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Commentaires client les plus utiles
46 internautes sur 47 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Les expériences fatales des monétaristes,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre (Broché)
Je me limiterai à la description des axes principaux de cet ouvrage ambitieux de Naomi Klein qui a déjà fait dans la presse l'objet de nombreux commentaires de la part de gens talentueux. L'objet de l'ouvrage : le choc (et sa stratégie) est une métaphore ou un paradigme : le choc politique, économique, social est à un pays ce que la torture est à un individu. Ceux qui pratiquent cette violence extrême partent de l'idée qu'il faut effacer et déstructurer pour écrire autre chose : "Nous allons vous presser jusqu'à ce que vous soyez vide puis nous vous emplirons de nous mêmes" (G. Orwell, 1984, cité par l'auteur). En fait, c'est faux, bien sûr. Le pays ressort brisé pour des décennies comme l'individu qui parfois meurt ou devient fou. En outre, le choc appliqué au pays implique souvent la torture massive des opposants : il y a donc un lien entre le niveau individuel et le niveau global. NK illustre son propos avec les expériences criminelles d'Ewen Camron de l'université McGill dans les années soixante, expériences financées par la CIA, le programme MKUltra, la méthode Kubark (Partie 1).
Le second fil conducteur qui donne l'unité à l'ouvrage (de la première à la dernière page) est la dénonciation constante de l'idéologie de l'école de Chicago et de son maître à penser Milton Friedman (1912-2006), fils spirituel de Friedrich Hayek (1899-1992). On suit la piste de l'application de ces théories dans un certain nombre de cas entre les années soixante-dix et les années quatre-vingt-dix : les pays du cône sud américain, Chili, Argentine, Bolivie, Brésil (l'opération Condor), l'Indonésie, pour finir avec la Pologne, la Russie (Eltsine 1993) et l'Asie d'une façon générale. La piste en question pue l'odeur de terre brûlée et de charogne : les société sont ruinées, mais lorsque leurs économies finissent par se redresser, les populations ont sombré dans la misère et les élites se sont enrichies sur le dos des pauvres au-delà de toute décence démontrant ici dans tous les cas qu'il n'y à pas d'effet de percolation : l'enrichissement de l'élite n'a aucun effet positif sur la misère des masses (Parties 2 à 4). Les parties 5 et 6 de l'ouvrage portent sur la seconde phase de l'application de la théorie de l'école de Chicago, en fait, son aboutissement extrême par une application méticuleuse grâce au 11 septembre (dont la nature exacte n'est pas réellement questionnée par l'auteur). Le capitalisme crée le désastre (Irak, Yougoslavie, Afghanistan) ou utilise les catastrophes naturelles (Tsunami au Sri-Lanka, Katrina) pour mettre en place le circuit fermé des profits liés à la destruction et à la reconstruction. Rien n'échappe plus à la privatisation. L'État corporatiste n'est plus qu'une coquille vide au sein de laquelle les dirigeants des grandes sociétés privées agissent sans contrainte et s'enrichissent sans limitation. La partie 7 (et dernière) est une réflexion sur la globalisation d'un tel système qui mène manifestement vers la fiction de Ruffin dans Globalia. Les élites accaparant les plus beaux espaces de la planètes se protègent dans des zones vertes derrière des murs de sécurité, 25% à 60% de la population est mise au rancard. "zones vertes" et "clôtures" de sécurité sont déjà les paradigmes d'un apartheid global. Ce livre est passionnant, mais sa lecture est un peu déprimante même si la conclusion tente d'exprimer quelques réflexions optimistes. Les pages de remerciement mettent en évidence un travail relativement collectif même s'il revient à l'auteur de l'avoir écrit. Quelque absences remarquées dans un index pourtant bien étoffé : AGCS, Bilderberg, PNAC .. Enfin, pour faire une lecture réellement intelligente de ce bon livre, lire préalablement Friedman (Captalism and Freedom) et même Hayek (La route de la servitude) serait peut-être une bonne idée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
27 internautes sur 29 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Passionnant et impressionnant !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre (Broché)
C'est un livre remarquable: une démonstration cohérente qui passe en revue 35 ans d'histoire contemporaine, des révolutions sud-américaines à l'Afrique du Sud, la Pologne la Russie, la privatisation de l'armée américaine, la crise asiatique, l'Irak jusqu'aux récentes catastrophes naturelles.
Malgré l'ampleur du sujet, la lecture est passionnante grace à la fluidité du style de Naomi Klein, étayé par une documentation impressionnante sans jamais être pesante. La défense du secteur public mériterait d'être un peu nuancée, car si on peut s'opposer à son démantèlement au profit d'intérêts privés, la recherché de l'efficacité reste nécessaire. Je vous recommande la lecture de ce livre: c'est passionnant, stimulant, révoltant parfois; il en tout cas beaucoup d'informations, un point de vue et l'envie d'agir. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
8 internautes sur 8 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Rien de nouveau sous le soleil,
Ce commentaire fait référence à cette édition : La stratégie du choc : La montée d'un capitalisme du désastre (Broché)
Je ne reprends pas l'ensemble des commentaires postés : j'adhère à la plupart d'entre eux comme à la thèse de l'auteur...C'est d'ailleurs souvent le cas lors d'un achat de livre parlant d'économie, on n'achète que ce qui confirme nos opinions.
N.Klein a vu juste dans sa thèse et les exemples qui l'illustre sont pertinents, solidement appuyés par un travail de recherche qui force le respect. Mais voilà, l'auteur (et donc le lecteur) tombe bien vite dans ce travers typique des essayistes américains : trop de références, tout le temps et c'est redondant, la pensée progresse c'est sûr mais à quel rythme ! La thèse défendue est solide (heureusement après 700 pages de boucles), l'auteur ne fait pas dans l'émotivité ; la neutralité de ton est donc respectée, ce qui est à souligner pour un ouvrage d'économie. Mais tout de même, entre la tendance française à virevolter d'une idée à une autre (ce qui rend la lecture vivifiante) et celle de Klein à s'appesantir derrière ses retranchements documentaires, un juste milieu doit être trouvé. Le livre trouvera certainement une bonne réception dans les librairies, la crise aidant, il n'empêche que la thèse et les idées sous-jacentes de Klein ne sont pas neuves. Les errances théoriques des Chicago Boys seront nettement mieux expliquées chez un J.Généreux ou P.N Giraud, le lecteur pourra alors jeter un coup d'½il à ses conséquences directes grâce aux exemples fouillés de La Stratégie de Choc. Tout ca pour ne pas oublier (ce que fait Klein, à mon grand regret, d'où les 3 étoiles) qu'une pensée économique n'a de force que si elle tirée par axe politique qui trouve dans celle-ci une justification à ses projets ; c'est ce caractère "reflexif" entre la politique et l'économie qui mérite d'être expliquée, voilà la thèse véritable dont Klein s'était pourtant donnée les moyens de soulever grâce à son travail...au lieu de ca, le lecteur est désormais un expert sur les méthodes interrogatoires de la CIA dans les années 60. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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