C'est le plus bel enregistrement du Samson et Dalila de Saint Saëns que je connaisse. Mon opinion est claire, la stéréo a été inventé pour les mauvais artistes, qui camouffle leurs mauvaises dictions. Une bonne qualité d'enregistrement ne donnera à personne un talent comme les artistes de cette époque (José Luccioni, Hélène Bouvier, Paul Cabanel, Henri Médus). Avec une distribution pareille, on est servit. En 1946, on pouvait enregistrer un opéra de cet acabit avec une véritable qualité sonore (j'insiste) et artistique. En voici la preuve.
Une petite leçon à l'attention de ceux qui pensent que la diction n'est-pas importante.
Au XIXème siècle, quand un opéra s'imposait, on le traduisait dans toutes les langues d'Europe (hongrois, slovène, roumain ...) Il ne faut pas oublier qu'à cette époque, certains pays n'existaient-pas officiellement sur les cartes d'Europe. Saviez-vous que pour faire rire dans une opérette, on demandait au chanteur d'imiter l'accent étranger du personnage pour faire rire? Donc, lorsque vous entendrez, à l'avenir un opéra français, chanté en français par des stars internationales, vous exigerez une bonne diction (ou prononciation) sous peine de siffler les mauvais artistes chanteurs. On ne peut-pas vous prendre au sérieux avec une mauvaise diction. Un drame biblique est un drame biblique.
Une dernière remarque à l'attention des "experts musicologues", Camille Saint-Saëns était le Tchaïkovski des français. Saint-Saëns était capable de mauvais gout lui aussi. Pourtant, il n'y pas de mauvais gout dans Samson et Dalila.
Si vous croyez ne pas aimer l'opéra, essayez donc cet enregistrement; là, vous saurez.
André