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4.0 étoiles sur 5 une nouvelle intégrale pour les symphonies d'Arnold BAX, 13 mars 2004
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Arnold Bax : Intégrale des symphonies (CD)
La nouvelle édition de l'intégrale des symphonies de Bax, dans l'interprétation du grand chef anglais Vernon Handley (avec le BBC Philarmonic Orchestra) a constitué un événement important pour la maison de disque Chandos (début 2006). Certes, deux autres intégrales disponibles en CD existent déjà : celle de David Lloyd-Jones chez Naxos (avec le Royal Scottish National Orchestra) et celle, antérieure, de Bryden Thomson (avec le London Philarmonic Orchestra), pour moi inégalée concernant certaines symphonies, toujours chez Chandos. Il est toujours en soi intéressant de comparer les interprétations, surtout d'œuvres symphoniques, mais on peut penser aussi que cela reste destiné aux spécialistes de la musique anglaise contemporaine ou, comme c'est mon cas personnel, aux inconditionnels de la musique d'Arnold Bax. L'interprétation de Vernon Handley constitue néanmoins une excellente approche pour découvrir les œuvres essentielles de Bax , dont la musique est encore, hélas, méconnue y compris du public cultivé. Il est aussi difficile de départager ces interprétations, puisqu'on peut préférer la version, assez différente selon les chefs, de telle ou telle symphonie, sans pouvoir formuler un jugement global. L'interprétation de Handley reste néanmoins très sobre dans son ensemble, et parvient à trouver le difficile équilibre qu'impose l'écriture de Bax, faisant constamment succéder des séquences puissantes, majestueuses ou passionnées et des séquences plus calmes, émouvantes ou sereines, cette musique réalisant, si l'on veut, un mariage entre le romantisme et l'impressionnisme.
La structure des symphonies est toujours la même : elles comportent trois mouvements (et non quatre comme dans les symphonies traditionnelles) et à l'intérieur de ceux-ci, de nouveau, une structure ternaire assez clairement identifiable, surtout pour ce qui est du premier mouvement. Cette structure correspond la plupart du temps à la succession d'un mouvement vif (introduit pourtant par une courte introduction lente s'accentuant brusquement), d'un mouvement plus calme, plus méditatif et imprégné de rêverie, et enfin d'un mouvement qui reprend l'idée initiale en la menant à son point culminant, ce qui prend parfois la forme d'une apothéose. La symphonie est dès lors marquée par une évolution dans ses motifs, progression qui possède un sens et qui passe par divers moments dynamiques et très expressifs. C'est ce qui fait la très grande richesse des symphonies de Bax mais aussi la complexité difficilement surmontable qu'impose leur interprétation. En effet, le risque est de tomber dans une version trop grandiloquente, triomphale, même si c'est la partition qui peut inviter à cet excès. Or Vernon Handley ne tombe pas dans cette d'erreur et il sait donner une vision claire, mesurée, tout en nuance de cette musique. Il me semble réussir notamment la première symphonie (inspirée par les tragédies de la première guerre mondiale et des troubles sanglants en Irlande, que Bax chérissait) dont il faut exprimer la gravité sans tomber dans la démesure. Je préfère cette interprétation aux deux autres. Je suis aussi plutôt séduit par l'interprétation de la deuxième symphonie qui est, je pense, beaucoup plus proche du style que Bax va développer ensuite dans les autres symphonies.
Je crois cependant que l'interprétation des troisième et cinquième symphonies est légèrement en deçà de celle de Thomson. Il s'agit selon moi des symphonies les plus fortes, ce qui n'est certes pas l'avis de Lewis Foreman, le biographe et spécialiste de Bax, ni de Vernon handley lui-même, préférant tous deux largement la sixième symphonie. Toute la difficulté de l'interprétation de la troisième symphonie réside dans la nécessité de percevoir le mouvement intérieur qui l'anime et de comprendre notamment comment doit s'effectuer l'alternance des passages lents, nettement impressionistes, qui la caractérisent dès ses premières mesures, et les passages rapides dans lesquels ils ne cessent de se métamorphoser. Il y en quelque sorte une logique qui impose de comprendre ce que le musicien veut dire. Il est certes difficile de juger, mais sur certains détails, c'est Bryden Thomson qui comprend le mieux, même si en étant plus passionné il est parfois plus confus. Evidemment, l'interprétation de Vernon Handley reste remarquable, pour l'ensemble de la symphonie, et notamment pour son majestueux épilogue, qui est peut-être une des plus grandes pages de la musique moderne.
C'est aussi très révélateur pour la cinquième symphonie : seul Bryden Thomson semble avoir compris le thème central du premier mouvement, qui se compose lui aussi d'une introduction lente se développant progressivement pour prendre une forme ascendante et atteindre son apogée : elle donne alors naissance à une nouvelle idée mélodique qui unifie des rythmes contradictoires, constituant un développement extrêmement élaboré, et un mouvement d'une richesses inouïe. Encore une fois, il faut saisir toutes les nuances dans les transitions, exposer les thèmes avec pertinence, et finalement donner de la vie à la musique. C'est pourquoi, pour cette symphonie, on peut penser que Bryden Thomson reste inégalé, même si, encore une fois, Vernon Handley est plus constant, mais moins approfondi, dans ses interprétations. Il reste les interprétations plus que correctes de la quatrième symphonie, qu'il néglige pourtant quant à sa valeur, de la magnifique et émouvante septième symphonie, peut-être la plus belle; et cette version très originale de la sixième symphonie, considérée comme le chef d'œuvre de Bax. Pourtant, à mon sens, ce n'est pas la plus grande même si c'est sans doute la plus puissante, la plus tellurique et la plus sombre. Or Vernon Handley en offre une interprétation radicalement différente de tout ce que j'ai pu entendre, au point d'en découvrir un aspect profondément singulier, plus fondu dans ses éléments essentiels, révélant une autre logique à cette musique.
Cette intégrale comporte enfin la première mondiale de Rogue's Comedy Overture et une version de Tintagel, le poème symphonique le plus connu de Bax.
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Message initial: 31 août 14 12:05:09 GMT+02:00
étant moi aussi un "baxien" Français (çà existe, nous en sommes l'un et l'autre la preuve vivante...) j'ai fait l'acquisition en leur temps des deux intégrales Thomson et Handley, mais j'ai aussi les première, quatrième, cinquième et sixième par Lloyd Jones (Naxos) et je le trouve au moins aussi convaincant que les deux autres (j'avais été un peu déçu par son intrerprétation de la deuxième, qui manquait de "coffre" mais c'est peut être un problème de prise de son) en particulier dans la quatrième ou j'aurais tendance à le placer devant ses deux challengers...c'est tout à fait subjectif, j'en conviens: sinon Thomson me semble inégalable pour la troisième et plus encore la crépusculaire septième, ou Bax semble dire adieu à tout un monde de rêves et de légendes à jamais disparu. en tout cas ces symphonies sont admirablement servies par le disque, ne nous en plaignons pas...

En réponse à un message antérieur du 31 août 14 13:28:35 GMT+02:00
GD dit:
Je suis un baxien depuis 1993 - date à laquelle j'ai entendu à la radio On the sea shore - ce qui m'a conduit à chercher à découvrir progressivement l'ensemble des oeuvres de BAX. Il ne faut pas oublier les poèmes symphoniques, les chefs-d'oeuvre de musique de chambres (4 sonates pour piano, sonates pour violon, trio, quatuors, quintettes, etc.), les lieder, et aussi des oeuvres comme les variatons symphoniques et surtout les winter legends... J'ai réussi à obtenir des vinyles pour certaines oeuvres très rares malheureusement non édités en CD...
Enfin, c'est formidable de rencontrer quelqu'un qui partage cette passion !

En réponse à un message antérieur du 31 août 14 21:14:20 GMT+02:00
je me suis intéressé à la musique anglaise du vingtième siècle dès la fin des années 70 (en particulier Vaughan Williams) mais j'avoue à ma grande honte que Bax n'était pour moi qu'un nom jusqu'à ce que le dénommé Pascal Brissaud (un critique de la défunte revue "répertoire" dont la culture encyclopédique et le talent littéraire étaient aussi immenses que sa mauvaise foi...) attire mon attention sur ce compositeur,c'était en 1998 ou 99, j'ai alors acheté le premier enregistrement de la série Naxos (première symphonie couplée avec "the garden of Fand", me semble t'il, en me disant qu'au prix naxos je ne risquais pas grand chose, et ce fut un éblouissement pur et simple, tout spécialement quant au génie de l'écriture orchestrale (Bax est pour moi un des trois ou quatre plus grands orchestrateurs du vingtième siècle, avec Ravel, Villa lobos et...qui vous voudrez, mais réfléchissez bien, vous n'avez droit qu'à un seul nom) le reste a suivi et je viens de réécouter ces jours ci la quatrième symphonie, je me demande si ce n'est pas ma préférée mais je me dis la même chose chaque fois que j'écoute une de ses six soeurs, alors...

En réponse à un message antérieur du 31 août 14 21:40:19 GMT+02:00
GD dit:
Vous devriez apprécier également dans ce cas John Ireland, John Tavener, York Bowen pour ce qui est de la musique anglaise : cependant je suppose que vous connaissez déjà...

En réponse à un message antérieur du 2 sept. 14 21:41:23 GMT+02:00
je ne connais John Ireland et John Taverner que de nom, mais je tacherai un de ces jours d'en savoir un peu plus. Pour ce qui est de Bowen, j'ai deux enregistrements, un de ses préludes pour piano par Marie Catherine Girod (une formidable pianiste qui n'a pas eu la renommée qu'elle aurait du avoir, sans doute en raison de son gout pour les musiques disons "marginales", dommage...) et un autre de ses symphonies chez Chandos, ce sont de très belles oeuvres même si je préfère celles de Vaughan Williams ( qui commencent à être appréciées de ce coté du Channel, mais il y a encore du chemin à faire...) ou de Malcolm Arnold (si vous ne les connaissez pas, commencez par la septième, une oeuvre certes inconfortable mais extraordinaire, avec en particulier un mouvement lent qui nous emmène dans un univers de désolation ou peut être aucun musicien ne nous avait encore emmené, j'espère avoir stimulé votre curiosité...) le vingtième siècle aura vraiment été un siècle d'or pour la musique anglaise, avec comme apothéose l'avènement de Benjamin Britten que je vois à titre personnel comme une sorte de Mozart du vingtième siècle, si vous me passez l'expression.
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