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4 internautes sur 4 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Le Saint Graal des Stones..., 29 septembre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Exile on Main Street (Deluxe Edition Digipack) (CD)
Exile On Main Street, un des plus grands albums des Stones et pourtant, le moins connu du grand public. Très peu de hits sur cet album mais de nombreuses perles qui, années après années, ont contribué à faire d'Exile, un album légendaire, chéri par de nombreux rockers de tous âges. Et c'est bien là le signe d'un grand disque : depuis près de 40 ans, Exile ne cesse de rallier à sa cause toujours plus d'aficionados, quelque soit leur âge, des plus jeunes, rockers en herbe en quête d'une culture musicale la plus exhaustive possible, aux plus âgés, qui - personne n'en est à l'abri - sont passés à côté du chef d'oeuvre à l'époque de sa sortie, à l'orée des seventies.

Bon, on ne va pas refaire l'histoire archi connue de la genèse de ce double album, mais quand-même... rappelons que la plupart des sessions se sont déroulées en France, dans la cave pourrie de la Villa Nellcôte louée par Keith à Villefranche Sur Mer en cette année 1971. Véritable auberge espagnole, Nellcôte verra défiler une ribambelle de copains, copines, amis, dealers et autres parasites attirés par la joyeuse anarchie qui règne en ces lieux.

Le reste - des Stones qui fuient l'administration fiscale de leur pays, des sessions chaotiques qui se déroulent dans une ambiance décadente (sex, drugs & rock n'roll), sulfureuse mais néanmoins ultra créative - appartient à l'Histoire et surtout à la légende et a largement été relaté dans de nombreux ouvrages et documentaires de qualité variable. Et même si les versions diffèrent d'un protagoniste à l'autre - la propension de chacun des Stones à refaire l'Histoire n'est quant à elle pas une légende - on peut tout de même sans grand risque de s'égarer, se faire une idée assez précise du tableau que devait offrir cette petite communauté déjantée, aux locaux franchouillards que l'on imagine médusés...

C'est donc dans ce contexte que les Stones gravent la plupart des titres qui composeront le double album à venir mais, fait assez marquant pour être souligné, ne se retrouveront que très rarement (jamais selon certaines sources) au grand complet dans la cave miteuse qui sert de studio d'enregistrement. Chacun bosse dans son coin, amène sa contribution quand il le veut et quand il le peut, à toutes heures du jour et de la nuit, vacant à ses propres occupations le reste du temps... Tous ne résident pas sur place, notamment Charlie qui ne passe que ponctuellement pour apporter sa contribution rythmique aux morceaux composés par Jagger et Richards. Exile est donc loin d'être un modèle de cohésion... et pourtant, il n'en est pas moins cohérent. Une cohérence qui aurait également pu être mise à mal par l'apparent éclectisme des compositions. C'est du moins ce que ressent généralement l'auditeur à la première écoute. C'est l'un des mystères soulevés par Exile : comment, dans un contexte et environnement aussi débridés, ce disque peut-il apparaître aussi cohérent ?

D'un point de vu strictement musical, les influences sont multiples mais c'est bien du côté du blues et de la country music que l'album penche : accords blues, harmonica, pedal steel sont régulièrement convoqués... Pas un hasard, lorsqu'on apprend que Gram Parsons, celui qui a donné ses lettres de noblesse au courant country rock avec ses Flying Burrito Brothers puis en solo, au cours d'une trop brève carrière interrompue en 1973 par une overdose, résidera durablement à Nellcôte (il ne sera pourtant crédité sur aucun des titres de l'album), nouant une amitié solide avec un Keith Richards admiratif, qui n'aura de cesse par la suite, de souligner l'influence de Parsons sur le répertoire des Stones et sur le rock en général. Les cuivres omniprésents, chauffés à blanc, achèvent de donner aux 18 titres d'Exile cette couleur incandescente qui marquera au fer rouge des générations entières d'auditeurs.

Petite revue sélective des titres d'Exile : Rocks Off, rock carré et cuivré à souhait ouvre le bal, Rip This Joint est un blues endiablé qui tourne rapidement boogie-woogie, Shake Your Hips, autre blues, préfigure La Grange, le plus célèbre des titres de ZZ Top (copieurs !), Casino Boogie et Ventilator Blues sont... des blues à la sauce Rolling Stones mais dans le respect de la tradition du blues américain. Trumbling Dice, est l'unique tube d'Exile qui aura la lourde charge de représenter l'album dans les innombrables compilations qui paraîtront par la suite. Sweet Virginia est une folk song matinée de gospel. C'est une merveille qui offre à Richards une aire de jeu idéale pour ses digressions guitaristiques. Torn And Frayed et ses guitares country précède un des sommets de l'album : Loving Cup et sa rythmique funky mid tempo. Happy et All Down The Line repartent sur des bases plus rock n'roll, avec toujours ces cuivres omniprésents. Let It Loose vire soul music alors que Stop Breaking Down fait la part belle au bottleneck. On ne présente plus Shine A Light dont le titre a été repris par Scorsese pour son long métrage sorti en 2008. La chanson est un vrai bijou, tout en progression depuis le chant/piano d'introduction, rejoint ensuite par l'orgue Hammond puis les guitares inspirées de Richards et Taylor, la basse funky de Wyman et le final avec ses choeurs gospels. Même recette que pour Loving Cup, même réussite absolue, on en reste baba... L'album s'achève avec Soul Survivor de facture assez classique.

L'édition 2 CD remasterisée ici chroniquée vaut les quelques euros supplémentaires que vous en coutera cet achat (vu que vous allez l'achetez et non le télécharger, n'est-ce pas ?). Jugez par vous-même : outre la tracklist d'origine, 10 inédits sont proposés sur le second CD, versions alternatives, instrumentaux ou réels inédits. Bon, calmos quand même... rien de transcendant dans ce surplus, juste cette douce excitation et ce plaisir complice, de découvrir, près de 40 ans plus tard, du matériel nouveau gravés par les Stones de la grande époque. Mention spéciale tout de même pour Pass The Wine, Plundered My Soul, Following The River, Dancing In The Light et Good Time Woman, bref, je m'en rends compte en l'écrivant... la quasi totalité du second CD !!!

Dans une stratégie maintes fois repérée chez Jagger, visant à dénigrer toute ou partie de l'oeuvre des Stones pour mieux souligner leur suprématie sur leurs contemporains (dévaloriser une oeuvre unanimement encensée revient inévitablement à souligner la médiocrité des oeuvres concurrentes), celui-ci cherchera régulièrement à relativiser l'importance et l'impact de cet album. Au risque de contrecarrer ses plans machiavéliques, affirmons le ici, sans détour, Exile est un disque référence dans la désormais longue carrière des Stones. Il achève une quadrilogie studio quasi parfaite (Beggars Banquet, Let It Bleed, Sticky Fingers, Exile On Main St... excusez du peu !) qui permettra aux Stones de passez des 60's aux 70's, avec ce qu'il faut de reconnaissance et de légitimité artistiques pour pouvoir envisager une carrière à rallonge, mais ça... les Pierres Qui Roulent ne pouvaient pas s'en douter à l'époque, tout au plus le fantasmer...

Et pour quelques euros de plus, l'achat et le visionnage du documentaire The rolling stones/stones in exile (The French Connection), récemment réédité en DVD, sont fortement recommandés. Un éclairage complémentaire sur le contexte et processus créatifs de l'album où l'on apprend pas mal de petits détails croustillants de la bouche même des protagonistes et témoins de l'époque. On y croise également quelques uns des disciples d'Exile, des artistes contemporains ou en vue, ultra célèbres pour certains, sur lesquels l'album a eu une influence majeure, voire, les a carrément sauvés... "Exile saved my life" pourrait on dire...
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Message initial: 5 oct. 10 20:27:14 GMT+02:00
Un très bon commentaire, documenté et fouillé.

Seul bémol, une incohérence de taille : comment "dénigrer tout ou partie de l'½uvre des Stones" peut avoir pour effet de "mieux souligner leur suprématie sur leurs contemporains (dévaloriser une ½uvre unanimement encensée revient inévitablement à souligner la médiocrité des ½uvres concurrentes)"????
Si je dis que les albums des Stones sont médiocres, relativement à ces albums, ceux des Beatles ne deviennent pas pour autant médiocres, par je ne sais quel tour de passe-passe!!! Le raisonnement est évidemment toutes choses égales par ailleurs.
Dire que les Stones sont nuls, ça ne rend que plus géniale l'½uvre de Jimi Hendrix (ou n'importe qui d'autre)...
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