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Un jalon dans l'histoire de la musique enregistrée, 4 juin 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Mahler : les Symphonies (Coffret 10 CD) (CD)
Au début des années 60, un jeune chef récemment nommé à la tête de l'un des meilleurs orchestres du monde commençait un intégrale d'un compositeur qui n'était pas encore à la mode. N'hésitant pas à pousser dans ses derniers retranchements une somptueuse machine qui ne demandait que cela, Haitink nous livrait des symphonies animées, contrastées, avec des adagios somptueux, des scherzos ironiques et parfois tout proches de la vulgarité comme le souhaitait Mahler, et des mouvements emprunts d'une religiosité touchante et solennelle. A mon avis, le sommet de cette intégrale réside dans les symphonies 5 à 7, purement instrumentales. Haitink retransmet à la perfection l'évolution du désespoir vers la joie un peu naïve de la cinquième, puis l'évolution inverse de la tragique sixième pour culminer dans les atmosphères un peu troubles du "chant de la nuit" (la septième). Mais il n'y a aucun point faible. Que se passe-t-il du côté de la concurrence: Walter bien sûr, mais avec un orchestre en rien comparable au concertgebouw, Berstein, trop lent à mon goût, Karajan, très esthétisant (en plein contresens dans le célebrissime adagietto de la conquième, mais que c'est beau!). Ensuite, c'est l'inflation, mais un peu vaine. Haintink a connu une sombre destinée. Après de somptueux enregistrements de Brahms, Bruckner, Liszt, Beethoven et Chostakovitch, il fut viré comme un malpropre par les musiciens du Concertgebouw, puis plus tard par son éditeur. Aujourd'hui octogénaire, ses concerts attirent toujours les foules, mais il doit s'autoproduire pour être encore présent au disque. Nous vivons une bien triste époque!
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Mahler : les Symphonies (Coffret 10 CD) B00000E58A
Gustav Mahler
Philips
Mahler : les Symphonies (Coffret 10 CD)
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Un jalon dans l'histoire de la musique enregistrée
Au début des années 60, un jeune chef récemment nommé à la tête de l'un des meilleurs orchestres du monde commençait un intégrale d'un compositeur qui n'était pas encore à la mode. N'hésitant pas à pousser dans ses derniers retranchements une somptueuse machine qui ne demandait que cela, Haitink nous livrait des symphonies animées, contrastées, avec des adagios somptueux, des scherzos ironiques et parfois tout proches de la vulgarité comme le souhaitait Mahler, et des mouvements emprunts d'une religiosité touchante et solennelle. A mon avis, le sommet de cette intégrale réside dans les symphonies 5 à 7, purement instrumentales. Haitink retransmet à la perfection l'évolution du désespoir vers la joie un peu naïve de la cinquième, puis l'évolution inverse de la tragique sixième pour culminer dans les atmosphères un peu troubles du "chant de la nuit" (la septième). Mais il n'y a aucun point faible. Que se passe-t-il du côté de la concurrence: Walter bien sûr, mais avec un orchestre en rien comparable au concertgebouw, Berstein, trop lent à mon goût, Karajan, très esthétisant (en plein contresens dans le célebrissime adagietto de la conquième, mais que c'est beau!). Ensuite, c'est l'inflation, mais un peu vaine. Haintink a connu une sombre destinée. Après de somptueux enregistrements de Brahms, Bruckner, Liszt, Beethoven et Chostakovitch, il fut viré comme un malpropre par les musiciens du Concertgebouw, puis plus tard par son éditeur. Aujourd'hui octogénaire, ses concerts attirent toujours les foules, mais il doit s'autoproduire pour être encore présent au disque. Nous vivons une bien triste époque!
Guillaud Rollin
4 juin 2010
- Général:
5

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