J'aime beaucoup les livres de René Frégni, à cause de son style magnifique, et puis de la chaleur et de l'humanité des histoires qu'il nous raconte.
Mais celle-ci, qui est son histoire, est tout à fait saisissante. Parce qu'il avait été trop confiant, trop naïf, en se liant d'amitié avec un caïd, il s'est trouvé "mouillé", comme on dit. Là, ça va encore, surtout qu'on n'a pu retenir aucune charge contre lui et que son dossier a été assez vite déclaré vide.
L'histoire commence après : le juge chargé de cette affaire a harcelé l'innocent pendant plus de 4 ans, il l'a poursuivi de sa vindicte, il l'a humilié, il l'a littéralement empêché de vivre.
C'est une "exécution par la plume" que René Frégni nous offre là, pour se venger du harceleur. Tant mieux pour nous, parce que ça donne un beau livre, haletant et plein d'indignation.
Une question maintenant : comment de tels agissements sont-ils possibles ? Comment un juge peut-il torturer quelqu'un ainsi pendant plus de quatre ans. Et pourquoi le fait-il ? Quelle satisfaction perverse peut-il bien y trouver ? C'est assez inquiétant comme question, je trouve, parce que tout le monde n'a pas la plume magique de Frégni pour protester. Et ce dossier vide, est-il clos maintenant, ou l'acvharnement va-t-il continuer encore ? Deux ans, dix ans ?
A part ça, bon, le style de René Frégni, simple, élégant, fluide, tout vibrant de sensibilité, de sincérité, d'une sorte de lyrisme aussi... c'est un régal, ici comme dans ses autres livres.