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Ce commentaire fait référence à cette édition : Brésil, terre d'avenir (Poche)
Si vous n'avez qu'une connaissance restreinte de l'histoire du Brésil, ce livre vous permettra d'atteindre à l'essentiel en peu de pages. Pourtant le regard Stefan Zweig est celui d'un touriste émerveillé encore sous le charme, un naïf qui voit dans l'esclavage à la brésilienne une élégance qui manquât tant ailleurs. Il est instructif de voir ce qu'en pense Gilles Lapouge, un vrai connaisseur du Brésil, dans son Dictionnaire amoureux du Brésil.Tout autant l'auteur rate le stand «religieux» si métissé au Brésil. Il décrit la fête du Seigneur de Bonfim ignorant qu'il s'agit surtout de fêter l'Orisha majeur du Candomblé, Oxala, Orisha assimilé à Jésus Christ. Tout autant voit-il dans les décors de couleurs des bahianaises, des coquetteries féminines alors que bien souvent il s'agit des couleurs de leur propre Orisha. Tout au plus site-t-il l'existence du Candomblé et de la Macumba, soit le minimum syndical. Mais après tout il a raison de ne pas se lancer en terre inconnue. Comme si ce n'était pas suffisant le rédacteur de la préface ose comparer «Les sept piliers de la sagesse» de T.E. Lawrence à «Os sertôes(1)» d'Euclides Da Cunha, et nous achève en affirmant que "Le conseiller" tout comme Lawrence d'Arabie, sont "des cérébraux du dépassement de soi". Je doute que l'auteur d'une telle comparaison n'ait jamais lu Da Cunha pas plus que la version romancée de Mario Vargas Llosa (La guerre de la fin du monde(2)) ou alors il devrait développer. En effet avec la rusticité du conseiller nous sommes bien loin de la "So British" distinction de Lawrence d'Arabie. Le conseiller fut un de ces 'beato' que le sertao brésilien semblait produire avec frénésie. Le beato, qui pour les amis peut se traduite par illuminé mais pour les autres par fada ou simplet, fut on obsédé de l'Apocalypse promettant que la mer recouvrirait le Sertao. Il combattait la jeune république (franc-maçonne) parce qu'elle s'était accaparé -entre autre- la gestion des cimetières et avait institué le mariage civil. S'il eut tant de succès ce fut avant tout parce qu'il cristallisa sur son symbole autant que sur sa personne les ranc½urs et la violence d'un pays qui n'avait que ces brigands de cangaceiros et les millénaristes pour s'offrir une lueur d'espoir, fut-ce avant extension définitive des feux. Il est pourtant vrai que l'½uvre de Da Cunha a pris une dimension mythique dans l'histoire du Brésil. Mais ce fut avant tout une manipulation destinée à masquer le grand cafouillage, et soigner la blessure narcissique infligée à la république par une armée de dépenaillés. En fin de compte Zweig a aimé le Brésil et il avait droit à l'émerveillement du candide, ainsi qu'à celui de se croire parvenu dans un paradis où il voulut rester à jamais peut-être parce tout comme sur plage de Sète, il est plus doux là-bas d'y passer sa mort en vacance. Alors merci l'artiste pour ce tendre hommage que l'on parcourt avec plaisir. (1)Os sertôes paru en français sus le titre :Hautes terres (2)voir :La guerre de la fin du monde Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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