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4.0 étoiles sur 5 le film noir qui allait dessiner les premiers contours du genre (1), 23 février 2009
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Ce commentaire fait référence à cette édition : La clé de verre (DVD)
A ma grande honte, je connais davantage le genre noir cinématographique que sa littérature. Pour preuve, j'ai toujours entendu parler de Dashiell Hammett mais n'ai encore rien lu de lui (parcontre, je n'ai pas manqué de voir quelques adaptations, comme Le Faucon Maltais de John Huston. Je pourrais en dire autant pour James M. Cain ou Raymond Chandler).

La Clé de Verre (The Glass Key) est une adaptation de l'écrivain spécialiste des "hard-boiled" (durs à cuir), le père du genre... Ce film noir fut réalisé en 1942. Ce qui me fascine dans le genre noir, c'est le ton de l'ensemble, servi par un important travail sur le contraste des lumières, ces éclairages qui peuvent évoquer les sentiments des individus, leurs angoisses, l'atmosphère oppressante d'une situation donnée. C'est aussi le regard désabusé d'anti-héros. La question du bien et du mal est toujours là (mensonges, trahisons, lâchetés, adultères, meurtres, médiocrités, coups bas...) mais elle est traitée de façon ambigüe, sournoise. Les frontières ne sont pas toujours très claires. Dans le film noir, il y a des gris partout. Le coupable n'est pas toujours celui qu'on croit. Et l'innocent n'est pas si innocent que ça... Enfin, ce genre propre à l'âge d'or du cinéma hollywoodien s'inscrit dans un contexte particulier : l'Amérique des années 40. L'Amérique en guerre, l'Amérique qui doute, l'Amérique qui a peur.

Ce qui frappe dans ce film de Stuart Heisler, ce sont les personnages, ces acteurs mythiques que furent Alan Ladd et Veronica Lake (dont ce fut leur premier grand rôle avant de tourner dans Tueur à Gages de Frank Tuttle et Le Dahlia Bleu de George Marshall). Il faut dire que, mine de rien, ils le crèvent bien l'écran. Comment oublier par exemple ce jeu de séduction, tout au début du film. Regards croisés, regards obliques. Veronica Lake en vamp séductrice, pas loin de la femme fatale, Alan Ladd, visage impassible, dévoilant si peu de choses sur son identité... (un film adapté d'un roman de Dashiell Hammett, nous précise Philippe Labro dans les bonus, est réussi lorsque,justement, il ne dévoile rien des sentiments et des pensées de ses personnages - pas de voix off, pas de commentaire - seulement ce qu'ils font et ce qu'ils disent, comme dans le roman. Ici, c'est le jeu des lumières qui est sensés dévoiler les secrets, éclairer les motivations les plus intimes...)

L'histoire est compliquée (mais pas autant que dans Le Grand Sommeil et La Griffe du Passé, deux fleurons du genre) et c'est avec un certain plaisir que l'on suit ce récit haletant monté sur un scénario hyper efficace. Je ne raconterai pas grand chose, sauf que c'est l'histoire d'un meurtre sordide, pendant la préparation d'élections municipales... Les hommes politiques sont égratignés; De petites scènes d'anthologie ont fait mon bonheur, comme celle dans la chambre d'hôpital avec Alan Ladd et la belle infirmière, brune et pulpeuse (la vraie pin-up comme les GI en dessinaient sur leur carlingue à cette époque, ça mérite d'être souligné, et non, ce n'est pas Veronica Lake, plus froide, à qui je pensais, mais à Frances Gifford...). Bref, de belles scènes, des rebondissements à la pelle, un film qui allait dessiner les premiers contours du genre (la femme fatale, le meurtre, une enquête, la recherche de la vérité, etc...). Un petit chef d'oeuvre à voir et revoir.

(1) avec le Faucon Maltais (Maltese Falcon) de John Huston, réalisé l'année précédente. Pour plus d'infos sur les films noirs, voir ma listmania.
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Afficher les messages 1-6 sur 6 de cette discussion.
Message initial: 25 févr. 09 09:13:53 GMT+01:00
Luc B. dit:
Le VU d'office. Quand j'ai envie de lire un beau texte sur le Film Noir, je viens par chez toi... Avec celui-ci, je suis servi. Je connaissais ce film, sans l'avoir vu, hélas. Véronika Lake était une sacrée p'tite poulette, pour causer comme dans ce genre de film... Je suis moins certain du charme d'Alan Ladd en tuff guy, mais bon...

En réponse à un message antérieur du 1 mars 09 13:47:52 GMT+01:00
[Supprimé par Amazon le 27 avr. 11 15:35:26 GMT+02:00]

Publié le 19 juil. 09 18:24:09 GMT+02:00
un film que j'ai aimé avec l'envoûtante Véronica et Alan.
Mon VU

En réponse à un message antérieur du 20 juil. 09 11:56:57 GMT+02:00
[Supprimé par Amazon le 27 avr. 11 15:35:34 GMT+02:00]

En réponse à un message antérieur du 30 sept. 09 12:17:00 GMT+02:00
BAGRATION dit:
VU++++d'office aussi. Si je peux me permettre : "Moisson rouge" et "le faucon maltais" d'Hamett, "Un linceul n'a pas de poche" de Mc Coy, "Adieu ma jolie" "le grand sommeil ""La dame du Lac" de Chandler, toute la saga "Ed Fossoyeur et Cercueil Jones" de Himes (avec l'incomparable Reine des Pommes et le film "Rage in Harlem" puis un pssage par Wambaugh et surtout les premiers MC Bain, Ross Mc Donald ("Lew Archer" et les deux films avec P. Newman das le rôle de Lew Harper) Petievitch, Manchette (incomparable) Ellroy et après vogue le navire.....

En réponse à un message antérieur du 3 oct. 09 15:10:15 GMT+02:00
[Supprimé par Amazon le 27 avr. 11 15:36:14 GMT+02:00]
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