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Le salaire de la vie. Notre travail coûte trop cher, disent-ils Broché – 16 janvier 2014


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Extrait

Je déteste être en retard mais la grève des routiers m'a bloquée pendant plus d'une heure sur l'autoroute A 1. Nous sommes en novembre 2002 ; on n'a pas encore inventé Pôle emploi. À Aulnay-sous-Bois, l'ANPE est au centre de la ville et une vague lueur d'espoir vient de surgir au coeur de ma lassitude. J'ai rendez-vous à 14 heures, peut-être la fin de la galère.
Sur le trottoir, plus d'une centaine de femmes se bousculent pour pénétrer à l'intérieur de l'agence. Visiblement, nous avons toutes répondu à la même annonce. J'entre dans la danse à mon tour, en jouant des coudes. J'imagine, vue d'en haut, ma tignasse brune et frisée se perdre dans un champ de bonnets, de capuches et de chevelures plus ou moins sages.
Quelques jours auparavant, un courrier m'informait que l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois recrutait des CMI, et en particulier des femmes. CMI ? «Conducteurs de moyens industriels». Sans trop comprendre, je m'imagine déjà au volant de gros engins à grandes roues. Un permis poids lourds, en plus de mes permis auto et moto, cela ne me fait pas peur.
Un conseiller de l'agence nous invite à prendre place dans une pièce blafarde, sans fenêtre. Il faut se serrer un peu, il n'y a pas de places assises pour toutes ces dames. Le show va pouvoir commencer.
«Vous savez que le gouvernement a la volonté de féminiser les entreprises à tous les niveaux. C'est essentiel, le constructeur automobile PSA veut jouer le jeu de la parité, et c'est pour cela que vous êtes ici.» Le recruteur de l'ANPE cultive son look rétro. Un débardeur sans manches sur une chemise rayée ornée d'un noeud papillon. Il chausse ses lunettes pour bien lire les mots qui défilent sur son écran. «Horaires décalés, travail à la chaîne en équipe et en deux fois huit heures.» Au fur et à mesure qu'il avance dans sa démonstration, des femmes quittent la salle les unes après les autres. De cent quatre-vingts au début de la réunion, nous ne sommes plus que soixante-dix à la fin. Pour ma part, je reste car je n'ai rien à perdre. Je suis prête à tout pour décrocher un vrai CDI. Sans lui, je ne suis pas socialement fiable, je ne suis rien. Un jour, un vendeur d'encyclopédies a même refusé de me vendre des livres avec facilités de paiement en trois versements, parce que je n'avais pas le contrat de travail qu'il fallait. Je suis veuve depuis six ans, avec mes trois enfants à charge. À la mort de mon second mari, j'ai dû me remettre au travail. Jusqu'à maintenant, je n'ai fait qu'enchaîner les petits boulots, souvent payés au noir : garde de personnes âgées, aide-soignante, femme de ménage, extra dans la restauration, maçon, carreleur, caissière dans un bar-tabac - ce job était mon dernier et mon seul contrat à durée indéterminée, mais au bout de deux années le commerce a fermé. Six ans de précarité, c'est long et usant. Alors travailler à l'usine, pourquoi pas, mais je ne sais toujours pas en quoi consistera le travail. Je remplis les formulaires pour passer des tests comme on joue son va-tout, comme on abat sa dernière carte.

Revue de presse

Ce livre met au jour les ressorts méconnus d'une tragédie annoncée. Il invoque de mauvais choix stratégiques, comme la suppression d'une des deux lignes de montage en juin 2008, dénonce des erreurs de gestion, met en cause l'impuissance des politiques. Les salariés en prennent aussi pour leur grade : «Pourquoi sont-ils aussi peu à réagir contre la façon dont on les déprécie, pourquoi se résignent-ils à être aussi mal traités ?», se demande-t-elle. A partir du cas d'Aulnay, l'auteur donne à réfléchir sur la crise de l'industrie en France...
Pour sortir de l'ornière, Mme Tormos ne voit qu'une issue : «Faire converger toutes les luttes», jouer la carte de la solidarité. (Elodie Chermann - Le Monde du 16 janvier 2014)


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