Quatrième de couverture
Le mur de Berlin à peine abattu, la planète devenait le chantier du " Nouvel ordre mondial ". Libérés, les pays victimes du communisme attendaient justice, compréhension et même générosité. La plupart furent vite déçus. Censées représenter la communauté internationale, veillant désormais sans entrave à leurs propres intérêts en imposant la loi du marché, les superpuissances, mondiale et européenne, manifestèrent leurs ambitions, éventuellement par la force, tout en se déclarant les champions de la justice. La guerre d'Irak, celle des Balkans, ont démontré la redoutable efficacité de leur panoplie de coercition. L'on sait maintenant comment réunir les conditions d'un casus belli victorieux, comment désigner à la vindicte publique l'adversaire par la désinformation, en amplifiant ses erreurs, en transformant le virtuel en " réel " apparent, comment l'affaiblir par le blocus économique, pousser sa population à la misère afin qu'elle se révolte, puis, impunément, sans risques et sans pertes, punir, frapper, détruire en jouant les justiciers. Un nouvel instrument de contrainte a été ajouté aux précédents : l'instauration préventive d'un tribunal destiné à peser sur le cours des hostilités en sanctionnant les dirigeants du pays à abattre. Il s'y livre au mépris des droits élémentaires de l'individu : en mettant la main sans raison sur des hommes et en les inculpant parce qu'ils sont détenus. Ces procédés indignes des démocraties recouvrent en fait la volonté de contrôler les ressources énergétiques et de s'ouvrir de nouveaux marchés. S'il est nécessaire, au prix de singulières alliances avec des régimes ignorant la démocratie. Cette étude politique et stratégique montre, hélas !, pourquoi le sang répandu ainsi a une forte odeur de pétrole. Cet ouvrage, exceptionnel par l'importance de son sujet, l'originalité de ses analyses, la richesse de sa documentation, bouleversant par ses révélations, témoigne d'une fin de siècle marquée par les tragédies et plaide en même temps pour la vérité et la justice.