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49 internautes sur 63 ont trouvé ce commentaire utile 
5.0 étoiles sur 5 Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte !, 27 novembre 2012
Ce commentaire fait référence à cette édition : Les Revenants (DVD)
En 2004, produit par ‘Haut et Court’ et coproduit par Canal+, le monteur et scénariste français Robin Campillo (né au Maroc en 1962, il collabore presque exclusivement avec Laurent Cantet) nous avait proposé son premier et unique long-métrage à ce jour, ‘Les revenants’ (105mn, musique -particulièrement adaptée- de Martin Wheeler), un thriller métaphysique se situant quelque part dans la lignée du cinéma ésotérique et mystérieux de David Lynch.

Dans cette première version du sujet, par millions de par le monde, par milliers dans une ville de France (le film avait été tourné à Tours pour l’essentiel), les morts sortaient de leur tombe en petite tenue d’été comme si de rien n’avait été. Ils semblaient avoir oublié les circonstances de leur mort, étaient indemnes et en bonne santé. Installés provisoirement dans des structures d’accueil (Frédéric Pierrot faisait partie du personnel soignant qui s’occupait d’eux et c’est le seul acteur du film a être également présent dans le feuilleton), ils étaient recensés, retrouvaient leurs familles, réintégraient leur ancienne vie (de retraités pour beaucoup, mais aussi d’employés pour les moins âgés) tout en demeurant dans un temps de latence, en décalage avec le monde qui les entourait, victimes d’une sorte d’aphasie post-traumatique, en phase d’éveil. Le maire (Victor Garrivier, dont ce fut la dernière apparition à l’écran) retrouvait ainsi son épouse (Catherine Samie) ; son collaborateur Isham (Djemel Barek) et la femme de celui-ci, Véronique (Marie Matheron), voyaient leur jeune fils revenir à la maison ; Rachel (Géraldine Pailhas) récupérait son époux (Jonathan Zaccai), etc.

Dans le feuilleton en 8 épisodes de 50mn qu’en ont tiré 8 ans après les mêmes producteurs et qui a été réalisé par le français Fabrice Gobert (‘Simon Werner a disparu’) et le suisse Frédéric Mermoud (‘Complices’), qui en ont mis en scène 4 épisodes chacun, avec la collaboration scénaristique du romancier Emmanuel Carrère, musique -également parfaitement adéquate- du groupe écossais Mogwai (dont les chansons ont habituellement des titres tout aussi mystérieux que l’est ce feuilleton), nous sommes dans une autre ville de France, quelque part dans les montagnes, à proximité d’un grand barrage et suivons quelques uns de ces mêmes revenants : Anne Consigny, qui vit maintenant avec Jean-François Sivadier (qui ne semble pas surpris par le retour des morts), et son ex-époux, Frédéric Pierrot, se retrouvent brusquement face à Yara Pilartz, la sœur jumelle défunte depuis 4 ans de leur autre fille, Jenna Thiam ; un vieil homme se suicide, après avoir mis le feu à sa maison, brusquement réinvestie par une bien mystérieuse femme ; Clotilde Hesme, qui se prépare à épouser Samir Guesmi, voit Pierre Perrier, celui qui n’est jamais venu, 7 années auparavant, devant le même autel pour la même raison, le faire aujourd’hui ; Céline Sallette, au ventre zébré de cicatrices, accueille chez elle un bien étrange petit garçon, qu’elle baptise elle-même Victor ; Grégory Gadebois, qui tient un bar, ne sait pas comment prendre la résurrection foudroyante de son frère, Guillaume Gouix, un dangereux tueur en série, mort trois ans plus tôt en même temps que leur mère ; et pendant ce temps, curieusement, le niveau de l’eau du barrage baisse, inexorablement...

Contrairement à ce qui se passe dans le film d’origine, les morts ne reviennent pas au grand jour en hordes, mais très discrètement et plutôt de nuit, ce qui les rend encore plus embarrassants. Ils rentrent chez eux (ou tentent du moins de le faire : pour certains, le chez eux en question n’existe plus) et cherchent à reprendre leur vie d’avant, comme si rien ne s’était jamais passé. Ils n’ont aucune conscience d’être morts et ne comprennent pas l’étonnement de leurs proches, désormais engagés dans un autre pan de leur vie. Considérés comme des fantômes, voire de pures projections de l’esprit par certains, ils essaient de recouvrer leur identité. Mais il n’y a pas que les êtres humains qui retrouvent brusquement le chemin de la vie : un papillon et un loup ressuscitent également dès les premières heures du retour des morts-vivants. Et puis, il y a l’inquiétant Victor, aux grands yeux profonds comme les eaux du barrage, qui semble tirer quelques unes des ficelles de cette histoire fantasmagorique qui tient de la marche funèbre vers les ténèbres. Plus subtil -et donc intéressant- dans son développement, remarquablement interprété, véritablement angoissant, le feuilleton est plus étrange encore que le film et s’impose d’emblée comme l’une des tentatives les plus fascinantes et captivantes de fantastique à la française.

La fin de cette première saison laisse évidemment plus de questions ouvertes qu'elle n'apporte de réponses. C'est la loi du genre : le feuilleton étant censé se poursuivre, il ne le pourrait pas si toutes les clés étaient données dès la fin de la première partie. Il nous faudra donc prendre notre mal en patience et attendre la prochaine saison pour en savoir vraiment plus sur ces bien étranges revenants...

Mais au-delà de sa stricte intrigue, 'Les revenants' soulève quand même un certain nombre de question. Et si nos morts ressuscitaient ? Qu’en ferions-nous ? Leur retour ne serait-il pas, après coup, plus un poids qu’un soulagement ? Bien sûr, pour tous ceux qui n’ont pas réussi à faire le deuil de leurs disparus, ce pourrait être une sorte d’aubaine. Mais qu’en serait-il vraiment pour les autres, ceux qui ont refait leur vie, ont de nouveaux compagnons ou compagnes, ont tiré un trait sur leur passé pour aller vers autre chose, sont ailleurs ? En tout cas, les morts du feuilleton inspirent plus de méfiance et même de crainte que d’empathie. L’étrange et le bizarre dominent et génèrent des sentiments mêlés de frustration et de colère, d’indifférence et de culpabilité, mais aussi d’espoir et d’illusion. Les morts intriguent et inquiètent, provoquent appréhension et effroi ; leur présence est comme un poison qui s’instille lentement en nous. Pensées et souvenirs se bousculent et font de ce voyage au bout de la nuit une fable qui elle non plus n’a pas fini de s’instiller en nous !

A noter : le titre de mon commentaire est évidemment emprunté à Thierry Jonquet, qui l'a lui-même emprunté à... Victor Hugo
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Message initial: 3 déc. 12 11:04:45 GMT+01:00
YT dit:
. Je vous remercie pour les précisions sur le film qui semble passionnant .
Néanmoins, le titre du commentaire me semble plutôt emprunté à Victor Hugo

En réponse à un message antérieur du 3 déc. 12 11:56:12 GMT+01:00
Vous avez entièrement raison -et je l'ignorais- : il s'agit bien d'un vers du poème 'Pour tous le pain et la lumière' de Victor Hugo, mais c'est bien également le titre d'un roman de Thierry Jonquet, qui a donc, lui aussi, emprunté son titre... Merci à vous en tout cas, très cordialement, LRDLS
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