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18 internautes sur 22 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Excellente étude historique, 18 janvier 2008
Ce commentaire fait référence à cette édition : La vérité sur l'affaire Galilée (Broché)
Démythifier : c'est la vertu du travail du scientifique. En histoire, à l'époque de Galilée, il est important de comprendre à la fois les thèses défendues sur le plan scientifique (astronomie), celles défendues dans le passé (de la Grèce antique à Kepler, Copernic), l'époque dans laquelle a vécu Galilée et ses juges, l'histoire des idées et des conflits religieux (réforme protestante, contre-réforme, inquisition).

Aimé Richardt, spécialiste de l'histoire du XVII° siècle, connaisseur des débats religieux nous livre un ouvrage historique remarquable. Le grand tort de Galilée, qui fut un très grand courtisan, protégé et l'ami de grand seigneurs, du pape Urbain VIII, opportun (il n'inventa pas le télescope, le "pillant" à un commerçant hollandais) c'est de n'avoir pas agi en scientifique comme Copernic l'avait fait avant lui.

La théorie de l'héliocentrisme (la Terre tourne autour d'elle-même et autour du soleil) avait été déployée comme hypothèse par Copernic. Elle heurtait la compréhension des Saintes Ecritures - conception défendue par l'Eglise qui avait toléré cette réflexion scientifique car, n'étant pas démontrée, elle était exposée en tant qu'hypothèse (ce qui est rigoureux du point de vue scientifique).

Galilée, sans apporter la moindre preuve de l'héliocentrisme, dans l'ouvrage qui le mena au tribunal de l'inquisition, fut insupportable dans la critique de vaudeville qu'il fit des opposants à "ses" hypothèses coperniciennes. C'est l'orgueil démesuré de l'homme Galilée qui le fit perdre. Dans ce même ouvrage, il se moquait de la théorie des marées de Kepler qui était défendue par le pape Urbain VIII, théorie exacte pourtant car expliquant les marées par l'influence de la lune.

Le portrait de Galilée est démythifié. Cela était nécessaire car le mythe fut construit dans le siècle des Lumières (Diderot), repris par les positivistes et enfin les marxistes dans une même haine de l'Eglise.

Les mensonges tombent ainsi les uns après les autres : Galilée ne fut ni torturé, ni emprisonné, il ne prononça pas la phrase "et pourtant elle tourne", s'attribua faussement nombre de découvertes.

Un livre excellent.
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Message initial: 14 févr. 09 12:49:47 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 14 févr. 09 12:54:14 GMT+01:00
Un livre navrant bien au contraire par son orientation politique manifeste et sa lecture parfois négationniste !

Normal quand le livre est post-facé par le directeur de l'Institut d'Action Française, institut de formation politique , œuvrant " inlassablement, en ces temps de démission nationale, à la formation d'une élite militant sans relâche pour le maintien de la souveraineté de la France et de ses traditions chrétiennes face à toutes les sirènes du mercantilisme européiste et mondialiste... ". On ne peut pas mieux faire comme confusion des genres.

Normal venant d'un auteur ayant fait l'apologie (c'est mon regard subjectif, donc sujet à caution) du saint cardinal Bellarmin, présenté comme "protecteur" du savant italien (une vision un peu angéliste).

Je ne sais si le précédent lecteur s'est penché sur le cas Galilée à travers ce seul ouvrage... ou s'il n'est pas lui-même l'auteur ou l'éditeur de l'ouvrage : personnellement j'ai passé (et continue d'y passer) plusieurs années de ma vie sur l'étude de cette "affaire", complexe en effet. Le recoupement d'informations, qu'elles viennent des écrits de Galilée même (le Sidereus Nuncius, les Dialogues, les lettres coperniciennes), les recherches d'Alexandre Koyré (les Etudes Galiléennes sont un minimum), Stillmann Drake (l'ouvrage chez Acte Sud est accessible et excellent), Ludovico Geymonat (toujours dispo chez certains bouquinistes), Fabien Chareix (une étude d'histoire des sciences pure), les Opere traduits en italien et en anglais, les minutes du procès elles-mêmes, les publications du collège de réflexion de l'Eglise (les différents écrits de Poupard notamment et le Studi Galileiani de 1983), révèlent effectivement moins une opposition entre science et foi qu'entre savoir antique et expériences nouvelles, entre libre exploration du monde et enfermement dogmatique dans un modèle aristotélicien et thomiste (des "gros mots" que, j'ose le croire, comprend le précédent lecteur).
Galilée était bien un personnage ambivalent, à la fois génial et arrogant, téméraire et intriguant, désintéressé et cupide, ce qui fait son grand intérêt, au delà de sa contribution intellectuelle.

Pour autant, placer cette affaire sur le registre de la "non preuve" scientifique apportée par Galilée au procès est un non sens ! C'est penser en homme du XXI° siècle et non en philosophe de la nature du XVII°, aux pensées subordonnées à l' Ordre du Monde d'Aristote ! Galilée n'a pas été condamné parce qu'il s'était placé sur le terrain de la Théologie comme l'affirme l'ouvrage, mais parce que ses délateurs et juges l'y ont placé (lire attentivement la Lettre à Christine de Lorraine écrite d'après un échange de Galilée avec le Père Castelli). Il ne faut pas inverser les choses !
C'est également faire "pudiquement" abstraction des jeux de pouvoirs au moment de la Contre-Réforme catholique face au Protestantisme: une Eglise qui veut que son autorité ne soit pas baffouée. Transition subtile, défendre l'Eglise en avançant les théories d'un protestant est un grand écart qui me surprend ! Tenter de jeter le discrédit sur Galilée parce qu'il n'adhère pas à la théorie des marées de Kepler, dès lors qu'il a développé la sienne, est un peu facile, vu d'où nous sommes: nous connaissons la réponse... eux-deux émettaient des hypothèses audacieuses pour l'époque ! Et la cinématique de Galilée était démonstrativement logique. Les intuitions de Kepler, bien que justes, n'étaient fondées sur aucune physique. Etrange inversion des arguments, quatre siècles après le fameux procès...

Ce que j'aime dans l'étude historique, c'est lorsqu'elle tente de démystifier les choses pour tenter d'approcher les faits. Reconnaissant une certaine sympathie pour le bonhomme, je n'en cherche pas moins à être critique par rapport à l'image effectivement positiviste qu'on en a trop souvent. Pour autant, je ne peux accepter que, sous couvert de dresser ce même portrait critique, on en vienne à dénaturer un fait pour le transformer en nouvelle idéologie: pour caricaturer, une Eglise qui serait plus scientifique que le fondateur de la science lui-même ! Faut-il le rappeler, en tant qu'Institution et communauté de pouvoir, l'Eglise n'a pas protégé Galilée ! Il ne faut pas porter la vertu de quelques ecclésiastiques éclairés (Castelli, Mersennes, Clavius, Piccolomini) à toute la communauté, comme il n'est pas sage de jeter l'opprobe sur toute une communauté religieuse à cause d'individus fondamentalistes.

Ce livre aura au moins une vertu: montrer que la liberté de penser n'est jamais acquise et que le vrai philosophe se doit toujours de peser les arguments d'adversaires réactionnaires ou dogmatiques (petit clin d'oeil à "L'essayeur" écrit par Galilée, en réponse à "La Balance Astronomique").

En réponse à un message antérieur du 14 févr. 09 13:33:52 GMT+01:00
[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:20:20 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 7 juin 09 21:31:04 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 7 juin 09 21:56:01 GMT+02:00
Oui j'ai lu le livre: je ne parle pas de sujets sans en connaitre la nature.
Mais vous, est-ce là le seul livre que vous avez lu sur ce sujet ? Comment pouvez-vous ainsi vous construire une opinion éclairée sur un sujet qui fait discussion depuis quatre siècles ? Pour ma part, je lis chaque détracteur avant de me faire une opinion. Et je parle bien d'une opinion (je n'ai pas la science infuse) fondée le plus possible sur une confrontation factuelle.

Ma pensée n'est pas celle de Diderot, j'y viendrai plus tard (pour votre gouverne, le philosophe des lumières qui a traité le sujet Galilée dans l'encyclopédie est D'Alembert - volume IV de la Grande Encyclopédie -, article "Copernic" dans lequel le savant priant le pape Benoit XIV de revenir sur le scandale de la condamnation de Galilée): elle est bien issue de cette image composite composée par la lecture des auteurs reconnus parmi les plus grands spécialistes (Koyré, Geymonat, Chareix, Michel Pierre Lerner, Stillman Drake, le Père Koynes - astrophysicien membre de l'Académie Pontificale des Sciences -), face à un obscur historien de l'académie de Franche-Comté dont l'historiographie (référence à Koesler et Duhem) interpelle.

Sur le côté "Bellarmin, un saint" ? Si vous étiez un tantinet doté de sens critique, vous auriez vérifié, cher ami, que Bellarmin EST BIEN un saint de l'Eglise: il a été cannonisé !

Un regard critique débarrassé d'une vision athée? vous êtes donc, selon toute vraissemblance, croyant. Voir TRES (d'où les charges contre Diderot et Marx). Je suis moi-même croyant... et un astronome étudiant actuellement l'histoire des sciences Mais ne suis pas enfermé dans ma foi, au point de me mettre des oeillères pour la défendre. A l'instar du florentin, objet de notre discussion, je ne confonds pas ma foi et les faits. L'épistémologie et l'histoire des sciences sont justement deux sciences parmi les sciences historiques: l'histoire ne doit pas devenir l'apologie d'une idéologie, y compris religieuse, mais l'étude raisonnée d'un contexte.

Pour Aristote, mes conseils de lecture devraient vous éclairer mieux que je ne pourrais le faire sur ce billet.

Enfin, me traiter de "marxiste" ? Que vient faire ce philosophe dans le fil de cette conversation ? Si ce n'est pour révéler votre propre opinion politique. Mais il est vrai qu'ayant porté la charge sur le post-faceur, vous me rendez la pareille. Mais, si je ne partage absolument pas l'opinion de Karl Marx, je peux me prévaloir d'avoir lu ses ouvrages avant de me faire une opinion. Et vous Monsieur Latour ?

Je vous retourne le compliment avec malice: quel bon moment que de vous lire :)

En réponse à un message antérieur du 8 juin 09 09:09:17 GMT+02:00
[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:25:29 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 10 juin 09 08:57:47 GMT+02:00
[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:25:35 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 11 juin 09 16:33:23 GMT+02:00
Depuis Heinsenberg, l'homme de science a compris que l'objectivité totale est impossible. Seule une subjectivité consciente de cette subjectivité peut amener à un début d'objectivité: je préfère ceux qui savent qu'il croient, que ce qui croient qu'ils savent. C'est ma démarche intellectuelle, comme celle de confronter les opinions en multipliant les sources. Si elle ressemble, selon vous, à de la dialectique, je n'y peux rien...

A vous lire et vous relire, votre seule référence est et reste ce seul et unique ouvrage.

Vous vous limitez à son propos, le prenant intégralement pour argent comptant (l'auteur démontre ceci, il dit cela).
Ma question est: avez-vous été lire ailleurs pour pouvoir vous permettre d'être aussi élogieux ?

Si je suis peu enclin à écrire des critiques, c'est justement qu'elles sont toujours teintées des expériences ou inexpériences. D'où ce dialogue de sourd que vous décriez tant: vous le jugez bon car c'est sans doute votre première lecture sur le sujet (c'est vrai qu'il ouvre à de bonnes problématiques), je le trouve mauvais au regard des nombreux autres que j'ai fréquenté. Pire, je le trouve contre productif...

Dans le contexte d'une volonté notoire de "rechristianisation" (acte de foi de l'éditeur - FX de Guibert - et du post-faceur), ce livre mérite, ce me semble, d'être l'objet d'une interrogation raisonnable et raisonnée : le but de l'auteur est-il de livrer les faits tels qu'ils ont été ? N'y a t-il pas, même inconsciemment, volonté d'agencer les documents selon une certaine optique au lieu de les faire parler ?

On peut, je crois s'interroger sur l'objectivité d'un éditeur marxiste proposant une étude biographique élogieuse de Marx ou Lénine ou Staline.

De même, je drois que j'ai le droit de m'interroger sur une étude jugeant Galilée comme s'étant fourvoyé sur le terrain de la théologie, de la part d'un éditeur notoirement catholique, avec un préfaceur ecclésiastique de haut rang et un post-faceur issu de l'Action Française, "principal mouvement royaliste, nationaliste et chrétien de France".

C'est l'interrogation fondamentale de tout historiographe. Il est dommage que vous ne vous la posiez pas.

C'est bien la raison de ma critique: j'ai lu énormément d'ouvrages sur le sujet (dont les textes de Galilée lui-même) et du haut de cette expérience, même si l'auteur semble un spécialiste de la Modernité, il développe une argumentation caricaturale, interprétant certains textes qui, lus dans leur intégralité, ont un autre sens. Vous avez indiqué que je joue sur les mots et l'esprit dans lequel je les place. Dont act. Je suis donc plus à même de reconnaitre cela d'un autre.

L'auteur donne l'image d'un déouannement de l'autorité ecclésiale, qui ne voulait pas à l'époque remettre en question la supériorité de la théologie sur toute discipline humaine, en portant exclusivement la charge sur celui un qui posait pour la première fois la question de la suprématie du dogme sur les choses de la nature (lisez INTEGRALEMENT les Lettres Coperniciennes - ed livre de poche ou traduction de Clavelin in "Galilée Copernicien"). C'est cet artifice que je dénonce. Non le fait que certains éléments de cet ouvrage sont parfaitement exacts.
Avec des vérités savamment choisies, on peut fabriquer le plus beau des mensonges...

J'ai bien lu la thématique "Marxisante" p222 et suivante. Une citation, c'est bien court pour résumer un courant de pensée bien plus complexe (une allusion à Brecht aurait été aussi très édifiante)... mais faire carrément l'impasse sur Auguste Comte (une référence à peine) sur celui qui a vraiment façonné la pensée pro-Galiléenne en France me questionne soit sur les priorités de l'auteur, soit sur sa maîtrise du sujet !

Pour ce qui est des modèles d'Aristote, de Ptolémée, de Copernic, de Kepler, ils véhiculent pléthore d'erreurs qui ont amusé l'astronome passionné d'histoire de l'astronomie que je suis.
Un paragraphe et demi sur "Le Messager Céleste" (p118) est un véritable gag... alors que ce second livre de Galilée va avoir des répercussions incroyables dans les communautés savantes et religieuses !
L'épisode de la fabrication de la lunette oscille entre des vérités factuelles et extrapolations équivoques (j'ai même entendu sur Canal Académie - www.canalacademie.com - l'auteur affirmer que "Galilée a demandé au frère Sarpi de faire coffrer un hollandais fraichement débarqué pour avoir accès à sa longue vue" ! QUELLES SOURCES ? IL EST LE SEUL HISTORIEN A CE JOUR A EVOQUER CETTE ETRANGE RECUPERATION DE LA LUNETTE). Je pourrais poursuivre à loisirs.

Comment croyez-vous donc que je puisse estimer cet ouvrage ?

Que vous le considériez comme brillant, cela est votre affaire. On ne discute pas de goûts et de couleur, parait-il (encore que cela me semble au contraire des sujets qui en vaillent bien la peine).
Mon seul objectif est: NE VOUS LIMITEZ PAS A CE LIVRE !!!!!

En réponse à un message antérieur du 11 juin 09 17:37:21 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 11 juin 09 17:40:24 GMT+02:00
Oups, je viens de découvrir votre profil : sans porter de jugement vos convictions, je comprends que ma charge fut rude...

Autant révéler votre adversaire dans cet échange épistolaire: Sidereus Nuncius (Le Messager des Etoiles), professionnel de la communication d'entreprise, démocrate, croisement improbable entre un mystique et un rationaliste, étudiant en philosophie et en astronomie, passionné depuis 15 ans comme vous l'aurez compris par l'affaire Galilée.

En réponse à un message antérieur du 12 juin 09 09:46:07 GMT+02:00
[Supprimé par Amazon le 9 mars 12 10:25:42 GMT+01:00]
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