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Commentaires client les plus utiles
61 internautes sur 61 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Céline et Tex Avery dans le Midwest,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le seigneur des porcheries (Poche)
En lisant le Seigneur des porcheries, j'ai bizarrement pensé à une version cartoonesque et pétaradante du Voyage au bout de la nuit de Céline, avec, en guise de Bardamu, un John Kaltenbrunner prêt à endosser toutes les misères humaines rassemblées dans cette région de l'Amérique : des alcoolos, des méthodistes, des racistes et bigots de tous poils et j'en passe. On suit les aventures d'un Prométhée des temps modernes qui aurait atterri dans un cauchemar de Tex Avery.Le style, les métaphores, les détails et jusque dans les arcanes des descriptions sont une réjouissance de tous les instants. Cette grande épopée qu'on croirait écrite d'un seul jet illuminé est une oeuvre unique et indispensable, sans le moindre temps mort malgré les 600 pages. A ranger après lecture aux côtés de la Conjuration de Kennedy Toole, autre grand maudit et suicidé de la littérature américaine contemporaine (mais lui ne connaître même pas le succès de son vivant). Amérique qui a décidément de plus en plus de mal à reconnaître ses pépites... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
54 internautes sur 56 ont trouvé ce commentaire utile :
4.0 étoiles sur 5
Le Seigneur de la littérature,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le seigneur des porcheries (Poche)
Un semi-remorque en pleine figure ne me ferait pas plus d’effet que le fabuleux roman de Tristan Egolf. Le style est époustouflant, chaque mot est parfaitement sélectionné et minutieusement placé par un orfèvre de l’écriture. Comment peut-on écrire si bien ? En fait cette critique devrait figurer dans la rubrique ‘cinéma’ ou ‘aventure virtuelle’ tant on oublie que l’on tient un livre dans ses mains. Une fois un doigt mis dans le génial engrenage du ‘Seigneur’, aucune chance d’en réchapper, l’histoire nous happe et nous rejette 600 pages plus tard, complètement abasourdi. Un très grand bravo également au traducteur. Une seule angoisse subsiste : que vais-je bien pouvoir lire maintenant qui ne soit incolore, inodore et insipide ?
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8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Goutez moi cette farce,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le seigneur des porcheries (Poche)
Combien de fois dans une vie de lecteur, est on confronté à une oeuvre comme celle là ?Rarement, bien sûr et raison de plus pour ne pas passer à côté. Le récit se déroule à Baker, trou perdu dans une région de mines de charbon. John Kaltenbrunner est un enfant unique. Il ne connaît pas son père, important cadre minier décédé avant sa naissance. Il vit avec sa mère, dans une ferme. John n'est pas un enfant comme les autres. Considéré comme un attardé ("il pouvait dessiner jusque dans les moindres détails le paysage tel qu'il se présentait depuis n'importe laquelle des fenêtres de la classe, mais une éternité ne lui aurait pas suffi à commencer d''expliquer ce qui se passait autour de lui, dans la classe"), il est juste différent des autres. Son seul but dans la vie, c'est de développer la ferme familiale. Avec une organisation confinant au génie, il va ainsi se lancer avec ténacité et succès dans l'élevage de volailles. Mais John devient le bouc émissaire des habitants de Baker. Il doit affronter sans cesse la malveillance généralisée ou les coups du sort (attaque contre sa ferme, tornade, harcèlement de la part des "lombrics", "trolls" et autres harpies méthodistes). Chacun dans cette ville, se complait et se nourrit de médisance, d'hypocrisie, de racisme et de bêtise. Et c'est un gamin, humilié, ravagé par des révélations sur la vie et la mort de son père, qui sera contraint de quitter la ville. Il reviendra, pourtant et plongera alors littéralement Baker dans l'ordure. Cette histoire de vengeance au pays des ploucs de la "corn belt", était a priori inracontable. Ou alors, il fallait s'appeler Tristan Egolf et avoir un talent inouï et un destin tragique. Il avait les deux. C'est un livre formidable qui maintient en permanence l'équilibre entre le dégoût et le rire qu'inspire la roborative revanche des faibles contre les tares des "braves gens" et des institutions qui les protègent, emportés par le torrent de leur propre boue. Nous sommes en 1996. C'est un chef d'½uvre. Moins de 10 ans plus tard, Tristan Egolf se tirera une balle dans la tête. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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