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51 internautes sur 69 ont trouvé ce commentaire utile 
3.0 étoiles sur 5 Résultat très mitigé et contestable sur bien des points précis, techniques et musicaux..., 15 novembre 2011
Ce commentaire fait référence à cette édition : Bach : Intégrale de l'oeuvre pour orgue (CD)
TROIS étoiles pour l'éditeur et pour les orgues historiques. Manque 2 étoiles pour l'interprète !

Les rééditions d'UNITED ARCHIV présentent des documents sonores d'une qualité irréprochable, des remasterisation exceptionnelles de présence et de fidélité sonore qui rajeunissent la perception auditive qu'il faut entendre pour le croire ! Certainement le meilleur de la remasterisation que l'on puisse trouver sur le marché du CD. Apparemment disparu, le Label refait surface avec des rééditions, dont les symphonies de BEETHOVEN par WALTER à NEW YORK, ainsi que ses Quatuor à Cordes par les Budapest, enregistrement à thésauriser, absolument.

Tenant compte de l'avis intéressant et révélateur des commentateurs précédents et dans un soucis d'éclairer le débat par des précisions techniques nécessaires, pour ne pas rester dans le flou des sentiments personnels, le premier point positif partagé par tout le monde : Une telle somme pour un prix aussi bas ( presque au prix des 8 CD de Landowska !) soit 2 CD pour 14, ne se discute absolument pas ! Allez-y, Il faut encourager la qualité exceptionnelle de l'éditeur qui le mérite amplement. Sa trop longue absence nous a beaucoup chagrinés.

Ce coffret de 14 CD sur l'intégrale de l'oeuvre d'orgue de BACH par Michel CHAPUIS entre 1966 et 1970 enregistrée pour le label ASTREE de Michel BERNSTEIN, ce franc-tireur indépendant, dont les connaisseurs savent la qualité des prises de son comme des choix de cet homme de goût, n'avait jamais fait de reparution en CD. Le résultat interprétatif » reste cependant inhérent à l'organiste. Les prises de son dans cette édition BACH ne sont pas des meilleures, de trop près, manque d'aération et confusion.

D'emblée, une constatation s'impose d'évidence pour bien saisir nos propos : le public des salles de concerts (de ce qu'il en reste !) n'est pas le même que celui de l'opéra et différent de celui des amateurs d'orgue. Il en est de même des mélomanes où la scission est nettement marquée, également dans les différentes périodes musicales.

Ces précisions nous obligeront à scinder notre commentaire en 3 parties, forcément un peu long, mais on ne peut rien examiner sans un peu de patience et de matière suffisante pour le faire :

I - La déclinaison du phénomène de L'ORGUE et SA DESAFFECTION par méconnaissance, CHEZ LA PLUPART DES MELOMANES, leur permettra d'approfondir les passionnants arcanes de l'instrument le plus ontologique qui soit de par sa constitution, son évolution et son histoire.
II - SUR CETTE INTEGRALE EN PARTICULIER.
III - SUR LA FAILLIBILITE de LA CRITIQUE dites « PROFESSIONNELLE ».

Avant d'en décliner les défauts et les qualités, disons que les amateurs d'orgues sont infiniment moins nombreux que les mélomanes et très souvent ils ne se croisent pas dans la même personne. Peu de mélomane savent apprécier l'orgue dont la littérature est aussi riche et peut être plus que celle du piano, car cet instrument lui est bien antérieur et constitue historiquement le premier clavier.

I - L'ORGUE et SA DESAFFECTION CHEZ LA PLUPART DES MELOMANES

Pourquoi des mélomanes ont l'orgue en désaffection, et parfois en horreur ?
Cela tient à la difficulté de son écoute à cause de la réverbération considérable des édifices qui noie la polyphonie des grandes orgues dans un tourbillon sonore où l'oreille ivre de sons en vrilles distinguent très peu la clarté du discours musical, que ce soit en direct comme dans la majorité des enregistrements, car l'orgue est l'instrument le plus difficile à capter. Les enregistrements se font toujours dans un édifice vide et la nuit pour éviter le bruit des véhicules à moteurs. Ainsi ceux de COCHEREAU à une époque où la voie de circulation était praticable devant le porche de NOTRE DAME. Les enregistrements ont cependant toujours lieux la nuit.
Par exemple, la réverbération à la Cathédrale NOTRE DAME de PARIS est de 8 secondes, ce qui est énorme. (A CHARTRES, c'est pire !) Lorsque la nef de ND est remplie, soit 9000 personnes, l'impact sonore est divisé par deux, soit 4 secondes, ce qui est encore beaucoup trop. Ce qui prouve la capacité d'absorption des corps, donc de pénétration des vibrations sonores dans l'organisme. Une étude faites sur la longévité des musiciens a démontré que les organistes se situent au premier rang, puis vient les chefs d'orchestre et ensuite les pianistes. La vibration sonore fait donc résonner l'ADN !

LA PARTICULARITE DE L'ORGUE

L'orgue n'est pas un instrument standard qui ressemble à tous les autres, impression première que peuvent avoir les néophytes. Chaque orgue est différent et il fut notamment conçu et construit pour l'acoustique d'un édifice donné. Le constructeur d'orgue est un facteur (de facture = fabrication). Hors la fabrication du « Roi des instruments » véritable fabrique de son est un orchestre à vents multiforme dont les caractéristiques communes sont de produire les sons à l'aide d'ensembles de tuyaux sonores alimentés par une soufflerie, et accordés suivant une gamme définie. L'orgue est joué à l'aide de 1 à 6 claviers et le plus souvent d'un pédalier, qui est un grand clavier qui s'articule avec les deux pieds (pointes-talons), soit le seul instrument où « il faut faire des pieds et des mains » pour en jouer ! Ce qui en fait incontestablement la technique instrumentale la plus difficile, et nous savons de quoi nous parlons en toute connaissance de cause.
Il est capable de sonorités les plus douces et les plus suaves, d'imiter tous les instruments, d'inventer des sons inouïes comme de déchainer les foudres du tonnerre. Les sonorités différentes appelés « jeux » comportent 4 familles distinctes : les jeux de Fonds et de Mixtures, d'Anches et de Mutations.
(Le sens en sera donné dans l'article proposé ci-dessous à consulter sur le NET)

Selon la profonde assertion vérifiable de PLATON que « la connaissance des mots conduit à la connaissance des choses », aussi, sera-t-il nécessaire de savoir de quoi l'on parle.

ETYMOLOGIE
Le mot orgue vient du grec « opyavov» (organon) (en latin organum), signifiant « outil ou instrument » (recouvrant par-là, la notion d'instrument de musique, mais sans lien direct avec l'orgue). « L'organa » du Moyen Âge désignait aussi bien une polyphonie liturgique que le service religieux lui-même.
L'instrument a également reçu de nombreuses appellations métaphoriques : roi des instruments (expression attribuée à Guillaume de Machaut au XIVe siècle), « ancilla Domini », servante du Seigneur ; mais aussi, plus péjorativement, « cornemuses du diable ».

TERMINOLOGIE
Le mot orgue est du genre masculin au singulier. Cependant, au pluriel il peut être soit féminin en parlant d'un seul instrument (de belles orgues, les grandes orgues de Notre-Dame de Paris), soit masculin en parlant de plusieurs instruments (les orgues fabriqués par Clicquot, les beaux orgues de Paris).

Il est vivement conseillé de se reporter à l'excellent article détaillé sur WIKIPEDIA qui vous fera entrer dans les arcanes mystérieux de cette absolue merveille qui rivalise avec l'orchestre symphonique et le supplante par sa puissance.
Sans « le Génie du CHRISTIANISME » (Voir CHATEAUBRIAND) notamment dans l'architectonique des Cathédrales il n'y aurait pas eu de développement de l'orgue qui serait resté dans son état primitif, et nous ne serions pas là pour l'entendre et en parler, d'ailleurs. Le choeur polyphonique, l'orgue et l'orchestre symphonique représentent la triade spirituelle musicale de l'Occident que le monde entier nous envie et qu'il imite.

SUR LA DIFFICULTE SPECIFIQUE au JEU et à l'ECOUTE DE L'ORGUE
L'organiste se trouve confronté à des difficultés inhérentes de par la multiplicité des factures instrumentales comme aux édifices qui les abritent et doit donc s'adapter aux lieux et aux instruments, ainsi qu'à la littérature musicale afférente à ces instruments historiques. De fait, quatre difficultés essentielles résident dans le jeu complexe des orgues, car le singulier n'existe pas dans sa facture, étant donné leur variété historique :

--- Primo, dans les différentes positions de la console (claviers et pédaliers) qui commande l'édifice technique de l'instrument, l'organiste se trouve contre et en dessous du buffet et parfois dedans, comme à L'Eglise Saint EUSTACHE à PARIS, où la console se trouve entre le buffet et les tuyaux du POSITIF posé sur la tribune, ce qui ne permet pas d'entendre réellement l'équilibre dynamique de la régistration. Ici comme ailleurs l'organiste doit pouvoir apprécier le résultat sonore en tant qu'auditeur se trouvant dans la nef ! Cette position acoustique très inconfortable, coincée dans l'orgue, obligeât Jean GUILLOU à faire construire une seconde console dans la nef. (Voir « l'Orgue, souvenir et Avenir» de Jean GUILLOU)
Egalement, si nous prenons l'intégrale BACH de Michel CHAPUIS, nous constatons, comme dans tous les orgues historique comme l'orgue BOTZEN (1698) et l'orgue Arp SCHNITGER (1721) que la console se trouve dans l'instrument, soit entre et contre le grand buffet et le Positif frontal posé sur la tribune. Ce qui explique le déséquilibre dynamique « inexplicable » entre le choix des régistrations, entre ce que les micros ont enregistrés et ce qu'entendait l'organiste.

--- Secundo, le choix de la régistration, ou si vous préférez « l'orchestration » que le musicien doit opérer tout au long d'une oeuvre pour la diversifier, parmi un choix plus ou moins important de jeux différents, selon la composition de l'orgue parmi les quatre familles sonores : les jeux de Fond et les Mutations, les Anches et les Mixtures, l'obligeant parfois à avoir recours à un assistant devant tirer ou rentrer les jeux en cours d'exécution du morceaux. Certains instruments sont munis d'une mémoire électronique qui permet de préenregistrer les changements de régistrations en cours d'exécution en appuyant sur un seul bouton.
Il existe des organistes, notamment dans BACH, qui ne varie absolument pas ou trop peu la couleur et l'intensité de la masse sonore d'un bout à l'autre d'une longue pièce, ce qui est la pire des choses, d'où le rejet de l'orgue par la saturation sonore et l'ennui de l'uniformité auditive qu'il exerce sur les auditeurs !

---Tertio, la variabilité des touchers dépend des claviers, mécaniques (parfois très dur) ou électroniquement assistés, et qui conditionnent à la fois la difficulté physique, le tempo comme l'articulation (les notes liés entre elles (légato) et les différentes sortes de détachés (staccato).

--- Quarto, la réverbération qui, normalement devrait influer sur la perception auditive de l'exécutant, (perception changeante selon le remplissage de l'édifice) pour éviter le légato perpétuel et la vitesse, et qui conditionne aussi le choix de la régistration. Tout l'art de l'organiste est de savoir faire respirer l'orgue selon la réverbération de l'édifice, son écoute doit constamment le freiner pour ne pas précipiter son jeu afin de rendre transparente l'écriture éminemment polyphonique de la littérature de l'instrument, soit la quadrature du cercle que de rares élues ont pu réaliser.
C'est pourquoi, sur un même orgue, deux organistes ne donneront pas exactement le même résultat sonore, et sera parfois à l'opposé à cause de la conception de la régistration dévolue à une oeuvre, comme à la présence auditive et réactive de l'exécutant, à sa capacité de maîtrise rythmique et temporelle.
Ce qui fait que la littérature d'orgue est la plus diversifié de la musique de par la couleur instrumentale, cette dernière variant peu dans toute la panoplie des autres instruments. C'est un peu comme si chaque chef d'orchestre pouvait changer instantanément l'orchestration au cours d'une symphonie !
Ainsi, les enregistrements des oeuvres pour orgues ne peuvent se satisfaire, très rarement, d'une seule lecture de par tous ces paramètres mouvants et qui en fait sa richesse expressive.

II - SUR CETTE INTEGRALE EN PARTICULIER

Michel CHAPUIS utilise 5 factures d'orgues :
- L'orgue BOTZEN(1698) Restauration d'ANDERSEN (1965) 4 claviers, Transmission mécanique et pédalier, 54 jeux. Eglise du Rédempteur de Copenhague. Danemark.
- L'orgue Arp SCHNITGER (1721) 4 clav. Trans.mécan. et pédalier, 64 jeux. Eglise Saint Michel de Zwolle. Hollande.
- L'orgue ANDERSEN ()3 claviers et pédalier, 46 jeux. Eglise Saint Bénédicte de Ringsted. Danemark.
- L'orgue KLAPMEYER (1727)3 clav. Trans.mécan. pédalier, 35 jeux. Eglise Saint Nicolas d'Altenbruch. Basse saxe : Allemagne.
- L'orgue BECKERATH () 3 claviers et pédalier, 39 jeux. Eglise Saint Paul de Hamm. Westphalie : Allemagne.

Parlons d'abord des DEFAUTS GENERAUX dus à trop de virtuosité qui tue la musique.
CHAPUIS enregistre cette intégrale dans sa jeunesse sur une période de 4 ans, de 28 à 32 ans. Nous savons tous que la jeunesse est pressée! La vélocité est étourdissante et excessive souvent dans certaines pièces au point que le légato constant devient une sorte de glissando magmatique indistinct que ce soit dans la vitesse comme dans le modérato et la musique étouffe, elle manque de respiration, aggravée par une prise de son compact !
« On reconnait les bons musiciens à ceux qui laissent respirer les notes entre elles » disait RAMEAU ! C'est-à-dire que le légato perpétuel est un non-sens de la diction musicale. Cette édition BACH très surévalué ne bénéficie donc pas de la maturité réflexive de l'organiste et ne représente qu'un évènement discographique secondaire aujourd'hui.

La régistration, souvent peu changeante et par trop excessivement criarde, juxtapose beaucoup et expose trop à découvert les jeux suraiguë, ce qui donne une certaine uniformité de ton en occultant la densité des timbres des jeux de fonds et des anches. L'ENSEMBLE DES GRANDES PIECES que sont LES PRELUDES, DES TOCCATAS OU DES FANTAISIES ET FUGUE, sont souvent pris dans des tempos trop rapides avec un manque évident de respiration, par exemple le prélude BWV 533 (CD5) dont le mouvement est doublé !!! L'emploi des jeux d'anches dans le grave plombent terriblement certains préludes, comme par exemple le BWV 548 (CD 6) littéralement écrasé par des anches 16, 8 et 4 sur les claviers qui rament lourdement, alors que la transparence exige des fonds 8,4 et mutations comme l'indique Marcel DUPRE, un maître en la matière!
Il est bien évidemment impossible de détailler la somme des pièces de ce corpus exceptionnel qui d' ailleurs ne sont pas complètes ici.

Avec la critique factuelle précédente, nous prendrons 3 exemples emblématiques, qui analysés permettent de situer un organiste :
LES SONATES EN TRIO, la PASSACAILLE & FUGUE en ut mineur, l'oeuvre la plus difficile de BACH, techniquement et musicalement, ainsi que la subtilité des CHORALS de l'ORGELBUCHKLEIN.

Dans le CD 1 sur l'orgue BOTZEN (1698) de 4 claviers et pédalier, 54 jeux de l'Eglise du Rédempteur, LES 6 SONATES EN TRIO, par trop identiques dans la régistration, alors que cet instrument permettait des variantes. La 3e voix du Trio au pédalier, par trop effacée avec un seul jeu, déséquilibre la composition alors que 3 jeux étaient possibles au pédalier avec la soubasse de 16, l'Octave de 8, ou le gedeckt de 8 et la flûte de 4 et qui auraient stabilisé les 3 voix égales de la polyphonie. Les claviers registrés systématiquement sur des jeux dans l'extrême aigüe est tout à fait contestable et peu audible, polyphoniquement et esthétiquement parlant !

Pour le 3e exemple, nous avons choisi le chef d'aeuvre absolu de la littérature d'orgue, la PASSACAILLE & FUGUE en ut mineur BWV 582, d'une durée de 15 minutes environ, sommet de tout oeuvre d'orgue qui évoque la mécanique céleste sous tendue par une étonnante présence spirituelle ; construite sur une basse obstinée de danse lente à 3 temps sur 15 notes de 8 mesures et 15 variations.
Qu'est-ce qu'une PASSACAILLE ? Une danse de cour d'origine espagnole, de mouvement lent et de caractère grave. Au XVIIIe siècle, elle devint une grande pièce instrumentale qu'illustrèrent Buxtehude, Pachelbel et J. S. Bach.
(De l'espagnol «pasacalle » de «pasar », passer, et de « calle », rue. Soit textuellement, « passer dans la rue » !)

L'introduction du thème mélodique, qui parcourt toute l'oeuvre, revient 30 fois et se promène dans une écriture à 4 parties, du grave au médium et à l'aigue. Un tour de force d'écriture contrapuntique et harmonique. Sans conteste la partition la plus difficile, la plus étonnante et la plus polyphoniquement serrée de BACH.
Malheureusement la plupart des organistes n'ont ni compris ni senti la dimension cosmique exceptionnelle de cette oeuvre et leur régistration antinomique à l'écriture en détruit la perception et donc la portée.

L'exposition du magnifique thème en ut mineur de 15 notes à 3/4 sur 8 mesures en valeur de noire- blanche alternée , instaure d'emblée un geste hiératique dans la solennelle et majesté grave de sa tonalité d'ut mineur. Nous ne décrypterons pas le symbolisme impressionnante des nombres et de la mystique sous-jacente qui trame et construit cette partition. De toute évidence l'écriture de la partition expose ce thème de la PASSACAILLE dans le registre le plus grave du pédalier de l'orgue. Il doit donc apparaître dans les profondeurs du firmament comme l'indique la partition dans une nuance pianissimo, avec des jeux de fond, Bourdon de 16. L'entrée des claviers expose une première variation, sorte de questionnement méditatif grave, à la fois serein, calme et douloureux dans son harmonie et ses rythmes syncopés.
Le déroulement des 15 variations doit rester immuable dans la régularité de son tempo qui en fait une force tranquille en suivant un crescendo constant avec modification des timbres à chaque variation pour finir en apothéose. Certaines batteries dans la fugue dont le contre sujet est combiné avec celui de la passacaille confèrent une profondeur sidérale d'éternité !

Il ne faut pas oublier que la math-thématique Bachienne à quelque chose de cosmique dans la marche inexorable du temps. BACH ne supporte absolument pas le rubato propre à CHOPIN dont l'écriture rythmique à la même régularité que celle du Cantor ! Pour BACH, seulement cette règle musicale générale, d'un rallentendo sur la mesure finale. Ici les deux dernières mesures notent un « molto ritenuto » et les deux dernières mesures de la fugue un « Adagio ».
L'écriture même de la partition dicte sa régistration. Si le thème d'entré au pédalier est exposé forte sur les jeux d'anche, ou des 8 pieds, comme le font à contrario presque tous les organistes, c'est fini avant de commencer : la portée de l'oeuvre est détruite, le mystère naissant de sa beauté, sa subtilité et sa profondeur sont alors gommées et tout le reste se déroule dans une absence de nuance qui fatigue une écoute trop chargée, qui alors décroche et ne peut plus suivre les subtiles variations du discours de l'écriture polyphonique, ce qui est un comble pour un tel chef-d'oeuvre !

Je n'ai jamais compris que tous les organistes que j'ai entendue soient passés à côté de la signification ontologique de cette partition, sauf un, à ma connaissance ! Erich VOLENWIDER à l'Eglise ENGE de Zurich dans un enregistrement des années 60 chez Concert Hall.

Avec cet exemple, est donc soulevé le problème fondamental que pose à l'orgue la restitution sonore d'une partition, encore beaucoup plus problématique qu'à l'orchestre ainsi qu'à tout autre instrument et qui reste une abstraction mathématique, jusqu'au temps qu'elle s'incarne dans la vie d'un musicien subtil et inspiré qui n'est que le serviteur de l'oeuvre, alors que la mode est de se servir des oeuvres pour se faire valoir dans la mondanité ! Triste médiocrité.

SUR LA PASSACAILLE PAR CHAPUIS
Sur le CD2, Chapuis prends au départ le thème à 54 à la noire, mais le 3e temps est inexplicablement écourté par une faute rythmique élémentaire de mesure et les accélérations progressives, les ruptures de tempo, il expédie littéralement « la danse lente » dans le sens primaire du vocable, le « passer dans la rue », fiévreusement en 12 :30 au lieu des 16 à 17 minutes requises :
La PASSACAILLE compte 168 mesures et la FUGUE 123 mesures à 3 temps : soit 291 mesures X 3 = 873 temps. Avec une règle de trois, la durée de l'oeuvre est précisément calculable * avec 54 à la noire (départ de Chapuis) la passacaille devrait durer 16:10 !
Avec un 50 à la noire, elle dure 17: 27, sans le ritenuto et l'adagio final, soit une des 7 plus longues pièces d'orgue de BACH !
(* c'est comme cela que procède la SACEM à la lecture des partitions pour rémunérer sur la durée les droits d'auteurs!)

Beaucoup de musiciens ont des lacunes rythmiques et ne maîtrise pas la régularité de la pulsation temporelle comme le découpage conscient du temps jusqu'au 1/10e de seconde, sans lesquelles la maitrise du tempo, de la vie de la musique n'est guère possible. (Voir CELIBIDACHE)

Le plus surprenant est l'irrégularité rythmique élémentaire solfégique d'une mesure à 3 temps, composée d'une blanche et d'une noire, soit le thème mélodique de la Passacaille de 8 mesures sur 15 notes. CHAPUIS presse le 3e temps sans s'en apercevoir !!! Ce qui introduit un malaise temporel et retire dès l'entrée en matière l'extraordinaire sérénité de cette musique unique, aggravé par une régistration inadéquate, car ce thème, qui devrait surgir des profondeurs du pédalier de l'orgue sur du 16 pieds en jeux de fonds, est d'emblée mis en lumière par des 8 et 4.
Dès l'entrée des contre-chants aux claviers, il presse également les contretemps du 2e temps qui perdent leur impact de stabilité et induit une arythmie antithétique, un précipité bousculant la régularité immuable et absolu du tempo que donne la basse obstinée du thème mélodique de la Passacaille et accélère au fils des 15 variations, ce qui est un contre sens, et cette magnifique méditation s'éteint, indifférente à son contenu extraordinaire ! Si La 7e variation est réussie, dans sa régistration, elle détonne sur la suite sans esprit de suite ! Par contre la 9e variation, constituée de triolets de doubles aux deux manuels, est peu audible car couverte par le thème de la passacaille tonitruant au pédalier !

Le conseil serait d'éviter d'écouter un CD d'affilé sur les 6 premiers qui contiennent toutes les toccatas, les préludes et fugues et les fantaisies. C'est cependant une expérience à faire pour en mesurer l'uniformité.

SUR LES CHORALS
La musique de BACH est toujours d'une écriture limpide dans un équilibre horizontal et vertical, soit le contrepoint et l'harmonie en parfait équilibre.
Un nombre important des 45 pièces savoureuses de L'ORGELBÜCHLEIN sont littéralement massacrées, et je pèse mes mots, par des vitesses doublées et des régistrations absurdes, chargé d'anches 16,8 et 4 qui écrasent la musique, ce qui est antinomique à leur contenue, puisqu'un choral est bien une prière, une supplication ou un hymne de joie ! Pour exemple le premier choral BWV 599, tonitruant et expédié en 52 secondes ! Soit 10 mesures à 4/4 avec doubles croches. Or, il faut décomposer la croche à 66, ce qui donne une durée exact de 2 minutes !!! « Viens maintenant sauveur des païens » ! Il y avait donc urgence à les sauver !

Nous connaissons parfaitement ces 45 chorals de L'ORGELBÜCHLEIN pour les jouer quotidiennement. Ils sont chargés d'une écriture constante de 4 à 5 parties. « Or, plus c'est riche et plus on ralenti » (CELIBIDACHE)
Quelques chorals échappent au massacre comme par exemple les 19, 20, 21, 24, 26, 29 à 31, 35 à 37, 39, 41, 42, 44 et quelques autres. Le 40, n'est pas complètement idoine puisque la mélodie sur le récit est en retrait par rapport à la partie de la main gauche, un accompagnement arpégé qui domine beaucoup trop. Mauvais choix de régistration.
Le 43 est écrasé par le poids lourd des anches et la vitesse, dans une confusion sonore, alors que des fonds de 16,8 en auraient aéré la texture ! Michel CHAPUIS aurait dû s'en remettre à l'édition BACH majeure, célèbre et irremplaçable de Marcel DUPRE, ce qui lui aurait évité tant d'erreurs d'appréciation.
Au terme de ce survol, nous constatons que le sentiment est toujours mauvais juge, et que l'oreille ne suffit pas à juger, si fine soit-elle, il faut la connaissance interne du sujet qui ne s'obtient que par la pratique raisonnée, ce qui est très long en musique.
Nous constatons une dégradation musicale générale dans la nouvelle génération d'organistes, résultat de l'effondrement de l'éducation musicale et de l'inculture généralisée remplacée par les gadgets électroniques, phénomène d'acculturation de la décadence de l'Occident. Ainsi, depuis 30 ans les enregistrements d'orgues de BACH sont absents de vie et de métaphysique.

Aussi quelques grands anciens, restent des modèles, plus ou moins prégnants. Acteur principal du renouveau de l'orgue français et d'une nouvelle lecture des oeuvres anciennes, en particulier de J. S. Bach, André MARCHAL (1894-1980, dont je fus l'élève) et Marcel DUPRE (1886-1971) qui n'ont malheureusement pas fait d'intégrale BACH, ce n'était pas la mode des intégrales !
En premier, Helmut WALCHA (1907-1991) spécialiste incontesté du Cantor, les deux versions, mono et stéréo sur des orgues historiques - édition ARCHIV pour le livret en 3 langues très documenté - comme son oeuvre au clavecin (EMI), des BACH thésaurisables, musicalement exceptionnel pour les connaisseurs éclairés, il faut bien commencer un jour si vous voulez le devenir !

André MARCHAL était aveugle de naissance, tandis que Helmut WALCHA le fut à l'âge de 16 ans. Le néophyte ne peut pas comprendre ce que représente le tour de force de savoir de mémoire toute l'oeuvre de BACH pour clavier (soit près de 30 heures de musique, et pas seulement Bach) sans pouvoir lire avec ses yeux ! (trop long à expliquer). Et bien sûr, André ISOIR et les deux versions de Marie claire ALAIN (un vrai gendarme en jupons!) La version de Jean GUILLOU, enregistrée lors d'un marathon de concerts à Saint EUSTACHE, évite le légato perpétuel et constitue un document sur le vif où toute faute est interdite.

III - SUR LA FAILLIBILITE DE LA CRITIQUE dites « PROFESSIONNELLE ».

Dans son commentaire, Mélomaniac, comme toujours très pondéré et prudent à l'excellente idée d'évoquer q.q. citations de critiques dans les journaux de l'époque, qu'il ne trouve d'ailleurs pas très satisfaisantes et dont on constate une vacuité certaine dans la formulation.

Bien avant la disparition de la revue REPERTOIRE, nous avions rencontré Christophe HUSS, son directeur, lors d'un salon de la Musique au grand Palais et nous lui avions alors posé la question : « Quelle sont les capacités exigées pour être critique musical dans votre revue, faut-il être musicien ? ». Il me fut répondu, « Ce n'est pas nécessaire, il faut être littéraire, faites-moi un papier de critique, je vous répondrais ».
Peu de temps après, la revue publiait un numéro spécial où elle présentait ses 28 collaborateurs et chacun y allant de son pédigrée personnellement rédigé. Seulement 2 sur 28 présentaient un vague bagage musical !

Un dénommé J.B. Prof. à l'EN avouait avoir découvert la musique classique à 20 ans et devenait critique musical à 23 ans et qui plus est spécialisé dans le piano !!! Une de mes élèves pianiste était aussi professeur dans le même lycée. Voulant nouer un contact, elle fut illico presto rembarrée ! Cet énergumène employait la même expression que le commentaire d'un Paul de Louit parlant de Michel CHAPUIS et que cite Mélomaniac :
« SOUS SES DOIGTS qui dès L'ATTAQUE VONT CHERCHER LE SON AU FOND DU CLAVIER » !!! Une réflexion surréaliste qui n'a aucun fondement physique. Au fond du clavier, il ny a rien que la pesanteur de l'attraction terrestre ! Il faut n'avoir jamais touché un clavier pour proférer une telle absurdité et nous allons vous le prouver :

En ce qui concerne l'orgue, comme le clavecin d'ailleurs, le toucher n'a strictement aucune influence sur la sonorité et la dynamique, contrairement au piano. Il ne réclame que la précision puisque le poids et la vitesse n'y influent pas. Dans le cas de transmission mécanique des claviers et pédaliers, un système de tringle ouvre le clapé qui ferme et ouvre le tuyau, libérant ainsi instantanément l'air avec un chuintement caractéristique de son d'échappement entrant dans « la lumière », la lèvre du tuyau produisant le son. Le clapé est donc ouvert ou fermé, il ne peut donc pas y avoir de progression, c'est ouvert ou fermé !
Dans la traction électrique, même phénomène, le contact métallique libère ou pas l'électricité, pas d'entre les deux. « Le fond du clavier » ne peut donc s'entendre, il ne peut être que visible, ce qui serait un mauvais signe de raideur incontrôlé du poids des bras !
Le problème technique subtil que pose la maitrise des claviers, est qu'il faut libérer juste le poids nécessaire pour enfoncer une touche, que ce soit pour les différents types d'orgues exerçant des résistances différentes qui s'additionnent par accouplement des claviers entre eux et selon le nombres de jeux, donc des résistance variables qui complique énormément la pression du toucher, qui une fois l'action faite ne doit absolument pas presser le fond du clavier, car le son a été libéré bien avant et presser le fond du clavier reviendrait à bloquer la réaction de ses influx nerveux !
Idem pour le clavecin dont la résistance consiste dans le pincement d'une corde et dont la résistance s'additionne par l'accouplement de claviers et des jeux en exercices.
Pour le piano 50 à 60 grammes, soit le poids d'un doigt suffit pour enfoncer une touche pour lancer le marteau, après, il est inutile d'en serrer le fond. Mais le toucher du piano est infiniment plus complexe que nous n'aborderons pas ici.

Nous avons vu jouer Michel CHAPUIS. Son éducation aux claviers a visiblement manqué de rigueur comme tous les musiciens aux claviers qui n'ont pas été formé à l'aveugle, c'est-à-dire l'interdiction de regarder ses mains et ses pieds en ce qui concerne l'orgue. Il faut savoir par expérience personnelle comme par enseignement, que la pression nerveuse exigé par la recherche de ses doigts et de ses pieds ne permet pas de lire vraiment la partition d'une extrême complexité à l'orgue avec 3 portées et de 3 à 6 voix constantes où les pieds doivent jouer simultanément et souvent aussi vite que les doigts, entre les coups d'œil jeté plus ou moins furtivement pour ne pas dérailler. Ainsi s'installe une fébrilité dont le tempo s'en ressent fatalement et les quelques moitiés de secondes régulièrement perdus par l'attention sont très préjudiciables à la maîtrise de la régularité dans une tension funambulesque. Les micros intervalles de temps desquels surgissent toute l'expression musicale en est gommée car l'attention auditive en est fatalement plus ou moins fortement perturbée et la réactivité en est fortement diminuée.
C'est la raison pour laquelle MARCHAL comme WALCHA étaient libérés de cette terrible et fébrile servitude. C'est pourquoi leur jeu est empreint d'une grande sérénité. Le génie de Papa MOZART est aussi d'avoir placé, dès le départ sur le clavecin, un dispositif de drap tendu au-dessus du clavier pour conditionner le petit Amadeus à construire le clavier dans sa tête par le toucher et non par les yeux, les libérant ainsi pour lire la musique. C'est ainsi que nous procédons avec nos élèves.

CONCLUSION
On peut être séduit par ce qui vous en met plein les oreilles, mais une écoute fatigante et compacte la plupart du temps. Certes les jeux des orgues peuvent séduire pour ceux qui ne connaissent pas bien l'instrument et sa discipline, mais la musique en souffre. Michel CHAPUIS a donc les qualités de ses défauts, qualités qui peuvent séduire si l'on reste sourd au reste et nous comprenons que l'on puisse se laisser prendre, car chacun entend selon sa constitution.
(Voir les REMARQUES dans CELIBIDACHE II BRUCKNER à ce sujet)

Cependant le sentiment est faillible et il est toujours mauvais juge. L'oreille ne suffit pas à juger, si fine soit-elle, si elle n'est pas informée par la connaissance interne du sujet qui ne s'obtient que par la pratique raisonnée de la matière observée, ce qui est très long en musique car il faut aller au-delà.
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Afficher les messages 1-10 sur 107 de cette discussion.
Message initial: 18 déc. 11 12:34:47 GMT+01:00
wotan dit:
Voici une véritable analyse musicale comme on aimerait en lire plus souvent.
Quelle intégrale bien enregistrée recommandez vous?
Walcha I est réédité en série économique mais que vaut la prise de son?

Bien cordialement

Papageno

En réponse à un message antérieur du 18 déc. 11 16:27:20 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 18 déc. 11 16:28:36 GMT+01:00
L' AIGLE dit:
A estivalezes
Merci de votre appréciation. Pour les intégrales se pose toujours la difficulté de la continuité du niveau maintenu ou pas. WALCHA I d'après le souvenir que j'en ai (pas accessible pour l'instant, perdue dans mes cartons) est d'une extraordinaire présence, et faites sur des factures d'orgues très différentes de WALCHA II enregistré sur de plus grandes orgues.
Il est d' ailleurs intéressant d'avoir les deux, étant donné que WALCHA I a été réédité à un prix très faible.
L'intégrale d'André ISOIR n'est plus disponible (ici à un prix exorbitant !) depuis que Jacques Calvé, l'éditeur, écoeœuré, s'est retiré. Mais un autre label a repris une partie de son fond (Voir DIAPASON de ces derniers mois)
Je ne connais pas toutes les intégrales de fond en comble mais les organistes dont des extraits ne m'ont pas toujours convaincu.
Je vous signale « le Clavier Bien Tempéré / Variations Goldberg (Coffret 5 CD à 15€ !) par WALCHA chez EMI, une merveille de musicalité et d'articulation.
Cordialement

En réponse à un message antérieur du 18 déc. 11 17:04:48 GMT+01:00
wotan dit:
Cher Monsieur,

Merci pour vos précieux conseils.
Je choisis Walcha I et suis impatient de découvrir cet organiste dans le clavier bien tempéré et les variations Goldberg.
Ayant eu la chance d'entendre un grand nombre de concerts dirigés par le maestro Celibidache eu Europe, je partage pleinement votre enthousiasme sur ce génie intemporel.

Bien cordialement.

PS: habitant Paris, quel organiste me conseillerez vous d'entendre dans une église le dimanche.

En réponse à un message antérieur du 18 déc. 11 17:35:47 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 20 déc. 11 12:26:48 GMT+01:00
L' AIGLE dit:
A estivalezes
Paris est la Ville la plus riche et la plus peuplée en orgues, dans les 200 ! Cependant tous ne sont pas prestigieux ou historiques.
Tout d' abord, les concerts à NOTRE DAME tous les dimanches à 16h où des organistes du monde entier y sont invités, une institution prestigieuse.
De visu, à SAINT EUSTACHE (Jean GUILLOU) à LA MADELEINE, à SAINT SULPICE (l'orgue de Marcel DUPRE), à LA TRINITE (celui de MESSIAEN) à la Basilique SANIT DENIS (le 1er Cavaillé-Coll)
Ces 4 orgues étant tous des Cavaillé-Coll. Je vous recommande de taper sur Google : Les orgues de Paris. Si vous avez du temps vous pouvez consacrer un dimanche pour chaque orgue et de vous munir des horaires des récitals, souvent précédant la messe de 11h.
Cordialement

En réponse à un message antérieur du 29 déc. 11 16:22:06 GMT+01:00
wotan dit:
Cher Monsieur,

Merci de m'avoir conseillé Walcha dans le clavier bien tempéré et les Goldberg.
Quelle musicalité! Quel sens du phrasé! Quel immense musicien ( ce que dans mon esprit, je distingue d'un claveciniste ou d'un organiste. Il y en a tant qui émettent des sons mais sont strictement incapables de jouer une note de musique!)
Ce musicien joue Bach avec ferveur, rigueur et un sens de la musique inoui.

Bien à vous.

En réponse à un message antérieur du 29 déc. 11 23:50:34 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 29 déc. 11 23:51:58 GMT+01:00
L' AIGLE dit:
A l'évidence vous avez une très bonne oreille, doublée d'un sens musical que des musiciens professionnels ne possèdent pas toujours, je dirais plus rarement. Ces qualités naturelles vous permettent de goûter à fond la saveur des subtilités d'une musique habitée par ses vrais serviteurs, et non ce qui se servent de la technique de l'art pour se faire mousser, comme c'est de plus en plus le cas, à cause de la perte de la culture et de la contre éducation basée sur le laxisme qui enfle l'ego en tuant l'esprit et la sensibilité qui n'émane que de la rigueur assumée.
Cordialement

En réponse à un message antérieur du 2 janv. 12 20:29:22 GMT+01:00
wotan dit:
Cher Monsieur,

Walcha dans Bach à l'orgue est étonnant de pure musicalité.
Tout ceci me renvoie à mes amis et musiciens absolus que j'ai tant entendu "on live" : Arturo Benedetti Michelangeli et Vladimir Horowitz. Ligne de chant d'une pureté et musicalité incroyable!
Le texte reste limpide et tente de transmettre, via le disque, l'écriture de Bach. Mais rien ne remplace la musique, comme la danse,le théâtre, lorsque nous pouvons les vivre au moment où l'art se produit...C'est à dire au théâtre, au concert, à l'opéra... ou si l'art ne se produit pas, tant pis pour nous!

Bonne et heureuse année 2012 où la morosité ambiante ne peut que nous inciter à faire la fête et à vivre intensément.

Philippe Estivalèzes

En réponse à un message antérieur du 4 janv. 12 10:41:20 GMT+01:00
[Supprimé par l'auteur le 4 janv. 12 10:42:18 GMT+01:00]

En réponse à un message antérieur du 4 janv. 12 10:42:42 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 4 janv. 12 10:51:20 GMT+01:00
L' AIGLE dit:
A Estivalèzes
Merci de vos bons vœoeux et recevez en retour les miens qui ne peuvent être que chaleureux et à la mesure de votre enthousiasme de la justesse de ce que vous dites.
Lisez mon dernier commentaire sur la 1er intégrale DVORAK par NEUMANN et surtout les REMARQUES, toujours intéressantes d'internautes humbles et sensibles, intelligents et cultivés.
D'autres provenant de pauvres malades mentaux, furieux, envieux et jaloux. Paix à leurs âmes blessées, ils ne savent pas qu'ils se font du mal à eux-mêmes et qu'ils abrègent leurs existences en haïssant au lieu d' aimer, passant ainsi à côté du sens de la vie.
Bien cordialement

En réponse à un message antérieur du 21 janv. 12 12:37:07 GMT+01:00
Dernière modification par l'auteur le 21 janv. 12 12:46:21 GMT+01:00
EB dit:
Merci pour votre analyse, dont je partage l'esprit et l'avis (même si, par ailleurs, je ne partage pas vos convictions spirituelles et religieuses, c'est le moins que je puisse dire)... Je n'écoute plus jamais les critiques depuis bien longtemps, préférant juger par moi-même, en faisant confiance à ma sensibilité et mon oreille, au risque de me tromper sur la valeur d'un interprète (mes connaissances techniques sont bien inférieures aux vôtres), mais au moins pas sur ce que j'aime vraiment, et cultivant mon propre goût, ignorant les modes... Ça m'a amené à débusquer bien des gloires injustifiées... Et, comme vous, je me sens souvent agressé par Chapuis, autant par son jeu que par son choix de sons affreusement aigus et puissants... Je n'ai pas acheté cette réédition, mais n'écoute plus jamais l'édition vinyle qui croupit dans ma discothèque... Je préfère nettement l'intégrité de MC Allain, si facilement dénigrée aujourd'hui, et trouve Walcha d'une poésie et d'une profondeur uniques (par contre, j'avoue que le son du clavecin qu'il utilise pour les Goldberg et le Clavier bien tempéré ne facilite pas le plaisir d'écoute, quand on est habitué aux magnifiques instruments d'aujourd'hui)... Et j'espère une réédition bon marché de l'intégrale d'Isoir...
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