Commentaire client

37 internautes sur 49 ont trouvé ce commentaire utile 
1.0 étoiles sur 5 Médiocre à tous points de vue, 26 septembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : De la dignité de l'islam : (Examen et refutation de quelques thèses de la nouvelle islamophobie) (Broché)
Difficile de commenter cet ouvrage en quelques lignes, sans lui faire injustice. Je vais essayer de donner quelques remarques précises.
De la dignité de l'islam, c'est une tentative de "réfutation des thèses de la nouvelle islamophobie chrétienne".

Sur la forme, c'est médiocre. L'auteur, dont on sait qu'il s'agit d'un docteur ès lettres et sciences humaines, a un style oral désagréable, où le sarcasme raté le dispute à l'humeur bileuse. Le texte n'est pas exempt de fautes d'orthographe (cf. p.107, note 8 ; lui qui n'hésite pas à commenter la syntaxe, p.125, p.130 ou l'élocution, p.40, quand cela peut porter coup bas), de néologismes ridicules, (cf. p.109), d'insinuations grotesques (dans des parenthèses ou en apposition bien sûr, cf. p.110, 113) et de science approximative (p.162 le mot grec "sarx" est orthographié "sarch", p.163 le mot "scandalon" est orthographié "scaudalou"). L'usage extensif des signes de ponctuation pour insinuer ce qu'on ne peut prouver, ou ridiculiser ce qui gêne, est également typique de M. Orcel (guillemets à tout bout de champ, points de suspension, jugement à l'emporte-pièce à la faveur de parenthèses cf. p.105,107,110,113, etc.), tout comme le recours aux questions oratoires grossières (cf. p.106). Et plus exécrable encore, cette manie à repousser en fin d'ouvrage ce qu'on pourrait traiter sur l'instant (plus loin, p.21, "Nous reviendrons sur cet autre thème" p.44, "Nous reviendrons aussi sur ce point" p.58). Ajoutez à cela une bonne dose d'animosité envers les cibles qu'il attaque, en multipliant les attaques ad hominem ("faussement savant" p.40, "déclarations fulminantes d'Anne-Marie Delcambre" p.41, "retors", "paranoïde" p.57, "affirmations périlleuses" du père Gallez, "sa bibliographie montre que des ouvrages essentiels lui font défaut" p.60, "[Mme Delcambre] semble bien souvent avoir perdu la tête" p.98, "très perfide" p.98, "emportée (toujours Mme Delcambre) par son fanatisme bien-pensant" p.101, "une des estrades où Mme Delcambre aime à faire son numéro" p.109, "on lui conseille de reprendre en main son catéchisme" p.110, "sans doute n'a-t-elle jamais lu Norbert Elias" p.116, "on n'ose imaginer dans quelles conditions vit Mme Delcambre et à quelles amours elle se livre..." p.117, "Laissons notre polémiste cracher ses bêtises" p.117, "incite du reste à se demander si le savoir de Mme Urvoy en matière de théologie chrétienne est aussi sûr qu'elle voudrait le faire croire" p.130, "Portez des lunettes, Mme Urvoy, portez des lunettes..." p.130 note 16, "si Mme Urvoy s'instruisait un peu auprès de ses collègues spécialistes" p.132, même idée p.134, "de ces phrases arrogantes monte la puanteur de la jalousie: jalousie de la petite enseignante de province face au grand universitaire professeur au Collège de France(...), du tâcheron face au génie" p.140) et vous aurez à peu près cerné le personnage.

Sur le fond, c'est aussi médiocre. L'auteur tombe dans le travers qu'il dénonce. Car l'idée de base, c'est de répondre à ce qu'il appelle une nouvelle islamophobie, qui accuse l'islam d'être en peine avec la démocratie et les droits de l'homme, ou encore d'être violent par essence (cf. le problème des conversions, de la dhimmitude, le massacre ou l'exil des chrétiens orientaux) - bref, d'avoir un certain retard sur l'Eglise. Ce qu'il ne nie pas de surcroît ! Mais au lieu d'avancer des arguments probants envers la possibilité d'un islam modéré, M. Orcel ne répond que par de vains arguments :
- c'est sûrement une conspiration, cela "attise le feu" (p.47,77)
- les polémiques proviennent d'hommes d'Eglise (p.30) - et alors ? ne sont-ils pas aussi universitaires ?
- le monde musulman est instable (voire violent !), cf. l'étrange "Qui sème le vent, Mme Delcambre..." p.120
- Christ n'est pas au-dessus de tout soupçon (il boit, il fouette les marchands du Temple, il demande à ses disciples de renier père et mère), et M. Orcel assortit son propos de tournures qui ne seraient pas sans conséquence si elles concernaient le Prophète qu'il défend : le "vin nouveau que le Christ picolera dans le royaume de son père" (p.87)
- les chrétiens d'Orient sont opprimés aujourd'hui (le fait est *très furtivement* évoqué), et on leur refuse par exemple de nommer leur Dieu Allah (p.123), mais ce n'est qu'un "miroir" de l'intégrisme chrétien qui, quant à lui, ne fait qu'affirmer théoriquement que les Dieu chrétien et musulman sont différents. Or, ce que Orcel ne souligne pas, c'est le gouffre entre la théorie et la pratique.
- la violence génocidaire du monde européen proviendrait de l'angélisme chrétien inapplicable (sic), cf. pp.127-128
- plutôt qu'aider les musulmans à adopter la démocratie, le monde chrétien en a abusé par le colonialisme (refrain classique et partiellement injuste)
- la fabrication du texte coranique souffre de la même potentialité de déconstruction que le texte évangélique (avec sa critique textuelle limitée, tout du moins)
- le fait que l'islam ne reconnaît pour l'instant pas de droit de l'homme est "excusable" (ou "normal" ?) car "pendant mille neuf cent cinquante ans" le christianisme en a fait autant (p.119)

On pourrait multiplier les exemples. Tous les arguments avancés ne sont pas sans intérêt (par exemple sur les tentations du Christ, ou le dogme trinitaire). Ainsi, les prescriptions de l'AT, aujourd'hui obsolètes pour les chrétiens ou ré-interprétées, l'ont été à force de lectures allégoriques et d'accommodements. Et l'islam devrait faire ce travail. A quoi bon alors lancer des polémiques stériles sur l'historicité de Jésus (pour conclure, tout comme celle de Mahomet, que c'est sans importance) ? d'affubler les chrétiens de la vieille rengaine "polythéistes" (selon les critères musulmans, cf. p.70) ? De soutenir que "la sagesse (des paraboles de Jésus) ne dépasse pas le niveau du proverbe populaire" (p.154) ? de mettre en doute, sans s'expliquer plus avant, les faits dérangeants d'Hassi-Messadoud (cf. p.109 et la note 10) ? De comparer sans cesse la Bible et le Coran (en prenant stricto sensu la Bible, mais en demandant une lecture "façon biblique" pour rendre le Coran acceptable), et de se permettre cet audacieux "on ne trouvera jamais pareille infamie dans le Coran" après avoir cité Nombres 31, 6-18 (p.100). Ah oui, est-ce bien sûr ? n'y a-t-il pas d'infamies dans le Coran (2.171, 191, 4.34, 8.12...) ? Pourquoi polémiquer contre les citations de l'AT dans le NT, en ignorant totalement le contexte, les faits et la manière de citer (p.147 sq.) ?

En somme, Michel Orcel demande d'appliquer une méthode au Coran, qu'il refuse à la Bible. Et, en relisant la Bible sans lui appliquer cette même méthode, il trouve des arguments pour justifier l'état actuel de l'islam... C'est un peu aberrant, et je ne vois pas pourquoi on s'abstiendrait de critiquer l'islam actuel à cause du passé chrétien !
Certes, le passé chrétien a ses hauts et ses bas. Et beaucoup de bas sanglants. Mais ce n'est pas pour autant que l'islam ne devrait pas profiter des avancées de l'humanité (sociologiques, éthiques, scientifiques). Les époques ne sont pas comparables, et les outils pour changer non plus. L'islam doit faire ce travail plus rapidement, mais il a aussi plus de ressources intellectuelles et expérimentales.

Si l'opuscule de Michel Orcel donc prouve quelque chose, c'est qu'il n'est pas de bon ton de critiquer l'islam. Il faudrait lui laisser le temps. Il faudrait fermer les yeux, et les ouvrir plutôt sur l'Histoire. Quand on voit le style un peu racoleur, souvent grossier et emporté, et si fourre-tout de M. Orcel, on est étonné de voir combien de haine peut susciter le "dialogue", et combien l'islam n'est pas prêt de se remettre en cause. Se remettre en cause ? Mais voyez les chrétiens! Voilà la réponse. Et la conclusion ? "Match nul" (p.165)

Non, M. Orcel, on est loin du match nul. Le christianisme tolère la critique, et votre torchon en est une de plus (il faudrait dire merci à Bayard d'être si peu difficiles).
Ce n'est pas encore le cas de l'islam.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non

[Ajouter un commentaire]
Publier un commentaire
Pour insérer un lien produit, utilisez le format : [[ASIN:ASIN titre-produit]] (De quoi s'agit-il?)
Amazon affichera ce nom avec vos soumissions, y compris les chroniques de clients et les posts de discussion. (Plus d'informations)
Nom :
Badge :
Ce badge vous sera affecté et apparaîtra avec votre nom.
There was an error. Please try again.
Consultez lintégralité des directives ">ici.

Remarque Officielle

En tant que représentant de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quelle que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
Le nom et le badge suivants seront affichés avec ce commentaire :
Après avoir cliqué sur le bouton Publier, vous serez invité à créer votre nom public qui sera affiché avec toutes vos contributions.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.  Plus d'informations
Sinon, vous pouvez toujours publier un commentaire normal sur cette évaluation.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
 
Délai système expiré

Nous n'avons pas pu vérifier si vous représentez le produit. Veuillez réessayer ultérieurement, ou réessayez maintenant. Sinon, vous pouvez publier un commentaire normal.

Puisque vous avez déjà publié un commentaire officiel, ce commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous. Vous pouvez également modifier votre commentaire officiel.   Plus d'informations
Le nombre maximal de commentaires officiels a été atteint. Le commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous.   Plus d'informations
Aller s'identifier
 

Remarques

Suivi en cours par 1 client

Trier par: Le plus ancien en premier | Le plus récent en premier
Afficher les messages 1-3 sur 3 de cette discussion.
Message initial: 9 déc. 11 13:49:30 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 9 déc. 11 14:01:11 GMT+01:00
lmx dit:
"En somme, Michel Orcel demande d'appliquer une méthode au Coran, qu'il refuse à la Bible. Et, en relisant la Bible sans lui appliquer cette même méthode, il trouve des arguments pour justifier l'état actuel de l'islam..."

je crois que tout est dit sur ce piteux torchon. Un "livre" si on peut appeler ça comme ça faux, pleurnichard et malhonnête.

Publié le 22 mars 12 12:20:03 GMT+01:00
Jorian 132 dit:
Bravo pour votre "déconstruction" rigoureuse de ce torchon. L'auteur n'aime pas que l'on "déconstruise" le Coran, seulement la Bible, il n'aime pas qu'on critique l'islam, mais haro sur le christianisme! Il injurie honteusement des savants méritoires et bien plus sérieux et courageux que lui. Quelle lâcheté! Voyons s'il appréciera la déconstruction de son "ouvrage", d'une affligeante nullité.

Publié le 12 juil. 13 16:01:26 GMT+02:00
etourneau dit:
J'avoue que je comprends mal ce déluge de commentaires hostiles et carrément haineux contre ce livre et cet auteur.
Certes il va a contre-courant du mouvement général et de la moutonnerie médiatique à propos de l'islam mais c'est précisément ce qui fait son intérêt.
Nul n'est obligé d'être d'accord avec lui, mais il ne mérite pas ce déversement d'injures, de haine et de ressentiment rance.
Comme s'il avait touché un point sensible.
Comme s'il dérangeait un opinion établie : la haine obsessionnelle de l'islam et des musulmans comme solution à la crise
politique, économique et spirituelle de l'Europe.
Contre cela, il faut remercier Michel Orcel de remettre à leur place certains savants (Prémare et Cie) dont il ne nie pas la compétence,
mais dont l'objectivité et la neutralité ne sont manifestement pas le point fort.
‹ Précédent 1 Suivant ›

Détails de l'évaluation

Article

Commentateur


Classement des meilleurs critiques: 9.429