Bonjour Latour,
commentaire passionnant sur un ouvrage qui ne l'est pas moins!
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8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Dames du XIIe siècle (Poche)
Le XII° siècle est celui de l'amour courtois, inspiré des auteurs latins, dont Ovide (L'art d'aimer, cité dans l'ouvrage). Il est celui des troubadours, des romanciers (ainsi Chrétien de Troyes). Il est celui de l'Eglise qui va promouvoir le mariage au rang de sacrement, le septième. Il est également, sur le plan de l'économie, celui des bouleversements. La fin du XII° siècle est prospère. L'argent est abondant. Les récoltes sont riches. La pensée ne s'attachera plus, dans le legs, à la seule transmission de la terre, du territoire, mais de l'argent, autre faculté.Georges Duby, médiéviste réputé, nous brosse le portrait de quelques femmes symboles de leur temps, tout en ayant bien soin de préciser que le mâle Moyen-Age retranscrit les propos de femmes, interprète les pensées des femmes, par des hommes. Georges Duby s'attache à reconstituer un système de valeurs. Il y parvient avec beaucoup de nuances. Héloïse (et Abélard), Aliénor d'Aquitaine (cf. la biographie de Régine Pernoud Aliénor d'Aquitaine , Iseut (Tristan), Juette, Dorée d'Amour et la Phénix, et Marie-Madeleine, le personnage des Evangiles, la prostituée convertie, premier témoin de la Résurrection du Christ. Le XII° siècle considère, par le prisme masculin, du pouvoir, la femme comme un objet. "Les hommes la donnent, la prennent, la jettent. Elle fait partie de leur avoir, de leurs biens propres. Ou bien, pour affirmer leur propre gloire, ils l'exposent à leurs côtés, pompeusement parée, comme l'une des plus belles pièces de leur trésor (...)". La femme est subordonnée à l'homme. L'homme doit veiller à contenir la nocivité native de la femme qui est trompeuse de nature car faible ("fragilis", le mot d'Héloïse). L'Eglise (enseignement augustinien) parvient à faire admettre à cet ordre social que la femme n'est pas "toute animalité". "Elle détient une portion de raison. Moindre évidemment : en elle le désir prédomine." Progressivement, la femme devient pour l'homme son alliée, son associée. Georges Duby reconnaît s'être trompé quand il pensait que le XII° siècle n'avait pas été celui de la promotion de la femme ; je précise, la dynamique de promotion, point achevée bien entendu. Au début du siècle, le pouvoir devait s'assurer des alliances qui passaient par la conclusion du mariage. Rares étaient les chevaliers à se marier. Le célibat était imposé de fait. La femme côtoyée était celle du seigneur. Guillaume le Maréchal, dont Georges Duby écrivit une superbe biographie (Guillaume le Maréchal, ou, Le meilleur chevalier du monde) se maria à l'âge de 50 ans. La frustration était de mise. A la fin du siècle, la prospérité permit de léguer des biens aux puînés, leur permettant non seulement d'envisager le mariage, mais de le concrétiser. L'Eglise va magnifier le mariage, adaptant - régulant l'ordre social. Les romanciers vont écrire. Ces écrits ont traversé les siècles car ils ont marqué profondément leur temps. En conclusion, "ce qui rehaussa la condition de la femme, ce fut la prise de conscience qu'elle peut être, comme Madeleine ou comme Héloïse, montrée en exemple aux hommes parce qu'elle est parfois plus forte qu'eux. Cette force prend sa source dans l'abondance de sa nature animale, dans sa sensualité qui la rend plus prompte à s'enflammer, à brûler d'amour." Elle devient objet et sujet d'amour. La femme se dégage, insensiblement, des plus strictes entraves où les tenait la puissance masculine. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles Remarques
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Message initial:
29 janv. 10 14:14:48 GMT+01:00
Gwen dit:
Bonjour Latour,
commentaire passionnant sur un ouvrage qui ne l'est pas moins!
En réponse à un message antérieur du
1 févr. 10 12:02:33 GMT+01:00
marialicia dit:
La femme subordonnée à l'homme cela faisait encore partie du discours lu lors des mariages pas encore si lointains
Dire "En elle le désir prédomine" n'est pas non plus très gratifiant je dirais le désir de l'homme sur elle prédomine ? c'est pourquoi à travers tous les siècles il y a eu tant de viols (et il y aura encore)
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