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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Un ouvrage fort de la sociologie,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le suicide : Etude de sociologie (Broché)
La fin du 19° siècle est marquée par une hausse considérable des taux de suicide partout en Europe (avec aussi une montée de l'alcoolisme). Emile Durckheim, personnage phare de la sociologie décortique dans ce livre ce phénomène en étudiant dans le détail les statistiques de différents pays.
Il classifie les différents types de suicides (suicide altruiste par exemple) et montre que ce problème n'est pas forcément du à la dureté des temps mais plutôt à l'absence et à la rupture des liens sociaux ce qu'il appelle l'anomie, un concept essentiel. De fait le 19° siècle est marqué par l'exode rural, les paysans quittent leurs campagne ou tout le monde se connait pour l'anonymat de la ville. L'isolement, la solitude menacent l'équilibre mental. Bien sur aujourd'hui on dispose d'outils statistiques beaucoup plus poussés par exemple l'analyse factorielle des correspondances. De plus une partie de l'augmentation des taux de suicide s'explique par l'accroissement de l'espérance de vie, le taux de suicide augmentant beaucoup avec l'age. Cependant l'analyse de Durckheim garde une partie de sa pertinence. Comme en Europe au 19° siècle, on constate que dans des pays émergents comme l'Inde ou la Chine, les taux de suicide augmentent . L'urbanisation, l'industrialisation, la rupture des liens familiaux traditionnels, le développement de l'individualisme surtout sont redoutables pour les individus les plus fragiles. "Le suicide" est un livre marquant de l'histoire de la sociologie. Il nous montre que le processus de développement économique et social a une composante morbide qui se manifestera tant au 20° siècle. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une référence légèrement poussièreuse mais néanmoins remarquable,
Par Jean-paul Lacharme (Marseille, France) - Voir tous mes commentaires (TOP 500 COMMENTATEURS) (TESTEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le suicide : Etude de sociologie (Broché)
Émile Durkheim (1858-1917) est souvent considéré comme l'un des pères de la sociologie moderne et son ouvrage « le suicide » (1897) comme un grand classique du genre. Pour les étudiants de la discipline, la question ne se pose donc pas : ils doivent impérativement lire l'ouvrage. Pour le lecteur « ordinaire » que le présent commentaire n'a pas d'autre prétention de représenter, celui-ci conserve pas mal d'intérêt même si certaines parties peuvent paraître un peu ennuyeuses.
Commençons donc par les défauts. D'abord, les données statistiques sur lesquelles porte l'étude se rapportent à quelques pays ouest européens du XIXème siècle. Il est donc difficile de les extrapoler sur l'époque contemporaine. Ensuite la méthodologie est rustique : l'auteur examine et commente des tableaux de variables portant sur deux ou trois modalités au maximum : par exemple la tranche d'âge, le sexe et l'état marital. Ceci finit par apparaître fastidieux. Les méthodes modernes d'analyse de données (ACP, AFC, analyse des profils de similitude, sémiologie graphique de représentation qui ne se sont pas diffusées avant le dernier tiers du XXème siècle) auraient mis en exergue les propriétés statistiques de ces données bien plus rapidement... mais, à la décharge de l'auteur, ceci n'existait pas à l'époque. Enfin, l'auteur, bien qu'il s'en défende, ne peut s'extraire des préjugés moraux de son époque sur la condamnation du suicide (dans les derniers chapitres). Ceci étant, la démarche scientifique de Durkheim est remarquable. L'auteur partant de tableaux statistiques divers en critique la validité, croise et compare les données de façon à en extraire des conclusions pertinentes dont l'objectivité scientifique est indéniable. Les données sont vraiment pressées de façon à en tirer tout ce qui est possible de l'être. De ces observations, il tire une classification réellement intéressante des types de suicides : égoïste, altruiste et anomique qu'il rattache au type de société. Réfutant l'intérêt du concept « d'homme moyen » dû à Quetelet, sa réflexion sur l'origine de l'existence des entités sociologiques (i.e. la constance remarquable du nombre de suicides dans une population spécifique donnée au cours du temps) est réellement fondamentale. Un grand livre. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
5.0 étoiles sur 5
Exemple de fait social,
Par Christophe FAURIE (PARIS France) - Voir tous mes commentaires (TESTEURS) (TOP 1000 COMMENTATEURS) (VRAI NOM)
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le suicide : Etude de sociologie (Broché)
Des interactions de l'homme en société émergent des phénomènes, les "faits sociaux", qui vont peser sur sa vie. C'est ainsi que le suicide n'est pas un phénomène individuel, mais un fait social : 3 conditions encouragent le suicide : être en marge de la société, lui être trop intégré (cf. l''employé modèle), une société dont les règles se délitent.
Le fait social a ses pathologies : trop de suicides, par exemple. Le rôle de la société est de les guérir. Un raisonnement d'une puissance étonnante, des observations fort subtiles, et un livre très accessible, dont la modélisation ne semble pas dépassée. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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