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5.0 étoiles sur 5 Un phénomène complexe traité d'une manière brillante, 14 juillet 2014
Ce commentaire fait référence à cette édition : Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800) (Broché)
La traite des blancs en méditerranée est un sujet connu des historiens, toutefois peu exploité sur le plan universitaire, par rapport à la traite négrière transatlantique, qui fait l’objet de travaux scientifiques remarquables comme ceux d’Olivier Pétré-Grenouilleau « les traites négrières : essai d’histoire globale » dans la collection Folio Histoire, il manquait un ouvrage de référence. C’est chose faite désormais.

A noter qu’en France il fallait se rabattre sur les travaux de Jacques Heers « Les barbaresques : la guerre de course en méditerranée » dans la collection Tempus qui bien que méritoires, pouvaient sembler un peu léger. L’ouvrage de Robert C. Davis vient donc combler une lacune, ou plutôt une amnésie collective volontaire, rendue possible par un enseignement de l’histoire souillé par le marxisme et par le politiquement correct.

Les Etats qui formaient le noyau de la Barbarie étaient les régences d’Alger, de Tunis et de Tripoli. M. Davis rappelle avec une honnêteté rare que l’esclavage en méditerranée ne se limitait pas aux pays de Barbarie mais se déroulait aussi dans le Royaume indépendant du Maroc et au Levant, du Caire à Constantinople. Et que par ailleurs les Etats chrétiens eux-mêmes pratiquaient l’esclavage (France, Espagne, Toscane, Malte) et asservissaient tous des musulmans et parfois même des protestants…M. Davis a utilisé des sources importantes concernant la Barbarie dans les archives de la congrégation De Propaganda Fides.

Dans un premier chapitre M. Davis procède à une étude et à une critique des sources documentaires permettant d’évaluer le nombre de chrétiens capturés par les corsaires barbaresque : il n’ s’agit pas d’une compilation de statistique comme l’écrivent certaines recensions mais d’un processus inhérent à un travail sérieux d’historien. Au terme de cette étude M. Davis estime qu’entre 1530 et 1780 presque certainement 1 million et très probablement 1250000 européens chrétiens et blancs « se virent asservis par les musulmans de la côte Barbaresque ».

L’auteur note que « du côté Turc, l’asservissement des chrétiens avait été élevé à un statut proche de la politique d’Etat, en particulier entre les années 1530 et 1570 quand Kheir-Ed din Barberousse d’abord puis Dragut Raïs furent nommés par le sultan de Constantinople a la fois comme vice-rois en Barbarie et amiraux de sa flotte ». Des campagnes militaires maritimes et terrestres étaient menées contre les forces chrétiennes.

A la suite de la bataille de Lépante (à ce sujet l’ouvrage d’Alessandro Barbero, « la bataille des 3 Empires : Lépante 1571 » dans la collection Histoire Flammarion est tout à fait remarquable et s’impose comme une référence), les Ottoman limitèrent l’action de leur flotte au Levant. Mais les pachas qui régnaient sur Alger et Tunis continuèrent leurs attaques de navires et leurs razzias terrestres.

Le système mis en place par les corsaires barbaresques n’a jamais été aussi sophistiqué que celui instauré pour la traite négrière transatlantique. Les corsaires de Barbarie procédaient eux-mêmes à la capture et à la vente des esclaves chrétiens dans le contexte d’une sorte de Djihad qui persistait dans en méditerranée au XVI et XVII siècles.

Un objectif des corsaires des Etats de Barbarie étaient de se procurer à bon compte une main d’œuvre servile pour servir sur leurs galères ou pour réaliser toute sorte de travaux ingrats. Mais il y avait aussi la motivation d’une revente immédiate ou à court terme des esclaves chrétiens par l’intermédiaire d’ordre rédempteurs comme les Trinitaires et les Mercédaires.

Toute cela dans un contexte assez singulier ou les Etats européens disposaient de consuls auprès des divers Etats de Barbarie et avaient donc une connaissance assez précise du phénomène : on note donc une ambiguïté assez malsaine de la part des puissances européennes, qui faisait un service à minima au profit de leurs ressortissant et agissaient en priorité sous le couvert d’ordres ecclésiastiques.

Les esclaves pauvres et démunis d’un réseau de connaissance risquaient donc fort de finir leurs jours en captivité, oubliés de tous… Une histoire des plus sordides que M. Davis explique à merveille : il indique d’ailleurs dans sa conclusion que l’absence des travaux sur la piraterie barbaresque trouve son explication de la manière suivante : « Nous avons entrepris cet essai en nous demandant pourquoi personne n’avait jamais posé la question de l’étendue du trafic d’esclaves blanc en méditerranée ; nous nous apercevons maintenant que c’est en grande partie parce que connaître ou même risquer des conjectures quant à la réponse ne servait l’intérêt de personne ».

On peut donc dire sans risque d’erreur que l’esclavage barbaresque état mis en œuvre par des musulmans sans scrupules, dont des personnes chassées d’Espagne lors de la Reconquista, mais aussi des renégats européens qui avaient abjuré leur foi, de manière volontaire, parfois pour des raisons particulièrement sordides, notamment pour la réputation d’homosexualité qui caractérisait la régence d’Alger et pour l’opportunité d’en profiter en « se faisant Turc ». Et que par ailleurs les Etats occidentaux comme l’Italie et la France déployaient des moyens limités pour récupérer des esclaves qui dans l’ensemble présentaient pour eux une faible valeur marchande (il était question de ne pas encourager le trafic d’esclaves chrétiens), alors que l’Espagne mettait en œuvre une politique de rachat des esclaves plus dynamique…

On constate donc un certain laxisme des pays chrétiens sur la période 1500-1800, avec parfois des traités diplomatiques conclus avec les régences barbaresques pour limiter l’ampleur du phénomène mais souvent une absence de volonté et d’intérêt que ne doit pas faire oublier l’expédition française en Algérie en 1830 qui mais fin tardivement à un phénomène finissant et s’inscrit davantage dans le développement d’un phénomène colonialiste dominé par la France et l’Angleterre. La conquête de l’Algérie par la France fut essentiellement un moyen d’effacer les dettes considérables contractées auprès du dey d’Alger au cours des guerres napoléoniennes, et de venger l’honneur du consul français victime d’un coût de chasse mouche (Henry Wesserling, le partage de l’Afrique, Folio Histoire) et non de libérer les quelques esclaves qui croupissaient encore dans les bagnes d’Alger, bien que ce motif servit à Charles X pour monter une expédition punitive contre Alger.
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