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4.0 étoiles sur 5 Un Faust de laboratoire, 28 mars 2014
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Ce commentaire fait référence à cette édition : Faust (DVD)
On a connu deux mises en scène mémorables de cet opéra : celle de Vienne, avec Ken Russell (dont le chef d'œuvre "Les Diables" vient de sortir en DVD en Angleterre) et celle du Covent-Garden, avec le génial David McVicar. Toutes deux faisaient la part belle au baroque, à la dérision et à la provocation. Ici, avec Des McAnuff, rien de tout cela : du début à la fin nous sommes dans un laboratoire avec, à gauche et à droite, un escalier en colimaçon qui montent vers une sorte de rambarde dominant la scène, et où pourront évoluer et observer certains personnages. Le propos est sérieux, car il s'agit des relents de la bombe atomique et de l'entre-deux guerres. On voit passer des laborantins qui prennent des notes, on voit même des zombies qui semblent tout droit sortis de quelques explosions nucléaires...
De ce décor sommaire, on ne retiendra rien, et surtout pas ce mouvement de tables que l'on amène et que l'on ramène sans arrêt, et qui ne servent à rien, on oubliera aussi la prison ridicule où Marguerite est enfermée... On oubliera tout le reste d'ailleurs, même les chœurs, qui paraissent sous-dirigés par rapport à ceux (exceptionnels) du Covent Garden. Oui, on oubliera tout ça car on n'aura d'yeux que pour les interprètes. Jonas Kaufmann semble, depuis quelque temps, s'être fait une identité vocale en diminuant considérablement le volume de sa voix pour, quelques instants après, et dans la continuité de son souffle, l'enfler et la faire sonner dans la splendeur et la force de l'aigu. En cela, il devient le digne successeur du fantastique Franco Corelli des années 50. Mais le plus impressionnant reste tout de même René Pape, dont personnellement j'appréhendais la pratique de la langue française, si importante dans ce genre de rôle. Eh bien, elle est tout simplement remarquable. La voix est riche, bien timbrée, et le personnage reste sobre dans sa méchanceté : son air du "Veau d'or" lui vaut une ovation méritée du public. Le Valentin de Russell Braun est convaincant, massif, et dramatique à souhait dans ses imprécations contre sa pauvre sœur. Cette dernière est incarnée par Marina Poplavskayqa qui a fait son chemin depuis sa Desdemona de Salzburg avec Riccardo Muti. On peut lui préférer tout autre soprano dans ce rôle (et surtout Angela Gheorghiu, qui lui est 100 fois supérieure à Londres) mais on ne peut nier sa caractérisation de cette jeune fille abusée par deux êtres méprisables qui se comportent avec elle comme s'il s'agissait de l'un des cobayes de ce laboratoire où ils évoluent tous les deux.
Le chef d'orchestre Nézet-Séguin, dont on avait appréciait la fougueuse Carmen sur cette même scène du MET, est très attentif à une partition qu'il semble aimer profondément. Une belle représentations, en somme, mais qui vaut surtout pour les chanteurs, et non pas pour la mise en scène..
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Message initial: 30 mars 14 11:49:44 GMT+02:00
Eliacin dit:
Je me permets de rebondir sur votre phrase initiale: on a connu deux mises en scène mémorables de cet opéra.

Je n'aime pas beaucoup Faust (et c'est la raison pour laquelle je ne connais pas le DVD du Met, quoique votre analyse très fine donne envie de s'y intéresser), mais j'ai découvert sur YouTube une production remarquable, datant d'une vingtaine d'années, mise en scène par Robert Carsen, et que j'ai regardée / écoutée avec un très grand plaisir - ne serait-ce aussi qu'à cause du Méphisto royal de Samuel Ramey

https://www.youtube.com/watch?v=9QSaH-B9TGU

La qualité d'image et de son n'est vraiment pas terrible, mais si vous avez l'envie et le temps d'y jeter un coup d'½il / d'oreille, j'espère qu'après cela vous pourrez parler de 3 mises en scène mémorables. :-)

Bien à vous

Eliacin

En réponse à un message antérieur du 31 mars 14 08:38:11 GMT+02:00
Merci, Eliacin, pour votre message. Je connaissais déjà cette production de Genève 1995, et qui est toujours disponible (intégralement - 2h45) sur Youtube. Je l'avais trouvé intéressante, quoique un peu trop "baroque" et pas assez "moderne", mais bon...Samuel Ramey, dans les années 90, était le baryton-basse le plus demandé, à cause de sa voix, mais aussi de sa prestance, de sa culture et de son intelligence. Malheureusement, il continue à chanter, des petits rôles, certes, mais sa voix a perdu tout son charme (son rôle de Vieux-Beau-Riche dans la récente "Rondine" est excécrable vocalement). Dans cette production de Genève on peut admirer aussi le ténor Sabbatini, qui chante son grand air ("Salut...") avec beaucoup de goût et de nuances, mais hélas, la pauvre Marguerite de Deborah Riedel, connue seulement en Australie, et qui devait mourir d'un cancer 5 ans plus tard, n'est absolument pas crédible! Et c'est ce qui, à mes yeux, rend cet enregistrement difficilement acceptable. Dommage.
Amicalement.
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