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65 internautes sur 66 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
aux racines du mal, 26 janvier 2010
Depuis Funny Games, qui avait été pour moi un choc considérable, je suis avec beaucoup d'intérêt le parcours de Michael Haneke. D'aucuns trouvent son cinéma austère ou dérangeant. Libre à eux. Moi, je le trouve beau, pertinent, intense. C'est un cinéma qui se mérite. Qui invite à la réflexion plutôt qu'à l'émotion. Comme Bergman, Haneke ne craint ni les silences, ni les temps morts. Comme lui, il interroge la nature humaine dans ce qu'elle a de plus intime, de plus profond, de plus fondamental. Pour la première fois, il aborde ici son thème de prédilection, le Mal, sous un angle historique, à travers le portrait d'un village allemand à la veille de la Grande Guerre. Le résultat aurait pu être empesé, moralisateur, démonstratif. Bref, pénible. Eh bien, c'est tout le contraire! La narration est souple, l'esthétique sobre, le jeu des comédiens subtil. Quant au message du film, Haneke a l'élégance morale de ne pas nous l'asséner, mais tout au plus de le suggérer. Son impact n'en est que plus dévastateur!
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13 internautes sur 14 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
saisir cinémamatographiquement le mal..., 23 mai 2010
Ce film se donne comme très daté et situ", et pratiquement comme ultime témoin d'un monde archaïque voué à une disparition prochaine. Mais il ne faut pas s'y fier. Ce noir et blanc; ce dépouillement extrême du décor et des costumes, ce sont d'abord des instruments de distanciation. C'est de choses très actuelles qu'il s'agit ici. Dans ce que Bergson appelait une société close, fermée sur sa propre auto-reproduction satisfaite et obtuse, le maillon faible ce n'est pas tant le sexe 'on s'arrange hypocritement de quelques adultères), ni même les rapports sociaux (le régisseur peut compter sur la force du patriarcat chez les paysans); ce sont les enfants, nombreux, possesseurs de codes qui leur sont propres, tous maltraites de la loi qu'on leur impose, et paradoxalement protégés de cette même loi par le dogme qui fait d'eux seulement des adultes en raccourci... Seul l'instituteur, décalé de par ses origines, pressent ce travail sourd d'une révolte qui se fixe sur de faux coupables, et à laquelle la guerre prochaine, en attendant le nazisme ,va offrir un exutoire. N'est-ce pas au fond un aspect bien permanent du monde rural traditionnel qui nous est ici dévoilé?
On a parlé de Bergman à propos de ce film. La parenté avec le Danois Dreyer m'(voir notamment "Ordet")ù'apparaît plus pertinente, tant sur la localisation géographique que sur le fond.
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46 internautes sur 52 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le village des damnés, 24 février 2010
En 1913, des actes de malveillance inexpliqués mettent en émoi la population d'un petit village allemand.
Un film dont je n'ai personnellement pas vu les 2h30 passer, même si certains ont trouvé le temps long. Voici un test simple pour déterminer à quelle catégorie de spectateurs vous appartenez : imaginez un plan fixe muet de 20 secondes sur une porte fermée. Intéressant ? A priori non, on est d'accord. Maintenant, si l'on sait que, derrière la porte, un adulte s'apprête à corriger un enfant à coups de ceinture, le même plan devient-il fortement significatif ? Pas vraiment ? Dans ce cas, n'allez pas voir ce film.
Virtuose dans la mise en scène sobre de la violence, Haneke délivre par elle le message suivant : opprimer les enfants revient à fabriquer les adultes monstrueux de demain. En sortant de la projection, on a envie de lui dire que le problème s'est un peu déplacé, que l'excès de rigueur menace beaucoup moins la jeunesse d'aujourd'hui, et que par conséquent, sa démonstration, aussi efficace et esthétique soit-elle, ne prend guère de risques.
La Palme d'Or de Cannes 2009 est donc un film lent, beau et inquiétant, qui ne prêterait à quasiment aucune polémique s'il ne pâtissait d'un dénouement particulièrement frustrant. C'est comme ça. Quand on est un vrai réalisateur génial, on laisse le spectateur finir l'histoire. La limpidité, c'est pour la piétaille. Alors ça commence comme Le Nom de la rose et ça s'achève à la Basic instinct. Un peu énervant.
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