Moins « progressif » que ses prédécesseurs,
Songs Of Darkness, Words Of Light renoue avec le son très lourd, presque sabbathien, et l’ambiance étouffante de
Like Gods Of The Sun (1996), mais le fait avec plus de nuances et de variété. Plus discrets sur les précédents albums, les claviers (synthé, piano, orgue) font leur retour, enrichissant des compositions qui eussent été trop lourdes sans eux. Tous les instruments sont employés avec une réelle diversité, qui évite toute linéarité de l’ensemble (ce qui était précisément le cas sur
Like Gods Of The Sun). La voix d’Aaron Stainthorpe surtout, et c’est là l’un des points forts de ce huitième album, n’a jamais été aussi bien utilisée, contribuant à dynamiser les morceaux. Dans la continuité de
The Dreadful Hours, il alterne susurrements, grondement guttural, voix black metal, parties chantées ou parlées.
En dehors de l’image équivoque de la Femme, amour perdu et symbole de force correctrice de l’homme (
« Blue Lotus »), cet album fait place à des passions nouvelles : la haine et la révolte. Stainthorpe assume alors l’une de ses principales sources d’inspiration, la Bible, notamment dans le diptyque
« The Wreckage Of My Flesh » /
« The Scarlet Garden », évoquant la Chute et la révolte de Satan et des hommes.
En résumé, My Dying Bride fait du My Dying Bride; si l’album n’est pas d’une originalité marquée, il est néanmoins solide et cohérent, jamais ennuyeux. En somme, s’il n’y a rien à jeter, même si
Songs Of Darkness, Words Of Light, faute de nouveauté et d’audace, est peut-être déjà l’album de trop.
Mikaël Faujour - Copyright 2012 Music Story