|
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Johnny Guitar (DVD)
J'ai lu le roman de Roy Chanslor (Johnny guitare) avant de voir ce film. Roman fabuleux, sec comme un coup de trique, tendu comme une corde avant un lynchage. Le film de Nicholas Ray (réalisé un an avant La Fureur de vivre) ne dépare pas ce roman, il le complète. L'action est resserrée et se concentre sur la psychologie des personnages. Le décor est celui d'un western mais ce n'est qu'un faire valoir. Les paysages sont quasi-absents, il n'y a pas de grande fresque épique. Tout est concentré sur une action dramatique qui va se dérouler en peu de temps. Le scénario est intemporel car aurait pu se situer à un autre moment du temps, et en particulier dans l'Amérique de l'après seconde guerre mondiale. Chanslor avait écrit son roman du temps du Mccarthysme, et cela se ressent férocement dans ces mouvements de foule où on ne cherche qu'à débusquer de présumés coupables et de faire justice sur la base de la rumeur ou de la jalousie. Plus que le roman, le film montre admirablement ce point à travers le personnage d'Emma Small campé par une Mercedes McCambridge admirable de fureur qui mène la foule des hommes par le bout du nez. C'est plus un film sur la manipulation mentale qu'un western !Film intimiste dans son ensemble, il requiert un jeu d'acteur impeccable, et à ce titre là, nous ne sommes pas déçus par le choix de Nicholas Ray : Joan Crawford magistrale en Vienna et Sterling Hayden en Johnny Logan. Leur jeu de regard, leurs attitudes, leur passion masqué, leurs déception affichées, leurs retrouvailles, tout fait de ce film un chef d'œuvre. Les autres acteurs ne sont pas en reste, en particulier Ernest Borgnine, que l'on a connu dans des séries télévisées moins inspirées mais qui a la "gueule" de l'emploi. La particularité de ce film est qu'il est entièrement dirigé par les deux protagonistes féminin qui règlent leurs compte par hommes interposés. C'est superbement vu. Une mention spéciale pour le procédé cinématographique Trucolor qui donne ce sentiment d'irréalité avec ces couleurs franches et détonantes ; et pour la très belle musique de Victor Young. Un grand classique à ne manquer sous aucun prétexte. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
Détails de l'évaluation |