4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile
J'ai enterré trop de gens, 19 juin 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Batman : Silence (Comic)
L'héritier des richissimes industries chimiques Lamont, le jeune Edward, a été enlevé par Croc. Alors que Batman vole à son secours, il s'interroge sur les motivations du kidnapping... Croc n'est pas un habitué de ce genre de choses. Pour l'homme chauve-souris, c'est le début d'une longue et tortueuse intrigue car tous ses vieux adversaires réapparaissent, manipulés, semble-t-il, par un mystérieux criminel. Avec l'aide de Catwoman, Robin ou encore Superman, le héros de Gotham explore sa culpabilité et son passé sous un nouveau jour. Un long Halloween fut un des grands moments de l'histoire de Batman. Déjà à l'époque, Jeph Loeb réussissait à mêler le panthéon des super-vilains de Gotham pour approfondir le personnage du justicier solitaire qu'endosse Bruce Wayne tout en menant une intrigue palpitante dans le même temps. Pour Silence, il reprend une recette similaire mais accompagné du dessinateur Jim Lee au lieu de Tim Sale. Réédité pour cette rentrée 2010 par Panini Comics, ce fameux opus a donc de sérieux atouts pour attirer l'amateur de comics. Silence confirme l'amour de Jeph Loeb pour les intrigues policières à tiroirs. Avec un long Halloween, on découvrait le trio Gordon - Batman - Harvey Dent. Pour cet opus, l'américain aligne les amis de Bruce Wayne en incluant Robin, Alfred, Superman et surtout Catwoman mais aussi les ennemis avec Croc, le Joker, Harley Quinn, le Sphinx, Poison Ivy et bien d'autres... Il élabore ainsi une intrigue complexe multipliant les fausses pistes et cultivant savamment la révélation du mystérieux Silence. On retrouve donc tous les ingrédients que Loeb affectionne. Le résultat s'avère tout aussi efficace et passionnant à lire. Pourtant, le scénariste nous réserve bien des surprises pour une ½uvre qui joue sur divers tableaux. Le premier élément développé compte parmi les plus incontournables : le passé de l'homme chauve-souris. Traumatisé par la mort de ses parents, le milliardaire devient un sombre justicier dans une ville corrompue. On connaissait déjà cela par c½ur mais Loeb tente d'humaniser davantage son héros en lui offrant une enfance. Dans divers flash-back et grâce à ses retrouvailles avec son meilleur ami, l'auteur approfondit la dimension humaine de Wayne. On y découvre un enfant qui n'a pas encore été bouleversé par le crime, ce qu'on a peu eu l'occasion de voir auparavant. Mais ce n'est pas tout. Si nous savions déjà le poids porté par Batman, Loeb revient sur la mort du second Robin, Jason Todd, tué par le Joker dans Un deuil dans la famille. Evénement tragique pour l'homme chauve-souris, il se révèle aussi déterminant pour comprendre la férocité renouvelée du héros face aux criminels... La mémorable confrontation avec le Joker permet d'embrayer sur la seconde piste exploitée par l'américain. Thème central d'un long Halloween, la notion de justice ne pouvait naturellement pas manquer à l'appel. Mais c'est une approche plus radicale dont il s'agit cette fois. Rejoignant en cela Dark Knight de Frank Miller ou The Killing Joke d'Alan Moore, la situation du Batman face au Joker est des plus éloquentes. L'abysse qui menace le justicier se fait de plus en plus sentir. Entre le Batman et ses ennemis, seule la loi les sépare et l'instabilité du sombre héros rend douteuse sa santé mentale. A force de secret et de culpabilité, de peine et d'obsession, la figure héroïque présentée semble bancale. C'est d'ailleurs ce secret et cette double identité qui occuperont un autre point important du récit : l'idylle avec Catwoman. Incapable de faire confiance et solitaire par essence, comment le personnage peut-il trouver l'amour si ce n'est avec un de ses semblables ? Explosive rencontre entre deux héros costumés, la relation permet aussi de comprendre la nécessaire solitude du Batman. Dernier grand atout, et non des moindres, la présence de Superman et de Métropolis. Si l'on met à l'écart la note d'humour qu'introduit l'union des deux icônes - le super-chien de Superman -, c'est surtout le contraste entre les deux surhommes qui importe. Héros sombre et extrême d'une ville aussi noire que la nuit, Batman ne manque pas de détonner dans la belle et lumineuse Métropolis de l'impeccable Clark Kent. C'est aussi la comparaison entre Loïs Lane et Selina Kite qui ajoute du piment dans cette histoire, deux tempéraments radicalement opposés. Jeph Loeb établit la comparaison entre deux archétypes héroïques, l'un de l'âge d'or et l'autre de l'âge sombre. Deux êtres que tout oppose mais qui arrivent pourtant à collaborer. Une excellente idée même si déjà vue ailleurs. Finissons par dire quelques mots sur le dessin de Jim Lee. Pourtant bien différent du style de Tim Sale, Lee déploie des trésors de talent. Ses planches sont précises et flamboyantes avec une dynamique particulièrement réussie, le dédoublement des personnages lors des combats est une idée aussi simple que payante. On appréciera les pages de Métropolis ou encore celles concernant le passé du Batman. Sans surprise, Lee fait honneur au récit de Loeb. Mélangeant une intrigue trépidante à des préoccupations majeures centrées sur le Batman, Silence peut aussi se voir comme une des meilleures portes d'entrée sur l'univers de l'homme chauve-souris par le nombre de personnages qu'il intègre. Bien que n'ayant pas la force d'un Dark Knight ou l'originalité d'un asile d'Arkham, Silence s'affirme comme un opus incontournable autour du justicier de Gotham.
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ?
Batman : Silence 2809414130
Jeph Loeb
Panini Comics
Batman : Silence
Bienvenue
J'ai enterré trop de gens
L'héritier des richissimes industries chimiques Lamont, le jeune Edward, a été enlevé par Croc. Alors que Batman vole à son secours, il s'interroge sur les motivations du kidnapping... Croc n'est pas un habitué de ce genre de choses. Pour l'homme chauve-souris, c'est le début d'une longue et tortueuse intrigue car tous ses vieux adversaires réapparaissent, manipulés, semble-t-il, par un mystérieux criminel. Avec l'aide de Catwoman, Robin ou encore Superman, le héros de Gotham explore sa culpabilité et son passé sous un nouveau jour.
Un long Halloween fut un des grands moments de l'histoire de Batman. Déjà à l'époque, Jeph Loeb réussissait à mêler le panthéon des super-vilains de Gotham pour approfondir le personnage du justicier solitaire qu'endosse Bruce Wayne tout en menant une intrigue palpitante dans le même temps. Pour Silence, il reprend une recette similaire mais accompagné du dessinateur Jim Lee au lieu de Tim Sale. Réédité pour cette rentrée 2010 par Panini Comics, ce fameux opus a donc de sérieux atouts pour attirer l'amateur de comics.
Silence confirme l'amour de Jeph Loeb pour les intrigues policières à tiroirs. Avec un long Halloween, on découvrait le trio Gordon - Batman - Harvey Dent. Pour cet opus, l'américain aligne les amis de Bruce Wayne en incluant Robin, Alfred, Superman et surtout Catwoman mais aussi les ennemis avec Croc, le Joker, Harley Quinn, le Sphinx, Poison Ivy et bien d'autres... Il élabore ainsi une intrigue complexe multipliant les fausses pistes et cultivant savamment la révélation du mystérieux Silence. On retrouve donc tous les ingrédients que Loeb affectionne. Le résultat s'avère tout aussi efficace et passionnant à lire. Pourtant, le scénariste nous réserve bien des surprises pour une ½uvre qui joue sur divers tableaux.
Le premier élément développé compte parmi les plus incontournables : le passé de l'homme chauve-souris. Traumatisé par la mort de ses parents, le milliardaire devient un sombre justicier dans une ville corrompue. On connaissait déjà cela par c½ur mais Loeb tente d'humaniser davantage son héros en lui offrant une enfance. Dans divers flash-back et grâce à ses retrouvailles avec son meilleur ami, l'auteur approfondit la dimension humaine de Wayne. On y découvre un enfant qui n'a pas encore été bouleversé par le crime, ce qu'on a peu eu l'occasion de voir auparavant. Mais ce n'est pas tout. Si nous savions déjà le poids porté par Batman, Loeb revient sur la mort du second Robin, Jason Todd, tué par le Joker dans Un deuil dans la famille. Evénement tragique pour l'homme chauve-souris, il se révèle aussi déterminant pour comprendre la férocité renouvelée du héros face aux criminels... La mémorable confrontation avec le Joker permet d'embrayer sur la seconde piste exploitée par l'américain.
Thème central d'un long Halloween, la notion de justice ne pouvait naturellement pas manquer à l'appel. Mais c'est une approche plus radicale dont il s'agit cette fois. Rejoignant en cela Dark Knight de Frank Miller ou The Killing Joke d'Alan Moore, la situation du Batman face au Joker est des plus éloquentes. L'abysse qui menace le justicier se fait de plus en plus sentir. Entre le Batman et ses ennemis, seule la loi les sépare et l'instabilité du sombre héros rend douteuse sa santé mentale. A force de secret et de culpabilité, de peine et d'obsession, la figure héroïque présentée semble bancale. C'est d'ailleurs ce secret et cette double identité qui occuperont un autre point important du récit : l'idylle avec Catwoman. Incapable de faire confiance et solitaire par essence, comment le personnage peut-il trouver l'amour si ce n'est avec un de ses semblables ? Explosive rencontre entre deux héros costumés, la relation permet aussi de comprendre la nécessaire solitude du Batman.
Dernier grand atout, et non des moindres, la présence de Superman et de Métropolis. Si l'on met à l'écart la note d'humour qu'introduit l'union des deux icônes - le super-chien de Superman -, c'est surtout le contraste entre les deux surhommes qui importe. Héros sombre et extrême d'une ville aussi noire que la nuit, Batman ne manque pas de détonner dans la belle et lumineuse Métropolis de l'impeccable Clark Kent. C'est aussi la comparaison entre Loïs Lane et Selina Kite qui ajoute du piment dans cette histoire, deux tempéraments radicalement opposés. Jeph Loeb établit la comparaison entre deux archétypes héroïques, l'un de l'âge d'or et l'autre de l'âge sombre. Deux êtres que tout oppose mais qui arrivent pourtant à collaborer. Une excellente idée même si déjà vue ailleurs.
Finissons par dire quelques mots sur le dessin de Jim Lee. Pourtant bien différent du style de Tim Sale, Lee déploie des trésors de talent. Ses planches sont précises et flamboyantes avec une dynamique particulièrement réussie, le dédoublement des personnages lors des combats est une idée aussi simple que payante. On appréciera les pages de Métropolis ou encore celles concernant le passé du Batman. Sans surprise, Lee fait honneur au récit de Loeb.
Mélangeant une intrigue trépidante à des préoccupations majeures centrées sur le Batman, Silence peut aussi se voir comme une des meilleures portes d'entrée sur l'univers de l'homme chauve-souris par le nombre de personnages qu'il intègre. Bien que n'ayant pas la force d'un Dark Knight ou l'originalité d'un asile d'Arkham, Silence s'affirme comme un opus incontournable autour du justicier de Gotham.
N. Winter
19 juin 2011
- Général:
5

|
Détails de l'évaluation
Lieu : Valenciennes, France
Classement des meilleurs critiques: 208
|