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120 internautes sur 128 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le roman du siècle !, 26 février 2003
Ce commentaire fait référence à cette édition : La conjuration des imbéciles (Poche)
"La Conjuration des Imbéciles" de John Kennedy Toole est sans conteste le livre le plus intelligent que j’aie jamais lu. Son héros, Ignatius Reilly, boursouflé de connaissances incongrues et de boissons hyper caloriques, ne sort pratiquement jamais de sa chambre, menant la vie dure à sa gentille maman et pourrissant l’atmosphère sonore de sa vieille voisine à grands coups de luth... Mais il doit un jour quitter la minuscule maison, la plus petite de la Nouvelle Orléans, pour trouver du travail. Et quand le tyran domestique se frotte à ses contemporains, le monde devient un théâtre improbable rempli d'imbéciles géniaux, de personnages inoubliables, que l’auteur dépeint avec une verve proportionnelle à son immense affection pour eux.
Le reste est indescriptible, il faudrait tout raconter et ce serait dommage de se priver du bonheur de le lire. J’ajouterais simplement un grand coup de chapeau au traducteur, Jean-Pierre Carasso, qui a accompli le miracle de rendre si bien la beauté du style de Kennedy Toole et l’humour noir qui habite tout le texte.
En un mot, c’est un roman génial et fou, jubilatoire à chaque instant, le roman du siècle, sans aucun doute !
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Afficher les messages 1-7 sur 7 de cette discussion.
Message initial: 24 mai 11 19:17:21 GMT+02:00
varanasi dit:
Ce livre est surprenant et on a du mal à le lâcher ! Néanmoins, je suis obligée de vous contredire au sujet de la traduction ! Elle est vraiment mauvaise ! Tous les termes anglais sont malheureusement francisés, ce qui donne des horreurs du genre "djinn" pour jeans ou "bèsebolle" pour baseball, et "tisheurt" pour T shirt... et certaines phrases n'ont aucun sens... de mémoire, il parle au début de la maladresse de Reilly qui, enfant, tombait sans cesse et qui était donc couvert de bleus et de "comédons" (?!). Dommage... Mais si vous lisez l'anglais, dans ce cas, n'hésitez pas !!

En réponse à un message antérieur du 24 août 11 16:40:56 GMT+02:00
Comédon: Le comédon est une accumulation excessive de sébum, sécrété par la glande sébacée, et remplissant le pore de la peau. Il se trouve surtout sur le visage et plus particulièrement sur le nez.

Personnellement, je ne suis pas sûr que cette francisation grossière et loufoque ne soit pas pleinement délibérée. J'ai trouvé ça génial, tant il est vrai qu'il fallait, dans l'exercice de la traduction, en remonter aux contempteurs de la langue française, l'Académie en tête. Bref, selon ce que j'en ai perçu, je trouve votre reproche au traducteur infondé.

En réponse à un message antérieur du 22 janv. 12 10:52:47 GMT+01:00
varanasi dit:
Diable ! Comme votre enfance a dû être difficile si à chaque chute, vous vous retrouviez couvert de points noirs ! Mais peu importe, faisons fi du vocabulaire et de l'orthographe et aiqurivons kom bomp nou sanbleuh !
:o)

Publié le 11 févr. 12 16:53:24 GMT+01:00
aimailbé dit:
j'ai commencé à lire ce livre avec beaucoup de recul et peu à peu il m'a attrapée pour ne plus me lâcher... Car on ne sort pas indemne de ce livre même si le personnage principal ,une sorte de Don Quichotte énorme et grotesque ,n'est pas un héros bien attirant ...au premier abord !!
Physiquement il a tout pour être repoussant et le devenir de plus en plus ...un physique d'obèse qui enfle de plus en plus à cause de sa goinfrerie qu'aucun frein ne semble pouvoir endiguer, une saleté chronique des vêtements de plus en plus négligés et de multiples petits maux récurrents par lesquels s'exprime son inadaptation physique au monde dans lequel il vit ;
Ses relations avec son entourage vont elles aussi de mal en pis que ce soit avec sa mère avec qui il fait toujours l'enfant gâté exigeant et de plus en plus violent ou avec les différents personnages qu'il est amené à rencontrer... Dans toutes ses relations il est sans pitié et sans retenue épinglant les failles des uns et des autres sans aucune complaisance.
Car il est d'une grande intelligence et c'est la qu'il nous surprend ;c'est comme si intellectuellement il était sur-développé et on découvre dans sa passion et sa connaissance très poussée du Moyen-Age l'explication et la justification de son refus du monde moderne … et c'est la pertinence de ses reproches et de ses analyses qui nous accroche tandis que son impuissance à les exprimer autrement que sur des cahiers d'écoliers nous renvoie à nos propres impuissances et nos propres limites

Car rien n'est lisse et bien peigné dans ce personnage et ce roman;
si souvent sa hargne et sa violence contre la décadence de bien des aspects de notre société sont jubilatoires et nous emportent, au bout d'un moment l'espèce de tourbillon dans lequel il nous entraîne emmène tout sur son passage et enfle enfle de plus en plus... comme Ignatius lui -même et sur cette pente suicidaire la peur nous saisit …car il semble que rien ne peut empêcher l'aggravation quasi-exponentielle de la chute dans laquelle nous sommes entraînés avec lui ...
comme si la Nouvelle Orléans qu'il nous décrit devenait l'archétype de l'age sombre dans lequel nous plongeons ...

Et cette lucidité terrible sur le monde moderne à laquelle il nous convie comment est elle vivable ? Tous les repères moraux ou sentimentaux sont tournés en ridicules et désavoués .Comment alors ne pas sombrer dans les excès de toutes sortes excès par abus comme Ignatius ou excès inverse par refus et ascétisme face à ce monde de dérégulation à tous les niveaux dans lequel nous sommes de plus en plus ?
Comme si la critique de tous ce qu'on a l'habitude de prendre comme repère physique moral et intellectuel forçait à aller plus loin pour trouver ce qui tient encore le coup par un retour sur soi issu de la peur ressentie de cette chute et de son accélération impitoyable .

Publié le 5 sept. 12 20:15:33 GMT+02:00
Dernière modification par l'auteur le 14 sept. 12 01:57:24 GMT+02:00
Lusignan dit:
"Le roman du siècle", c'est comme la "femme idéale", ça n'existe pas.
"Le roman du siècle" - l'idéal - doit apporter quelque chose au plan stylistique, formel, esthétique, autre. Ou incarner son siècle. Aucune oeuvre de Voltaire ne l'a pu, mais on parle du "Siècle de Voltaire" alors. "Le siècle de Toole", vous oseriez sans ridicule ?
Pour décréter ("le roman du siècle, sans aucun doute ! " "sans conteste le livre le plus intelligent que j’aie jamais lu"), il ne faut pas s'en tenir au genre de héros, à sa psychologie (juvénile en plus) et rejeter ce que je viens de demander dans l'indicible, l'inénarrable ("Le reste est indescriptible").
Avez-vous bien lu Flaubert par exemple ? Il a largement abordé ce thème avec humour aussi, et quand j'ai découvert Toole il y a plus de vingt ans, j'ai cru qu'il avait brillamment pastiché le célèbre gros à la casquette de Flaubert.
Calme, mon enfant, calme. Rien n'est joué pour le 21ème Siècle en 2012.

En réponse à un message antérieur du 7 sept. 12 03:40:49 GMT+02:00
[Supprimé par l'auteur le 7 sept. 12 04:08:32 GMT+02:00]

En réponse à un message antérieur du 7 sept. 12 04:46:03 GMT+02:00
Lusignan dit:
J'ai coché "utile" Aimailbé parce que je vous ai lue avec plaisir. Plus que le commentaire de Sweet-Eiram, qui n'en n'est pas un au sens critique, apprécié par un grand nombre d'amazoniens qui cherchent une quatrième page de couverture. En ce sens, c'est une bonne illustration du livre.

Par pure galanterie, je désire vous mettre en garde, pas du tout quand vous lisez, mais seulement quand vous faites de la critique littéraire, contre le processus d'identification. Heureusement qu'il existe, sinon où serait la passion de lire ? Dans la curiosité intellectuelle ? Bôf.
Mais après la fête il faut faire la vaisselle (ex.: je crois que c'est moi qui m'enthousiasme, mais c'est peut-être l'air du temps que je parle. Demain , je serai un/e autre, et tant mieux). Il faut chercher comme un enquêteur froid la recette de ce plat si délicieux. L'identification se voit tout de suite au commentaire psychologisant au détriment de la valeur littéraire, artistique. Le commentaire critique devient une oeuvre en soi, une re-création. Voilà pourquoi il me fait sursauter ici.
Tandis que Sweet-Eiram est noyé (j'ai paradoxalement envie de dire noyée) dedans, vous confessez votre angoisse d'être emportée sans rameur sur un fleuve inconnu : "l'espèce de tourbillon dans lequel il nous entraîne emmène tout sur son passage et enfle enfle de plus en plus... comme Ignatius lui -même et sur cette pente suicidaire la peur nous saisit ".

Ennemi épidermique des donneurs de leçons et des gourous, ne vous trompez pas aux apparences, je vous invite à comparer le vertige dangereux de ce livre (selon vous) avec celui d' "Au-dessous du Volcan" de Malcom Lawry (Attention il va commencer par vous tomber des mains. Voyez ce qu'en dit sur l'Amazon... Lusignan).
Après, je pose une question commune : quand un auteur se livre à une mise en scène autobiographique implacable avec pour perspective son angoisse, il piège. Son parcours captivant devient initiatique. Mais alors, son acte d'écrire est-il une catharsis comme on le dit facilement, ou du sadisme de serial killer (il traque un public) ? Son suicide, pseudo-gage d'authenticité, n'est-il pas banalement la preuve d'un double échec ? Auto-critique : ma question n'est-elle pas aussi psychologisante ...
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