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DG= Dommage Grimaud,
19 octobre 2010
Ce commentaire fait référence à cette édition : Hélène Grimaud : Résonances (CD)
C'est bien évidemment la Sonate de Liszt qui s'arroge la place de pièce de résistance de ce nouveau disque de la fantasque pianiste française. On suppose que les Grimaudphiles et autres marchands d'indulgences musicales vont trouver cet opus génial, comme d'habitude. Cela fait partie du jeu commercial.
Et pourtant grâce à la boite à musique de Piano Bleu, on s'aperçoit que la lecture de la Sonate se révèle désespérément monodimensionnelle, la métro rythmique est dilatée en fonction de l'hystérie du moment ou de la complaisance nombriliste, les passages se juxtaposent sans pourtant former une architecture, un tout. On s'ennuie très vite. Il y a quelquefois des éléments purement virtuoses mais souvent un brouhaha disjoint lors des fortissimo, des effets -toujours les mêmes- repris, parfois frisant le ridicule (je pense ici entre autres à la fugue) et jamais l'oeuvre ne décolle.
Une magnifique édition du fac similé de la Sonate existe chez Henley Verlag en complément de leur Urtext. On ne peut que conseiller à Hélène Grimaud de l'étudier sérieusement, telle un chef d'orchestre au lieu de seulement s'en inspirer : Liszt a beaucoup plus à dire que Grimaud.
Les alternatives: Dans le genre personnel, passionné la version d'Argerich gagne haut la main; et la encore peu connue pianiste russe Ponomarëva offre une version très inspirée, quasi orchestrale, qui démontre une fois encore que notoriété n'est pas (toujours) synonyme de qualité.
Nul doute que le produit DG pour fêtes de fin d'année sera sur toutes les ondes métropolitaines et internationales et que si l'histoire se répète, la diva qui « moonlight » sur certaines ondes fédérales n'en finira pas de se pâmer à son écoute !
Post Scriptum:
Eh bien le moins que l'on puisse dire est que le très respecté critique du journal montréalais La Presse, Claude Gingras n'a pas été impressionné lui par le dernier récital d'Hélène Grimaud du 3 décembre 2011, dont le programme fut en fait celui de son CD précédent "Résonnances" dont les apologistes habituels nous vantèrent les mérites ici même:
"On retombe à zéro avec la Sonate en si mineur de Liszt. Trente minutes de chef-d'oeuvre absolu, ramenées à un minable exercice d'école: aucune conception d'ensemble, jeu souvent très dur, rubatos maladifs, fausses notes dans les octaves, confusion, instabilité rythmique (encore!)... Et pourtant, la foule, debout, crie son bonheur. N'a-t-elle donc jamais entendu le génial Brendel - et quelques autres - dans cette oeuvre magistrale?
Peu douée pour construire un programme équilibré, la pianiste conclut avec ces banales Danses roumaines de Bartok qu'on peut, à la rigueur, offrir une à une comme rappel. Ici encore, le niveau du jeu est celui d'une élève."
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