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Même avec 761p c'est trop court !, 12 février 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le léopard: Une enquête de l'inspecteur Harry Hole (Broché)
Pas de panique : on ne vous sortira pas le couplet sur la littérature qui vient du froid. On ne prononcera pas les mots Millenium, Mankell ou Indridasson. Simplement parce que Nesbo est en train de se hisser au niveau des meilleurs' mondiaux. Avec Le Léopard, nouvelle aventure de son flic récurrent Harry Hole, Nesbo continue d'impressionner par sa maîtrise sidérante du thriller. De quoi s'agit-il ? Une traque morbide et aventureuse qui balade le lecteur de Hong Kong à Oslo en passant par l'Afrique noire' Comme souvent (remember le conventionnel Sauveur), sur le papier Le Léopard a un goût très classique. Un flic miné, un serial killer malin et cintré, des fausses pistes en pagaille. Rien de neuf sous le soleil ? Le bouquin aurait même un peu de mal à démarrer : les scènes du début à Hong Kong sont lentes; la mise en place de l'intrigue prend son temps' Mais quand ça démarre, ça ne s'arrête plus. Et la prose de Nesbø fascine. Il faut lire la page 66 ' celle où Harry se bat dans les chiottes d'un hopital ' pour mesurer le savoir-faire ahurissant de Nesbo, son pouvoir renversant de mise en scène et son talent d'écriture cinématographique (un concept rabaché qui prend ici tout son sens, juré). Le plus étonnant, c'est que Nesbo tient la distance. 761 pages tout de même, avec une vraie manière. D'abord, il y a ce sens du rythme, évident. En bon fan de rock, Nesbo la joue binaire. Il alterne piétinements et accélérations fulgurantes, séances de brainstorming et scènes d'action, dialogues qui claquent et big bang intérieur. Et puis il travaille ses personnages avec une attention quasi-obsessionnelle' Que ce soit les flics qui entourent Hole (tous parfaits), ses ennemis, mais aussi les victimes qui en quelques pages prennent une épaisseur de folie. Et puis il y a Harry. Un personnage au fond du Hole, qu'il humanise en le détruisant progressivement. Il faut voir Harry jetlagué, enterré vivant sous une avalanche, se briser la machoire pour s'échapper d'un piège redoutable' La mise à nu de son héros passe par une déchéance physique. En cela, Nesbo pourrait être le cousin mainstream de Ken Bruen. Sauf que le suédois suit les rails d'un page turner affolant. C'est la force de Nesbo. Cette incroyable propension à faire dérailler la machine thriller pour sonder les émotions et l'humanité de ses personnages. Une rencontre déchirante avec son père mourant, le besoin pathologique d'un petit coup d'opium, cette incapacité à tisser du lien affectif' Si vous vous demandez pourquoi Nesbo est le plus grand, toutes les réponses sont dans ce Léopard-là !
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Le léopard: Une enquête de l'inspecteur Harry Hole 2070129063
Jo Nesbø
Gallimard
Le léopard: Une enquête de l'inspecteur Harry Hole
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Même avec 761p c'est trop court !
Pas de panique : on ne vous sortira pas le couplet sur la littérature qui vient du froid. On ne prononcera pas les mots Millenium, Mankell ou Indridasson. Simplement parce que Nesbo est en train de se hisser au niveau des meilleurs' mondiaux. Avec Le Léopard, nouvelle aventure de son flic récurrent Harry Hole, Nesbo continue d'impressionner par sa maîtrise sidérante du thriller. De quoi s'agit-il ? Une traque morbide et aventureuse qui balade le lecteur de Hong Kong à Oslo en passant par l'Afrique noire' Comme souvent (remember le conventionnel Sauveur), sur le papier Le Léopard a un goût très classique. Un flic miné, un serial killer malin et cintré, des fausses pistes en pagaille. Rien de neuf sous le soleil ? Le bouquin aurait même un peu de mal à démarrer : les scènes du début à Hong Kong sont lentes; la mise en place de l'intrigue prend son temps' Mais quand ça démarre, ça ne s'arrête plus. Et la prose de Nesbø fascine. Il faut lire la page 66 ' celle où Harry se bat dans les chiottes d'un hopital ' pour mesurer le savoir-faire ahurissant de Nesbo, son pouvoir renversant de mise en scène et son talent d'écriture cinématographique (un concept rabaché qui prend ici tout son sens, juré). Le plus étonnant, c'est que Nesbo tient la distance. 761 pages tout de même, avec une vraie manière. D'abord, il y a ce sens du rythme, évident. En bon fan de rock, Nesbo la joue binaire. Il alterne piétinements et accélérations fulgurantes, séances de brainstorming et scènes d'action, dialogues qui claquent et big bang intérieur. Et puis il travaille ses personnages avec une attention quasi-obsessionnelle' Que ce soit les flics qui entourent Hole (tous parfaits), ses ennemis, mais aussi les victimes qui en quelques pages prennent une épaisseur de folie. Et puis il y a Harry. Un personnage au fond du Hole, qu'il humanise en le détruisant progressivement. Il faut voir Harry jetlagué, enterré vivant sous une avalanche, se briser la machoire pour s'échapper d'un piège redoutable' La mise à nu de son héros passe par une déchéance physique. En cela, Nesbo pourrait être le cousin mainstream de Ken Bruen. Sauf que le suédois suit les rails d'un page turner affolant. C'est la force de Nesbo. Cette incroyable propension à faire dérailler la machine thriller pour sonder les émotions et l'humanité de ses personnages. Une rencontre déchirante avec son père mourant, le besoin pathologique d'un petit coup d'opium, cette incapacité à tisser du lien affectif' Si vous vous demandez pourquoi Nesbo est le plus grand, toutes les réponses sont dans ce Léopard-là !
guillaume75
12 février 2011
- Général:
5

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