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La société malade de la gestion : Idéologie gestionnaire, pouvoir managérial et harcèlement social [Broché]

Vincent de Gaulejac
4.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)

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Description de l'ouvrage

7 janvier 2005 Économie humaine
Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle. La culture de la performance et de la compétition met tout le monde sous haute pression : épuisement professionnel, stress, suicides au travail. La société n'est plus qu'un marché, un champ de bataille où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à cette mutation, la politique, également contaminée par le " réalisme gestionnaire ", semble impuissante à dessiner une autre voie. Peut-on échapper à l'épidémie? Peut-on repenser la gestion comme l'instrument d'organisation d'un monde commun? C'est justement la piste qu'ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.
--Ce texte fait référence à l'édition Poche .

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Descriptions du produit

Présentation de l'éditeur

Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique et l'obsession du rendement financier. Les " gestionnaires " installent en fait un nouveau pouvoir managérial. Il s'agit moins d'un pouvoir autoritaire et hiérarchique que d'une incitation à l'investissement illimité de soi dans le travail pour tenter de satisfaire ses penchants narcissiques et ses besoins de reconnaissance. Il s'agit d'instiller dans les esprits une représentation du monde et de la personne humaine, en sorte que la seule voie de réalisation de soi consiste à se jeter à corps perdu dans la " lutte des places " et la course à la productivité. Or, pour comme pour mieux assurer son emprise, cette logique déborde hors du champ de l'entreprise et colonise toute la société. Aujourd'hui, tout se gère, les villes, les administrations, les institutions, mais également la famille, les relations amoureuses, la sexualité... Le Moi de chaque individu est devenu un capital qu'il doit faire fructifier. Mais cette culture de la haute performance et le climat de compétition généralisée mettent le monde sous pression. Le harcèlement se banalise, entraînant l'épuisement professionnel, le stress et la souffrance au travail. La société n'est plus qu'un marché, un champ de bataille insensé où le remède proposé aux méfaits de la guerre économique consiste toujours à durcir la lutte. Face à ces transformations, la politique, à son tour contaminée par le " réalisme gestionnaire ", semble impuissante à dessiner les contours d'une société harmonieuse, soucieuse du bien commun. Peut-on néanmoins échapper à l'épidémie ? Peut-on repenser la gestion comme l'instrument d'organisation et de construction d'un monde commun où le lien importe plus que le bien ? C'est en tout cas la piste qu'ouvre ici le diagnostic du sociologue clinicien.

Biographie de l'auteur

Vincent de Gaulejac est directeur du Laboratoire de changement social et professeur de sociologie à l'université Paris-VII. Auteur d'une quinzaine d'ouvrages dont Le Coût de l'excellence (Seuil, avec Nicole Aubert), La Lutte des places, Les Sources de la honte. IL préside le Comité de recherche de sociologie clinique à l'Association internationale de sociologie.

Détails sur le produit

  • Broché: 275 pages
  • Editeur : Seuil (7 janvier 2005)
  • Collection : Économie humaine
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 202068912X
  • ISBN-13: 978-2020689120
  • Dimensions du produit: 20,5 x 14 x 1,5 cm
  • Moyenne des commentaires client : 4.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (7 commentaires client)
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4.0 étoiles sur 5 Une charge contre le modèle économique 18 mars 2011
Par Sir TOP 500 COMMENTATEURS
Format:Poche|Achat authentifié par Amazon
Vincent de Gaulejac est un sociologue français, chercheur et professeur à l'université de Paris VII.

Ce livre est autant un ouvrage de chercheur -les réferences et les citations sont nombreuses- qu'un véritable pamphlet contre la violence morale et la dérive du modèle économique. Ce système, sous les apparences d'un "réalisme gestionnaire", est devenu destructurant et s'étend dans des domaines comme la sphère publique, la vie privée qui lui étaient auparavant totalement étrangers. En transformant tous les champs socio-économiques en domaines de compétition, en considérant l'humain comme une ressource, en diffusant un discours se voulant éthique mais totalement contradictoire avec la pratique, le modèle gestionnaire -en grande partie inspiré par des modèles anglo-saxons- rend la concurrence toujours plus dure et stressante pour les hommes. L'accumulation de richesses est devenu le seul critère (perverti) de réussite des cadres mais cette réussite se résume à un très petit nombre qui craint lui aussi pour sa propre survie et craignant également l'avenir de ses enfants. Vincent de Gauléjac décrit ce système de discours paradoxaux qui loin de fixer un cadre de travail, culpabilise et stresse ses hommes qui peuvent aller jusqu'au suicide ou au "burn out" quand ils ne peuvent plus assumer ces contradictions.

Ce livre provoque une réflexion sur le système actuel, il ne propose toutefois pas de solution en dehors d'un petit chapitre qui reprend les propositions un peu vagues d'Edgar Morion dans son projet de politique de civilisation.

Je recommande ce livre qui est une analyse sérieuse et argumentée sur un sujet qui mérite une réflexion plus approfondie que ce qu'on peut lire ou entendre couramment.
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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile 
Par KT
Format:Poche
L'auteur fait un constat accablant sur le "réalisme gestionnaire" qui pervertit les pratiques managériales des entreprises comme des organisations publiques. Après nous avoir présenté comment nous sommes passés d'une logique de capitalisme industriel, avec de grands capitalistes qui étaient aussi de grands capitaines d'industrie, à une logique purement financière, abstraite, avec obsession de rentabilité financière, l'auteur explore la manière dont cette évolution a complètement changé la donne dans le management au sein des entreprises. Nous sommes passés d'une logique de soumission hiérarchique à une logique d'engagement et d'adhésion, pervertie par un principe d'injonctions paradoxales qui mène à toutes les manipulations au profit de la gestion financière. L'employé est devenu ressource humaine, une ressource quantifiable et gérable comme toute autre ressource.

Revenant par ailleurs sur la dissociation qui a eu lieu entre l'esprit du capitalisme et l'éthique protestante - lien pointé il y a une centaine d'années par Max Weber - pour aboutir à un capitalisme financier sans autre éthique que celle des résultats boursiers, Vincent de Gaulejac détaille ensuite toutes les conséquences sur la vie dans les sociétés : perte du sens de l'action, valeur de réussite et progrès dénaturée pour n'être plus mesurée qu'en termes d'argent, modèle managérial faisant la part belle à une "performance" censée donner plus d'autonomie mais qui finit par être source de violence et de frustration.

Tout cela crée une société d'individus sous tension où les classes sociales sont éclatées et où règne ce que l'auteur appelle la "lutte des places". Au-delà des entreprises, le monde politique et l'organisation de la vie en société sont frappés des mêmes maux. Pour espérer sortir de cet état maladif, l'auteur plaide pour recréer du lien et surtout redonner du sens à l'action.

Je ne suis pas sûr d'adhérer à toutes les analyses de ce livre. Tout en gardant une approche scientifique (qui lui fait instruire à charge et à décharge, évitant le piège d'un discours politique simplificateur à l'extrême), l'auteur part quand même d'une certaine vision du monde et n'évite pas complètement la surexposition des éléments qui vont dans le sens de son analyse. Il n'évite pas non plus des longueurs et lourdeurs, peut-être propres à un travail d'universitaire sociologue, mais qui rend la lecture ardue et parfois un peu barbante.

Il n'en reste pas moins que le constat est bien vu, très parlant, et devrait faire réfléchir, y compris sur notre degré d'adhésion à ces pratiques managériales, dans nos milieux professionnels respectifs...
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5 internautes sur 5 ont trouvé ce commentaire utile 
Format:Broché
Ce livre est à la fois une critique argumentée contre l'intrusion de la logique de la gestion dans tous les pans de la société, et un travail académique de par les nombreuses références proposées. L'auteur nous montre comment la gestion cherche à apporter des solutions économiques à des problèmes qui ne le sont pas (problèmes sociaux, politiques, etc.).

Cette culture de la haute performance débouche alors sur une compétition généralisée où la lutte des classes s'appelle désormais "la lutte des places" et où le harcèlement, le stress et la souffrance au travail se banalisent.

Le livre est parfois ardu à lire tant le propos est fouillé, mais on a le sentiment d'avoir beaucoup appris de cette lecture. Je recommande donc vivement ce livre !
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