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C'est grâce à cet album et son tube "Two People In A Room" que Stephan Eicher obtient succès et reconnaissance. Suisse-Allemand, il a précédemment enregistré deux disques sur des labels indépendants suisses, aujourd'hui collectors, et un premier album,
Les Chansons bleues, passé inaperçu. Artiste européen par excellence, il chante en anglais ("I Tell This Night", "Don't Distain Me" ou "No Escape"), en allemand ("Komm Zurück"), mais aussi en français ("Tu tournes mon coeur" et "Le Matin"). Sa connaissance tout approximative de notre langue suscite alors avec bonheur des images inhabituelles, fortes et pleines de poésie. Chantées d'une voix chaude, un rien voilée, où se mêlent violence et douceur. Violon et John Segs, de Vendetta Palace, et Theo Hakola de Passion Fodder lui apportent un soutien vocal sur deux titres, dont une reprise sensible des Supremes, "Where Did Our Love Go". Compositeur, Eicher joue seul de tous les instruments. Apprenti sorcier des ordinateurs, il irradie son énergie avec tendresse au gré d'une new wave électronique et raffinée. Déjà, on aime l'authenticité, la délicatesse et les subtilités d'un univers qu'on aura toujours à coeur de pénétrer plus avant.
--Sylvie Devilette
Critique
Pour son premier album « français », sorti par le label Barclay, Stephan Eicher se présente tels que les spectateurs des Transmusicales de Rennes, du Printemps de Bourges ou de nombreux clubs ont pu le découvrir : fragile, beau et seul. Seul au milieu de ses machines, parfois à la guitare, la voix envoûtant d’emblée dans un français encore mal maîtrisé.
Le style Eicher est en place avec un album trilingue français/anglais/allemand, une grande inventivité musicale malgré le dépouillement, une voix à la fois douce et rocailleuse, des thèmes de chansons d’une mélancolie positive ou d’une rage calme.
« Two People in a Room » cristallise le succès de l’album,
« No Escape »,
reprise des Seeds, rappelle que le jeune punk était fondu de garage rock américain.
Un coup d’essai qui place d’emblée Stephan Eicher au rang des espoirs de la chanson française d’alors.
I Tell This Night reçoit d’ailleurs le Bus d’Acier en 1986, récompense qui « officialise » son statut.
François Alvarez - Copyright 2012 Music Story