Attention : chef-d'oeuvre !
Voilà un registre dans lequel on ne connaissait pas Daniel Prévost. A 50 ans, Jean est un cadre autoritaire, et même odieux avec ses collègues. Il n'a pas d'amis, c'est résolument impossible. Son caractère ignoble en fait un homme solitaire, divorcé depuis très longtemps parce que de toutes façons il n'a jamais pu supporter personne tout comme personne n'a jamais pu le supporter. Son travail est toute sa vie, occupe toute son existence centrée sur lui, exclusivement. La catastrophe arrive pour lui un jour par un licenciement... en raison justement de son caractère qui empoisonne toute l'équipe et peut même mettre en péril l'entreprise "en ces temps qui changent". Son patron ne lui donne qu'un unique conseil s'il veut retrouver un jour du travail : il doit se remettre totalement en question, revoir tout son comportement. Mais ce genre de questionnement sur lui-même n'est pas du tout le style de cet être irascible et incapable de chercher (et donc de trouver) le moindre défaut en lui. Peu après son licenciement, errant en accusant le monde entier d'être contre lui, il fait une rencontre fortuite avec un jeune homme, Antoine, dont l'activité très précaire est d'être un petit magicien sans ambition particulière mais débordant d'énergie et d'optimisme. Quelques jours plus tard ils décident de faire ensemble un voyage en Normandie, l'un pour aller voir de la famille, l'autre pour changer d'air. Alors ils prennent la même voiture. Ce voyage va être pour Jean l'événement de sa vie car il va l'obliger à faire le bilan de son existence. Antoine, qui connaît depuis si peu Jean, va se prendre d'une profonde amitié pour cet homme en découvrant fortuitement que son caractère irascible est en fait la manifestation d'un terrible mal qui le ronge à son insu. Ce film est un vrai grand moment de compassion et d'émotion pour un homme qu'on découvre d'abord profondément abject mais qui s'avère peu à peu être une victime dont la vie sera peut-être trop courte...