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64 internautes sur 69 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ce bon vieux Sabbath…, 10 juin 2013
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Ce commentaire fait référence à cette édition : 13 - Edition Deluxe (CD)
Alléché par une hype délirante à la limite de la manipulation de masse, j’ai été plutôt déçu quand j’ai entendu pour la première fois ce nouvel album du groupe (presque) original.
35 ans d’attente pour ça ???
Certains disaient qu’il ne fallait pas trop espérer de « 13 ». Moi, je voulais pourtant y croire, parce que « The Devil You Know » sorti en 2009 regorgeait de riffs de première qualité et parce que j’avais vu un Ozzy surprenant d’énergie sur scène en 2010.
Il m’aura fallu trois écoutes pour admettre finalement que ce disque était un vrai retour aux fondamentaux, un flashback sur le commencement de la saga, l’expression de musiciens qui n’ont pas oublié qu’ils étaient TRES bons dès leur premier album.
Non, 13 n’est pas une caricature, les gars de BS n’avaient plus rien à prouver et tout à perdre dans cette aventure. Cet enregistrement n’avait, en fait, de sens que s’il leur permettait de retrouver le plaisir de jouer ensemble. Malgré les problèmes (cancer de Iommi, défection de Ward), les vieux complices se sont manifestement éclatés à démontrer que si des milliers de groupes les ont imités, aucun n’a jamais vraiment réussi à égaler leur énergie primale.
A la production, Rick Rubin, un expert en résurrection. L’homme qui a donné à Johnny Cash son ultime coup de fouet, qui venait juste de s’occuper de ZZ Top. Son crédo fut simple : utiliser du matériel vintage (amplis à lampes, guitares d’époque, etc .), enregistrer au maximum dans les conditions du live et éviter autant que possible les « click tracks » qui inhibent souvent le feeling.
Rubin a délibérément cherché à reproduire le son des quatre premiers albums du groupe. N’espérez donc pas trop souvent retrouver ici des finesses à la Bloody Sabbath ou Sabotage. Vous n’aurez pas non plus à craindre les dérapages de Never Say Die ou de Technical Extasy. Ce qui n’est pas plus mal, d’ailleurs.
Mais passons à l’écoute.
- Le ton est donné d’entrée avec End of the Beginning qui rappelle carrément… Black Sabbath, premier morceau du premier album éponyme. Vous parlez d’un retour aux sources ! Gros riff lourd et lent, suivi d’un passage plus soft et solennel qui permet à Ozzy d’ânonner les lyrics les plus téléphonés de l’album « Is this the end of the beginning or the beginning of the end ? » (« Est-ce la fin du commencement ou le commencement de la fin ? »). Euh, oui, bon, était-il vraiment utile de rappeler de façon aussi naïve l’enjeu réel de la reformation ? Reste un bon morceau un peu bourrin, qui ressemble à un auto-hommage tant il s’évertue à effacer 44 années de galère pour revenir à l’esprit de Birmingham.
- Deuxième morceau, le « single » ( ?) God is Dead ?. Quelques arpèges basiques ouvrent sur un riff glissant qu’on croirait jailli de Masters of Reality. Sur une ambiance pesante, la voix d’Ozzy – double-trackée comme au bon vieux temps – fait merveille entre proclamation macabre et invocation nasillarde. Comme l’a fait remarquer un journaliste américain, les paroles osent faire rimer « gloom/doom/tomb » (chagrin/malédiction/tombeau). Eh oui, on est bien chez les gars du Sabbat, pas chez les schtroumpfs ! God is Dead ? tient néanmoins bien la route et aurait pu sortir en 71. Sans problème.
- Troisième plage, Loner : rien à dire. Un morceau un peu plus ramassé, du bon Sabbath sur tempo moyen, tendance Masters ou Vol.4. Cool et percutant.
- Vient ensuite LA balade du disque, Zeitgeist, qui est une mise au goût du jour de Planet Caravan, la chanson enfumée de l’album Paranoïd. Même bongos discrets, mêmes solos de guitare jazzy, même voix alanguie et trafiquée d’Osbourne. Sympa et utile pour reposer les oreilles, mais pas absolument indispensable.
- Changement complet d’ambiance après ça avec Age of Reason, un des sommets de l'album, qui a tout d’une outtake de Sabotage avec ses arpèges distordus au son très travaillé et ses chœurs synthétiques à la Supertzar (Adam Wakeman a pris le relais de son père Rick aux claviers).
Et les autres morceaux sont tous de bonnes machines à riffs qui s’enchaînent comme à la parade, jusqu’à l’ultime, et excellent, Dear Father qui s’achève sur un bruit de pluie battante et de cloche dans la tempête qu’on n'avait pas entendu depuis… longtemps, si longtemps.
Petite mention spéciale pour Damaged Soul, le morceau le plus bluesy qu'ait jamais enregistré le Sab! C'est carrément le chaînon manquant connectant la musique du Delta et le Doom. A noter quelques notes d'harmonicas d'Ozzy et des solos ravageurs de Iommi.
Alors ?
Si vous avez envie de retrouver le Sabbath des 70s, il est bien là. Par le son, la structure des morceaux, l’énergie brute. Les musiciens sont toujours à la hauteur, même si les riffs de Iommi sont parfois un poil « faciles ». Geezer Buttler est, comme à son habitude, irréprochable et il bénéficie pour une fois d’un excellent son de basse à la hauteur de ses prouesses pyrotechniques (écoutez ses descentes dans les chorus de God is Dead ?). Quant à Ozzy, s’il ne pratique plus trop les aigüs perce-tympans, il est parfaitement dans le ton et parvient aisément à faire pardonner le clown pathétique de la série The Osbournes.
Reste le cas Brad Wilk. Le batteur de Rage/Audioslave - mixé intelligemment en retrait - fait un travail correct. Mais il n’est pas Bill Ward. Réécoutez les fill-ins et petits contretemps d’un morceau comme War Pigs. Puis écoutez Wilk. Ward est un batteur largement sous-estimé dont le swing très personnel a grandement contribué à la qualité des albums de BS. Wilk, lui, est juste un bon batteur. Tant pis pour nous.
N’empêche, 13 fonctionne très bien, à la fois comme évocation sonore des grandes heures du heavy rock des années soixante-dix, et comme album de « Doom» à l’ancienne particulièrement soigné.
Ce disque nous permet de constater, une fois encore, que l’âge n’anéantit pas forcément le talent des grands du rock. Loin de là. Et si cet album ne va pas révolutionner le monde, il poussera certainement quelques jeunots à s’interroger sur la notion de « progrès » en musique.
Ce qui est sûr, c’est qu’en 2013, le Sabbat Noir a encore largement de quoi ensorceler les simples mortels.

PS : si vous achetez la version « deluxe » (presque 20 euros à l’heure où j’écris ces lignes), vous aurez droit à trois morceaux supplémentaires, pas honteux du tout, même s’ils auraient sans doute nuit à l’unité sonore de l’album principal. Ainsi, porté par une rythmique nettement plus soutenue que les autres morceaux, le puissant et efficace « Methademic », se démarque relativement du classicisme sabbathien pour aborder des sonorités franchement Metal. Pour un peu, on aimerait que cette tendance soit plus exploitée dans un disque futur. On peut rêver, non? On comprend moins, en revanche, que la maison de disques se soit sentie obligée de forcer sur la note à payer pour ces bonus. À continuer comme ça, ces gars vont finir par tuer pour de bon l’industrie du disque…

rePS : la pochette est moche.

rerePS: une édition américaine ("Bestbuy deluxe") propose un titre inédit supplémentaire - Naiveté in Black - qui est absolument superbe. Un vrai hit! Son riff principal, presqu'aussi speedé que celui de Neon Knights sonne un peu comme du Mötörhead et il mérite le détour. On peut l'entendre sur certains sites de vidéo en ligne. Suivez mon regard...
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Message initial: 10 juin 13 19:21:37 GMT+02:00
Je me suis toujours demandé pourquoi "Technical ecstasy" était si mal aimé .C'est un des Sab que je préfère moi !! ;)

En réponse à un message antérieur du 10 juin 13 20:28:25 GMT+02:00
Jean Bal dit:
Je pense que ça doit tenir à l'album par lequel tu as commencé. Pour moi, c'était Paranoid, en 72. Franchement, jusqu'à Sabotage, je suis resté accro. Après... Les riffs se sont faits moins lourds et je suis passé à autre chose. Je crois que nous avons été nombreux à faire pareil, même si, avec le recul, Technical Ecstasy n'était pas un désastre complet, contrairement à Never Say Die.

En réponse à un message antérieur du 10 juin 13 20:56:46 GMT+02:00
Effectivement j'ai découvert Sab avec cet album ceci explique sans doute cela .On a toujours un petit côté sentimental vis a vis des premiers albums qui ont accompagnés notre parcours musical .De toute façon le plaisir d'écoute restera toujours subjectif pour chacun de nous . Je suis d'accord pour "Never say die" que je n'ai jamais réussi à écouter en entier !!

En réponse à un message antérieur du 11 juin 13 21:27:17 GMT+02:00
bonsoir, peux tu me dire si tous les morceaux sont des originaux, et me donner des nouvelles de T. Iommi, qui était quand même mal en point ? tant mieux s'il est rétabli évidemment !! merci.

En réponse à un message antérieur du 11 juin 13 22:47:22 GMT+02:00
Jean Bal dit:
Hello Ramone! Yep, tous les morceaux sont signés Iommi, Osbourne, Butler. Les lyrics étant écrits par Geezer Butler. Aux dernières nouvelles, Tony aurait repris du poil de la bête. Le groupe a commencé sa tournée mondiale en Australie/Nouvelle Zélande en avril et se rendra aux USA à l'été. Tournée européenne prévue pour l'automne, avec une seule date en France, le 2 décembre à Paris Bercy. Aux dernières nouvelles le traitement du lymphome de Iommi aurait été efficace, mais les dates de la tournée ont été arrangées afin de lui permettre de revenir toutes les 6 semaines suivre un traitement au immunoglobulines. On croise les doigts!

En réponse à un message antérieur du 12 juin 13 17:08:08 GMT+02:00
ok merci de tous ces renseignements précis !! a +

Publié le 16 juil. 13 23:20:44 GMT+02:00
jepiro dit:
@ Jean Bal merci pour l'info "Naivete Black" qui est une exclusivité de l'édition américaine, vive internet ... et je confirme que la pochette est vraiment moche

En réponse à un message antérieur du 22 août 13 13:35:12 GMT+02:00
Superbe commentaire précis et détaillé qui me donne envie de redonner une chance à un album qui ne m'a pas emballé à la première écoute .
J'ai trouvé la voix d'Ozzy surprenante calme , posée , mature .

En réponse à un message antérieur du 23 août 13 00:54:50 GMT+02:00
Jean Bal dit:
Oui, Bruce, il FAUT que tu réécoutes! La première fois je n'avais pas du tout accroché (vraiment pas, j'ai failli retourner mon disque), mais je crois que Geezer Buttler, Iommi et Ozzy sont des gars profondément honnêtes. Ils avaient quelque chose à se prouver, et ils s'en sont sortis haut la main. Perso, je reste - après plusieurs mois - très content de savoir que l'un des grands groupes de mon adolescence va certainement finir sa trajectoire sur un album de ce calibre.

En réponse à un message antérieur du 24 août 13 07:48:06 GMT+02:00
Et lui , tu l'aimes ? : Welcome to My Nightmare
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Jean Bal
(TOP 50 COMMENTATEURS)   

Lieu : Conflans-en-Jarnisy, France

Classement des meilleurs critiques: 21