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Ce commentaire fait référence à cette édition : Le Dimanche de la vie (Poche)
Le jeune Valentin Bru est choisi par la déjà mûre Julia Segovie pour devenir son époux ....ce qui se produit avec ce qui en découle....c'est à dire tout à fait autre chose qu'une vie confite en mercerie au Bouscat en Gironde durant la fin des années 30 du siècle dernier...Valentin rêve une vie centrée sur une douce envie, celle d'aller visiter le champ de bataille d'Iena (1806), et se dissout lentement dans un vide incertain, en lutinant furtivement, une fois et une fois seulement, sa belle-soeur, ce tout en tenant une échoppe sise à Paris dédiée aux encadrements photos pendant que Julia se livre à la divination sous le nom de Mme Saphir... Défile aussi une galerie de personnages étonnants de filouterie, des excentriques, échoués sur le bord de leur vie, et une ribambelle de petits commerçants tous plus faux les uns que les autres. On est dans un film genre "Drôle de drame" ou "Fric-frac". Le style de Raymond Queneau lie l'ensemble dans un art d'écriture à la fois érudit, cocasse et discrètement mélancolique, jouant sur les mots les phrases et les expressions avec une habileté des plus jouissives. Si l'on devait oenologiquement détailler le livre, on peut dire qu'on y trouve une pointe de Calet, un fond de Fargue mélangée d'une légère réminiscence de Carco, une note très appuyée de Prévert et une longueur en bouche de dix caudalies très évocatrice d'un Pérec. C'est donc un Queneau 1952, un cru d'envergure. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles |
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