Jean-Claude (Patrick Chesnais) a 50 ans, le visage marqué d'amertume. Il est huissier, comme l'était son père et comme il voudrait que le soit son fils ; mais tandis que le premier continue de l'écraser, le second lui échappe peu à peu, entendant bien déroger à la tradition familiale. Bien sûr il n'a pas de femme dans sa vie, jusqu'au jour où, s'étant inscrit à un cours de tango, il croise par hasard une autre âme errante.
Le résumé déprimant fait craindre un film à la fois long, pas drôle et que l'on va se dépêcher d'oublier... pourtant c'est tout le contraire qui arrive : le début est lent certes, mais petit à petit on fait confiance au réalisateur qui, bien servi par ses acteurs, réussit à mettre en scène par petites touches et effleurements successifs des thèmes profonds comme la solitude, le mal de vivre, la difficulté que l'on peut avoir à se confier aux gens qui comptent vraiment. Et enfin l'espoir que tout cela change.
Une oeuvre légèrement sombre, qui vaut le détour, un peu dans la lignée de
Monsieur Hire ou
Lost in Translation (l'affiche en est d'ailleurs manifestement inspirée) mais sans l'esthétisme du premier ou l'exotisme du second. Si vous aimez ces films intimistes, faits d'implicite, qui tentent d'illustrer le sentiment de solitude, alors vous pouvez lui donner sa chance sans craindre de perdre votre temps.