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5.0 étoiles sur 5 Eros meets Thanatos (and a few hairy monsters), from noon to midnight, 8 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Midi-Minuit Fantastique : L'Intégrale, Volume 1 (Relié)
Troisième grosse sortie en quelques mois pour l'éditeur vauclusien Rouge Profond. J'ai déjà écrit tout le bien que je pense des deux précédentes - Hollywood - Le temps des mutants de Pierre Berthomieu, et 100 ans et plus de cinéma fantastique et de science-fiction de Jean-Pierre Andrevon - deux livres superbement édités en sus d'être plus que bienvenus dans un contexte assez morose pour les parutions sur le cinéma. Ce n'est certes pas cette "intégrale augmentée" de la revue Midi-Minuit Fantastique qui va m'amener à émettre des réserves sur le travail de cet éditeur, tant on frise ici le sans-faute. Là où les rééditions de revues proposent généralement des fac-similés plus ou moins élégamment reproduits, les responsables de cette intégrale - dont c'est ici le premier des quatre volumes à paraître (pour le contenu, voir la description ci-dessus) - ont décidé de ne pas s'y limiter et d'offrir un produit fini qui, tout en ne trahissant pas la revue telle qu'elle a été réalisée à l'époque, l'améliorerait sur tous les points. Le résultat est absolument superbe.

Si cela a été rendu possible par un des meilleurs éditeurs indépendants d'aujourd'hui, le mérite en revient bien sûr avant tout aux maîtres d'œuvre, Michel Caen et Nicolas Stanzick. S'il était important qu'un des 'pères' de cette revue participe à cette résurrection, le fait qu'il ait été amené à faire équipe avec un connaisseur de la génération suivante, déjà auteur d'un livre sur la Hammer (hélas épuisé), a sans doute été une bonne chose. Stanzick signe une introduction qui retrace la petite décennie d'existence de la revue avec chaleur et pose bien son importance dans le paysage et la façon dont elle a essaimé. Michel Caen - que l'on voit photographié aussi bien en compagnie de Christopher Lee que de Barbara Steele : sur la 1ère photo avec elle, il a des faux-airs de Peter Sellers en Clare Quilty dans Lolita! - raconte comment la rencontre avec Éric Losfeld a été déterminante. Losfeld, qui éditait déjà Positif, a fait partie de ces francs-tireurs plus ou moins proches de la galaxie surréaliste qui ont contribué à la vie intellectuelle française en combattant autant les conservatismes que les dogmes, de ceux qui ont coulé à force de faire des paris de tous les genres aussi. Il n'est pas étonnant que ce soit lui qui ait donné les moyens à quelques jeunes blancs-becs d'étaler leurs fantasmes érotico-fantastiques sur toutes les pages d'une revue de belle facture.

D'ailleurs, Michel Caen termine son introduction avec la réaffirmation de la conviction de toute une vie : "le fantastique, c'est aussi - et peut-être surtout - la déraison et la peur alliées avec le désir". Si celle-ci n'a rien de bien surprenant, il faut se souvenir que la réception des 'mauvais genres' n'a pas toujours été ce qu'elle est à présent, que leur absorption assez large par le courant dominant ne va de soi que depuis relativement peu de temps. En 1962, au moment de la création de cette première revue consacrée au fantastique en France, on était encore loin du compte - il suffirait de lire les extraits de critiques des films de Terence Fisher perfidement livrés par la revue dans le numéro 1 s'il fallait s'en convaincre. Dès le premier article - celui du 'parrain' un peu envahissant Jean Boullet, "Terence Fisher et la permanence des mythes" - la profession de foi claque : "Lorsque Michel Caen et Alain Le Bris qui, les premiers, eurent l'idée de cette revue, me rencontrèrent, leur décision était déjà prise, le numéro un serait un hommage à Terence Fisher. Pourquoi Fisher, et surtout pourquoi déjà Fisher, alors que ses films s'étalent aux frontons des véritables ciné-clubs : les cinémas de quartier? Fisher n'était-il pas un metteur en scène de second ordre (...), un besogneux, passant systématiquement en revue les plus grands mythes de l'histoire du cinéma pour de basses et sordides raisons commerciales? En un mot, Terence Fisher était-il bien digne d'un hommage solennel et d'une étude minutieuse? (Comme si d'autres s'étaient gênés pour rendre hommage à Carl Dreyer, auteur des plus retentissants navets de l'histoire du cinéma)". Lire les textes de cette revue, c'est se replonger dans une époque pendant laquelle on chantait avec force élans lyriques monstres et donzelles court-vêtues, créatures et chimères de tous ordres. Mais aussi bien sûr dans celle des grandes batailles cinéphiliques, où certains s'attachaient à réviser les valeurs établies et a atténuer les hiérarchies strictes entre haute et basse culture. Avec toutes la bonne humeur, la mauvaise foi et les exagérations afférentes, évidemment.

On retrouvera avec plaisir les plumes historiques ayant jeté leur dévolu sur la littérature et le cinéma de genre (Francis Lacassin par exemple), les contributeurs proches des surréalistes (y compris certains des premiers piliers de Positif), etc. Mais au-delà des textes, relativement brefs, évidemment parfois un peu datés, tantôt remarquablement écrits tantôt moins, c'est bien l'iconographie qui fait une bonne partie du sel de cette revue. Des cahiers de photogrammes et photographies de plateau très fournis côtoient toutes sortes de documents formidables (peintures, dessins...) : c'est en particulier le cas du dossier sur King Kong, génialement illustré. Comme les auteurs et l'éditeur sont revenus à la source, la qualité de reproduction des documents - quelle que soit leur nature ou leur provenance, en N&B comme en couleurs - est sensationnelle. Au titre des modifications, citons des ajouts iconographiques heureux, mais aussi le passage du très bon texte sur Dracula de Tony Faivre de 2 à 13 pages (en raison de la suppression de l'adaptation du Dracula de Bram Stoker, à présent trouvable en texte intégral partout) et l'introduction d'un 'cahier central' midi-minuiste plus dénudé que le reste. Par ailleurs, les lecteurs de 2014 seront sans doute moins intéressés par les filmographies et fiches sur les films, grands chevaux de bataille de la cinéphilie des années 60 et aujourd'hui quelque peu passées de mode - cela étant, ce serait dommage de ne pas lire les résumés, souvent savoureux. Dans cette revue dans laquelle on consacrait des dossiers à des œuvres et auteurs déjà établis mais où l'on s'intéressait de près à l'actualité des sorties - françaises, parfois encore tardives par rapport aux sorties dans les pays d'origine, mais c'était aussi le moment où les cinéphiles filaient en Belgique afin de voir des films non distribués chez nous - on peut lire de vibrants plaidoyers sur Le Garçon aux cheveux verts de Joseph Losey ou Le Village des damnés de Wolf Rilla. En définitive, on se dit que si l'excès d'enthousiasme leur a fait défendre tel ou tel film plus que de raison, ces exercices d'admiration font plaisir à lire. Et toute l'iconographie, splendidement reproduite, fait plaisir à voir.

Un dvd est par ailleurs inséré dans le livre. De l'influence du genre sur les scopitones au court métrage d'Ado Kyrou avec Barbara Steele autour de La Vénus à la fourrure en passant par Le Puits et le pendule réalisé par Alexandre Astruc, ce sont là des raretés certes, mais qui accusent leur âge et ne passionneront pas forcément tout un chacun. On retiendra le documentaire co-réalisé par Michel Caen autour de la figure de Dracula, avec entre autres les interventions de Terence Fisher et Christopher Lee. Et une version radiophonique du roman de Bram Stoker, avec... Jean Rochefort dans le rôle du Comte! Très franchement ce n'est pas du grand théâtre radiophonique (autant dire qu'Orson Welles avait fait beaucoup mieux avec sa troupe du Mercury Theatre, en anglais : Dracula/War of the Worlds), mais rien que pour entendre Rochefort s'en donner à cœur-joie...

Vivement les volumes suivants!

NB Si cette intégrale est qualifiée d'augmentée, c'est en raison d'ajouts tels que ceux mentionnés ci-dessus. Mais c'est aussi dû au fait que dans le 4ème et dernier tome (dont la sortie est pour l'instant prévue en 2015), sera inclus le numéro fantôme de la revue, le 25/26, qui avait été préparé mais n'avait jamais paru.

Pour une recension plus détaillée sur le contenu de ce 1er volume, on peut se reporter à l'article de Francis Moury sur le site ecranlarge.com.

Pour ceux qui l'ignoreraient, cette revue tient son titre du nom d'un cinéma parisien, le Midi-minuit, temple du cinéma de genre sis boulevard Poissonnière (et pour finir cinéma x, jusqu'à sa fermeture en 1985).
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