Le titre singulier de ce livre et révélateur avec "et quelques" et donné à un livre étrange et fort.
Il ne s'agit pas du tout d'un ouvrage traitant de la Chine elle même mais de l'évocation d'un épisode très peu connu de la guerre 39-45.
Après l'entrée du Japon dans l'axe, Mussolini considère que les chinois disséminés en Italie sont des ennemis comparables au Tziganes, voire aux Juifs.
Aussi, en 1942, il décide de les rassembler dans les Abruzzes et de les interner dans un camp.
Leur quotidien est raconté avec sobriété, sans recherche d'effet dramatique mais avec force. Ils auraient sans doute été oubliés à jamais si l'auteur n'avait retracé la vie de cette petite communauté.
Ce livre est moins impressionnant que certaines évocations de Claude Lanzman dans
Le lièvre de Patagonie, mais il nous donne, parfois même avec poésie, un épisode caché jusqu'alors et qui prend désormais place dans l'Histoire.
Il fait sortir de l'anonymat et du néant toute ces ombres oubliées, et souligne de manière impressionnante le terrible non sens de leur internement.