Présentation de l'éditeur
Pour ce premier roman d'immersion dans un milieu qu'il connaît (trop) bien, Flaubert ne réunit pas de documentation préliminaire : il se met directement à rédiger des "scénarios" (le mot est de lui) pendant l'été 1851. L'avancée de l'écriture, qui prend cinq années, exige le retour à des scénarios partiels, couvrant une fraction du roman. Ces multiples scénarios publiés ici - en fac-similé et avec la transcription - montrent l'évolution des personnages et des situations. Une longue préface explique la genèse de cette rédaction et assure la circulation à travers le feuilletage de ces états superposés. En annexes, description synoptique, tableau chronologique, table de concordances avec les pages du roman publié facilitent la compréhension.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.
Quatrième de couverture
Donner à voir des manuscrits, reproduits en fac-similé, les rendre lisibles par une transcription page à page, expliquer les processus de création d'une oeuvre, artistique ou scientifique, tel est l'objet de la collection Manuscrits. Quatre ans et demi pour se libérer de la Bovary : le premier roman publié de Flaubert avec quel éclat, a une longue histoire interne. Elle est racontée dans les lettres à Louise Colet, et surtout dans un volumineux dossier manuscrit, encore mal connu. Avant de commencer la rédaction, Flaubert met en place des plans et des " scénarios " (le mot est de lui) qui couvrent la totalité de son roman, puis il rythme l'avancée de l'écriture par des retours à des scénarios partiels. Ces multiples plans et scénarios, d'amplitude diverse, occupent 61 pages d'un papier vélin de grand format, nettement détachées des 3400 pages de brouillons proprement dits. Ces 61 feuillets sont publiés aujourd'hui, pour la première fois en facsimilé et dans une transcription intégrale. La phrase de Flaubert y est lisible, moins raturée qu'au brouillon. On n'en est pas encore aux " affres du style ", puisque l'écriture préparatoire, s'attachant à la conception d'ensemble et aux ajustements de détails, se contente souvent d'un style télégraphique. C'est pour l'instant la partie privée du travail : le romancier se parle à lui-même ; il se monte l'imagination en se racontant l'histoire de sa " petite femme " en des termes érotiques dont la " couleur " persistera dans la prose finale. Bienvenue dans le " gueuloir " de Croisset.
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