Commentaire client

36 internautes sur 39 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 The Final Cut, 11 mai 2011
Par 
Ce commentaire fait référence à cette édition : Blade Runner [Blu-ray] (Blu-ray)
Image somptueuse. Son fantasmagorique. A l'époque de sa sortie, le blu-ray "Blade Runner" était considéré comme le must en matière de restauration HD sur un film "ancien"...

- Ce qu'il faut savoir sur ce dvd au niveau du contenu : Il propose deux disques mais une seule version du film, celle appelée "Final cut", soit la version "définitive", la plus proche voulue par Ridley Scott lorsqu'il réalisa le film, en 1981. Les quatre autres versions du métrage, à savoir la première, sortie en salle en 1982, la même dite "International cut" avec un peu plus de sang (!), la copie de travail (version "test") de la même époque et la version dite "Director's cut sortie en 1992, ne sont pas au menu.
Franchement, seuls les collectionneurs de l'extrême et les nostalgiques du montage d'origine pourront pinailler quant à la sortie d'une ultime version retravaillée par le metteur en scène lui-même dans les conditions idéales. Le plus important demeurant le somptueux travail de remastérisation qui a permis au "final cut" de rivaliser avec la haute définition des films les plus récents !
Que rate-t-on par rapport à l'édition américaine :
Pour le cinéphile le plus curieux, la copie de travail est passionnante car elle est bourrée de scènes différentes (allant de l'indétectable à celles possédant d'autres dialogues) et contient une bande originale alternative.
La version d'origine fonctionne surtout pour le nostalgique l'ayant découverte à l'époque. C'est la version la plus différente du résultat proposé dans le final cut. Pour la petite histoire, Ridley Scott fut viré avant le montage final et les producteurs rajoutèrent une voix off façon "Mike Hammer" tout en modifiant la fin en insérant un happy-end qui contredisait au passage toute l'histoire et annulait la révélation finale voulue au départ par les auteurs du métrage. Ils enlevèrent également certains des plans les plus sanglants que l'on pouvait néanmoins apercevoir sur la version appelée "Inernational cut"...
Le "Director's cut" de 1992 a bien évidemment été rendu obsolète par le final cut. Non pas à cause de certains plans d'effets spéciaux entièrement refaits (attention, c'est très discret et c'est un travail d'orfèvre, on n'est pas chez George Lucas...), mais surtout par rapport à l'attention apportée, comme dit plus haut, au travail de remastérisation effectué sur le son et l'image.
Le 1° dvd de l'édition française propose donc uniquement le final cut accompagné de trois commentaires audio malheureusement non sous-titrés (!) ainsi que d'une courte introduction de Ridley Scott.
Le 2° dvd propose le documentaire exhaustif de 3h 34 baptisé "Des temps difficiles" qui devrait mettre tout le monde d'accord en termes de making of définitif !
Mais pour les accrocs, le blu-ray américain nommé "Blade Runner (Five-Disc Complete Collector's Edition)" est disponible sur Amazon.com. Il propose les versions en vf et il est encodé all zone !

- Ce qu'il faut savoir sur le film : Il s'agit de l'adaptation très libre d'une des plus célèbres nouvelles de l'écrivain de science fiction Philip K Dick ("Do Androids Dream of Electric Sheep?", 1968), où un petit groupe d'androïdes belliqueux aux capacités surhumaines, conçus pour travailler dans la colonisation de nouvelles planètes, revient clandestinement sur terre pour retrouver son créateur, afin de bénéficier d'une durée de vie plus longue que celle qui lui a été donnée, particulièrement éphémère.
Ridley Scott, tout juste auréolé de son succès sur "Alien, Le 8° Passager" (il n'a auparavant réalisé qu'un seul film : "Les Duellistes", en 1977), se révèle tel un visionnaire génial de la science-fiction cinématographique, comme une alternative sombre et réaliste au créateur de la trilogie "Star Wars", alors en plein cœur du tournage de sa saga ! Il nous dépeint un futur terrestre glauque et mélancolique à travers la vision de décors inouïs, en partie créés par le génial Douglas Trumbull (oui, le même spécialiste des effets spéciaux que sur "2001 L'Odyssée De L'Espace" de Kubrick !) et inspirés des travaux de Moebius, qui traumatiseront toute une génération de cinéphiles et impressionneront rétroactivement George Lucas, qui tentera désespérément d'en retrouver l'essence en imaginant le look de la planète "Coruscant" lorsqu'il s'attellera à la mise en chantier de sa préquelle étoilée...
Le résultat est sublime ! Blade Runner est le premier projet en 55 ans capable de s'élever sur le terrain du mythique "Metropolis" de Fritz Lang en termes de thématique et d'esthétique science-fictionnelle !
Le problème est un peu le même que celui que vécut Orson Welles en son temps : Scott, ultra créatif mais bien peu protocolaire, va peu à peu se disputer avec tout le gratin des producteurs hollywoodiens qui ne lui laisseront plus jamais les coudées franches dans la suite de sa carrière...
A l'arrivée, le film ne connaitra pas le succès qu'il mérite et Ridley Scott en prendra un méchant coup. La faute à une mauvaise promotion publicitaire qui vendra le métrage comme un blockbuster bourré d'action alors qu'il est tout l'inverse. Car en effet, le parti-pris narratif de "Blade Runner" s'apparente davantage au "Mort à Venise" de Visconti qu'à "Star Wars" !
Les qualités de l'œuvre qui nous intéresse ici sont à chercher ailleurs :
- Dans son atmosphère : "Blade Runner" est un mélange de film d'anticipation à la "Soleil Vert", de roman policier à la Dashiell Hammet et de poésie tragique ! Le rythme est ultra lent mais particulièrement envoûtant. Passé une première demi-heure d'acclimatation, on se sent loin de notre univers quotidien et la sensation est à la fois enivrante et terrifiante. Le soin et le sens du détail apportés aux décors (un Los Angeles postmoderne absolument dantesque !), la lumière nocturne et la perception quasi olfactive des lieus parachèvent le voyage.
- Dans sa musique : Vangelis compose son chef d'œuvre. Jamais synthétiseurs n'ont sonné aussi riche et symphonique ! La pièce maîtresse "Blade Runner Blues", qui n'a de blues que les mesures, bouleversera les auditeurs les moins mélomanes. La partition, omniprésente dans le film, opère un rôle narratif et illustratif à elle seule, rendant la plus-part des scènes totalement exemptes de dialogues.
- Dans ses acteurs : Si Harrison Ford est parfait et marque durablement les esprits par son jeu halluciné (c'est l'époque de Han Solo et Indiana Jones !), si Sean Young et Darryl Hannah sont poignantes d'humanité robotisée à fleur de peau, et si Brion James est impressionnant de brutalité teintée d'innocence, Rutger Hauer crève l'écran et compose un des "méchants" les plus ambivalents et les plus fascinants qu'on puisse imaginer.
La caractérisation des personnages, particulièrement anti-manichéenne, est à marquer d'une pierre blanche, car dans le genre de la science-fiction, on n'avait encore jamais porté à l'écran des individus aussi troubles, crédibles et bouleversants.
- Dans son final : Un final en deux temps, qui voit deux retournements de situation (des "twists", comme on dit aujourd'hui) élever le sujet et culminer dans une magnifique envolée lyrique sur la volonté de vivre et la valeur absolue de la vie (un film antichrétien, en somme !), sur la froideur et la cruauté du monde technologique et sur la valeur des souvenirs comme accomplissement personnel et nourricier.

S'il fallait encore en rajouter, il faudrait dire de "Blade Runner" qu'il s'agit d'une pièce maîtresse de l'histoire du cinéma. Un chef d'œuvre intemporel fédérateur et matriciel. Pour cette raison, il est possible de ne pas l'aimer (amateurs d'actionners bourrins à la "Independance Day", passez votre chemin !!!), surtout à cause de son rythme et de son atmosphère abstraite et étouffante. Mais certainement pas de chercher à en minimiser la valeur aux yeux du monde !
Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles 
Avez-vous trouvé ce commentaire utile ? Oui Non

[Ajouter un commentaire]
Publier un commentaire
Pour insérer un lien produit, utilisez le format : [[ASIN:ASIN titre-produit]] (De quoi s'agit-il?)
Amazon affichera ce nom avec vos soumissions, y compris les chroniques de clients et les posts de discussion. (Plus d'informations)
Nom :
Badge :
Ce badge vous sera affecté et apparaîtra avec votre nom.
There was an error. Please try again.
Consultez lintégralité des directives ">ici.

Remarque Officielle

En tant que représentant de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quelle que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
Le nom et le badge suivants seront affichés avec ce commentaire :
Après avoir cliqué sur le bouton Publier, vous serez invité à créer votre nom public qui sera affiché avec toutes vos contributions.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.  Plus d'informations
Sinon, vous pouvez toujours publier un commentaire normal sur cette évaluation.

Ceci est-il votre produit ?

Si vous êtes l'auteur, l'artiste, le fabricant ou un représentant officiel de ce produit, vous pouvez publier un commentaire officiel sur cette évaluation. Il apparaîtra immédiatement au-dessous de l'évaluation, quel que soit l'emplacement où celle-ci est affichée.   Plus d'informations
 
Délai système expiré

Nous n'avons pas pu vérifier si vous représentez le produit. Veuillez réessayer ultérieurement, ou réessayez maintenant. Sinon, vous pouvez publier un commentaire normal.

Puisque vous avez déjà publié un commentaire officiel, ce commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous. Vous pouvez également modifier votre commentaire officiel.   Plus d'informations
Le nombre maximal de commentaires officiels a été atteint. Le commentaire apparaîtra dans la section du commentaire ci-dessous.   Plus d'informations
Aller s'identifier
 

Remarques

Suivi en cours par 2 clients

Trier par: Le plus ancien en premier | Le plus récent en premier
Afficher les messages 1-8 sur 8 de cette discussion.
Message initial: 12 mai 11 13:44:32 GMT+02:00
Ca c'est du commentaire passionné ou je ne m'y connais pas !
Je tenterai d'y jeter un oeil !

En réponse à un message antérieur du 12 mai 11 18:08:32 GMT+02:00
Tornado dit:
C'est-à-dire que le film explore des thématiques qui sont importantes pour moi (le thème du souvenir et, comme dans "Mort à Venise" ou "Dead Man", l'idée que la vie n'est jamais aussi palpable et précieuse qu'à l'heure de la mort...), que j'ai développées dans ma pratique personnelle (en toute humilité, hein, rien de bien concret...) et qui s'éloignent des archétypes occidentaux habituels, branchés catho.
Franchement, tu me ferais plaisir en redonnant sa chance au film. Quand tu auras un moment, évidemment ;)...

En réponse à un message antérieur du 12 mai 11 20:12:26 GMT+02:00
Présence dit:
Pareil que Bruce, tu m'as donné envie de le revoir (et pourtant j'ai du mal à supporter Vangelis).

En réponse à un message antérieur du 12 mai 11 20:19:21 GMT+02:00
Tornado dit:
Cool si j'ai réussi à vous motiver.
Vangelis c'est clair, assez indigeste dans l'ensemble. Mais là pas pareil : Cette bo je l'écoute régulièrement depuis des années sans jamais parvenir à m'en lasser !

En réponse à un message antérieur du 13 mai 11 14:06:48 GMT+02:00
J'ai laissé il y a deux ans un post sur mort à venise dont je suis plutot fier

Publié le 3 juin 11 18:55:57 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
VU pour cette prose enflammée, VU pour le film, VU pour l'analyse. Je l'ai revu récemment et Blade Runner est hypnotique. On ne sait jamais où on va ni ce qu'on y fait, mais on se laisse totalement porter par l'ambiance, et au final on ressent tout. Scott était vraiment bon jusqu'au milieu des années 80.

En réponse à un message antérieur du 5 juin 11 12:42:58 GMT+02:00
Tornado dit:
J'apprécie !
Blade Runner fait partie de ces films qui gagnent en profondeur et en niveaux de lecture à chaque vision. Avec le temps, je trouve que le scénario sait très bien où il va : Il développe une réflexion sur la perte d'humanité, sur le souvenir et sur la valeur de la vie à l'heure de la mort.
Comme dit plus haut, Scott a perdu de son ascendance sur ses films après l'échec de celui-ci au box office et ses rapports houleux avec le gratin des producteurs. Mais je fais partie de ceux qui continuent de l'admirer encore aujourd'hui. Si "Robin des Bois" m'a navré, j'ai adoré "Kingdom Of Heaven" et "Gladiator" est un de mes films préférés ! Où tout l'art de faire RESSENTIR les films...

En réponse à un message antérieur du 5 juin 11 13:16:16 GMT+02:00
M. Cyrille dit:
Tu m'apprends effectivement pourquoi il a perdu de son aura par la suite. Mais comme 1492 est un très mauvais souvenir, je n'ai plus cherché à voir ses films. J'avais bien aimé Gladiator mais sans être renversé ou abasourdi, juste passé un bon moment.
‹ Précédent 1 Suivant ›

Détails de l'évaluation

Article

4.3 étoiles sur 5 (185 commentaires client)
5 étoiles:
 (121)
4 étoiles:
 (25)
3 étoiles:
 (20)
2 étoiles:
 (10)
1 étoiles:
 (9)
 
 
 
EUR 15,05 EUR 14,99
Ajouter au panier Ajouter à votre liste d'envies
Commentateur

Tornado
(TOP 10 COMMENTATEURS)    (COMMENTATEUR DU HALL DHONNEUR)   

Lieu : Provence Côte d'Azur

Classement des meilleurs critiques: 10