C'est toujours un peu la même histoire, le même style, ça ne ressemble pas à de la littérature, cela paraît facile et pourtant c'est incomparable. Vous pouvez commencer un Bukowski, le laisser tomber pendant 2 ans, 10 ans, 15 ans et quand vous le rouvrez, vous avez l'impression de l'avoir fermé le matin même. Il y a une fraîcheur et un humour incroyable dans ce style mêlant scatologie, sexe et débauches variées, les pérégrinations apparemment sans intérêt d'un type bien paumé dans l'existence. Vous en sortez comme revigoré, revivifié. Je vais essayer de vous faire du Bukowski et vous aurez tout compris: "Je suis rentré dans ma piaule, c'était le bordel. Alors je me suis gratté les couilles et je suis descendu m'acheter une bouteille. J'étais raide et le gars du drugstore voulait plus me faire crédit. J'ai gueulé un bon coup et quand j'ai laissé ma montre en gage il m'a filé la bouteille. En route j'ai croisé une poule. Elle était moche et encore plus bourrée que moi mais comme elle avait le feu au cul, j'ai bien voulu la faire monter" et cætera, et cætera. Bref, c'est une sorte d'OVNI littéraire bien plus cru et dépravé que Fante ou Kerouac mais dans la même lignée des oubliés du rêve américain.