qui n'en finit pas d'affliger ses sujets.
Il faut dire que le contexte international réclamerait plutôt force et conviction. A l'ouest Hitler et à l'Est Staline. Hitler qui commence à entraîner les foules par ses déclamations, ses prouesses oratoires...
Bref, tout reste à faire. Et pourtant Georges VI a déjà tout essayé. Sans résultat.
Il a une chance, c'est l'amour de sa femme (morte centenaire en 2002 !). Sans elle, son peuple l'aurait-il jamais entendu ? On ne dit pas assez merci aux femmes.
C'est elle qui dégote l'orthophoniste, en faisant comme tout le monde les petites annonces, ou plus exactement le syndicat de la profession. On lui en recommande un, avec des méthodes contestées, mais bon, quand on a déjà tout essayé...
Et c'est vrai que le bonhomme est bizarre. Il ne veut pas se déplacer ! Vous vous rendez compte ? Vous avez un roi comme client et vous voudriez le recevoir dans votre petit cabinet ? Sur une chaise ! Et en plus vous l'appelez Bertie ?
Appuyé par une remarquable interprétation, le film raconte le combat d'un roi jusqu'à ce petit bureau calfeutré, où seul debout face à celui qui est devenu son ami, il prononce un discours pathétique, sublimé par le second mouvement de la Symphonie N°7 de Beethoven. Un grand moment d'émotion où ma glotte s'est mise à tanguer.
Ludi
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