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"Où l'élégance de l'architecture grecque se mêlait aux fantaisies et aux énormités du goût asiatique" (Le roi Candaule), 28 décembre 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : Contes et récits fantastiques (Poche)
"L'art pour l'art"... ainsi est résumé par Lagarde et Michard l'apport de Théophile Gautier à la littérature post-romantique. En vérité, Gautier est aujourd'hui bien oublié. Les esthètes continuent à lire Emaux et Camées; les enfants se délectent toujours, j'espère, de Le Roman de la momie et de Le Capitaine Fracasse, mais le nouvelliste, digne héritier d'Hoffmann, est aujourd'hui passé par pertes et profits : Nerval ou Mérimée, ses presqu'exacts contemporains, bénéficient (presque) seuls de l'intérêt du public cultivé. A la relecture, c'est bien dommage. Que de perles ici rassemblées ! La morte amoureuse, magnifique histoire de vampire, La toison d'or, belle fable sur un homme qui tombe amoureux d'une peinture de Rubens et cherche dans Anvers une femme qui lui ressemble, comme dans Sueurs Froides, Le roi Candaule, une des plus belles histoires de voyeurisme que je connaisse, Avatar, incroyable conte de métempsycose dont l'argument rappelle Volte/Face ou la méthode les contes philosophiques de Balzac, Jettatura, son chef d'oeuvre, où un homme découvre à l'occasion d'un voyage à Naples qu'il est atteint du mauvais oeil et dangereux pour ses proches. Dans les contes de Gautier, les femmes sont belles comme des statues et dangereuses comme des pythies; la nature est comme effacée devant la culture à laquelle la sensibilité des hommes est complètement soumise : on tombe amoureux d'un tableau ou d'une image, on rêve une amour ou une aventure et la réalité est toujours plus décevante que l'art, qui lui ne ment pas. La prose elle-même est surchargée de descriptions interminables, de références pléthoriques, au risque d'assécher l'émotion : quel fort en thème que ce Gautier! Amateurs de Salammbô ou de La Faute de l'abbé Mouret, lecteurs post-modernes et amateurs de psychanalyse, précipitez-vous sur ces joyaux méconnus et exigeants. Le présent volume comprend La cafetière (1831), Omphale (1834), La morte amoureuse (1836), La chaîne d'or (1837), Une nuit de Cléopâtre (1838), La toison d'or (1839), Le pied de momie (1840), Le roi Candaule (1844), Arria Marcella (1852), Avatar (1856) et Jettatura (1856).
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Contes et récits fantastiques 2253055204
Gautier
Le Livre de Poche
Contes et récits fantastiques
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"Où l'élégance de l'architecture grecque se mêlait aux fantaisies et aux énormités du goût asiatique" (Le roi Candaule)
"L'art pour l'art"... ainsi est résumé par Lagarde et Michard l'apport de Théophile Gautier à la littérature post-romantique. En vérité, Gautier est aujourd'hui bien oublié. Les esthètes continuent à lire Emaux et Camées; les enfants se délectent toujours, j'espère, de Le Roman de la momie et de Le Capitaine Fracasse, mais le nouvelliste, digne héritier d'Hoffmann, est aujourd'hui passé par pertes et profits : Nerval ou Mérimée, ses presqu'exacts contemporains, bénéficient (presque) seuls de l'intérêt du public cultivé. A la relecture, c'est bien dommage. Que de perles ici rassemblées ! La morte amoureuse, magnifique histoire de vampire, La toison d'or, belle fable sur un homme qui tombe amoureux d'une peinture de Rubens et cherche dans Anvers une femme qui lui ressemble, comme dans Sueurs Froides, Le roi Candaule, une des plus belles histoires de voyeurisme que je connaisse, Avatar, incroyable conte de métempsycose dont l'argument rappelle Volte/Face ou la méthode les contes philosophiques de Balzac, Jettatura, son chef d'oeuvre, où un homme découvre à l'occasion d'un voyage à Naples qu'il est atteint du mauvais oeil et dangereux pour ses proches. Dans les contes de Gautier, les femmes sont belles comme des statues et dangereuses comme des pythies; la nature est comme effacée devant la culture à laquelle la sensibilité des hommes est complètement soumise : on tombe amoureux d'un tableau ou d'une image, on rêve une amour ou une aventure et la réalité est toujours plus décevante que l'art, qui lui ne ment pas. La prose elle-même est surchargée de descriptions interminables, de références pléthoriques, au risque d'assécher l'émotion : quel fort en thème que ce Gautier! Amateurs de Salammbô ou de La Faute de l'abbé Mouret, lecteurs post-modernes et amateurs de psychanalyse, précipitez-vous sur ces joyaux méconnus et exigeants. Le présent volume comprend La cafetière (1831), Omphale (1834), La morte amoureuse (1836), La chaîne d'or (1837), Une nuit de Cléopâtre (1838), La toison d'or (1839), Le pied de momie (1840), Le roi Candaule (1844), Arria Marcella (1852), Avatar (1856) et Jettatura (1856).
zybine, amateur éclairé
28 décembre 2009
- Général:
5

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Détails de l'évaluation
Lieu : Paris
Classement des meilleurs critiques: 63
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