Ce film de Jacques Rivette est sorti au printemps 2007, c'est une production Franco-Italienne. Le scénario de Pascal Bonitzer et Christine Laurent est une adaptation du roman de Honoré de Balzac : "la duchesse de Langeais" écrit en 1834. La musique est signée Pierre Alio. Ne touchez pas à la hache, cela a un sens, pour les superstitieux qui sont passés par Londres et ont visité la Tour où les décapitations royales et autres ont eu lieu avec "la hache". Y toucher apporte le malheur...
la Hache est symbolique ici. C'est le jeu de coquetterie qui est cette Hache qui tue.
Ce film d'époque se passe en 1823 sous la Restauration, dans un monde aristocratique où la duchesse de Langeais, Antoinette (Jeanne Balibar) évolue avec autour d'elle une cour de frivoles qu'elle domine. Un général, le marquis de Montrivaux, Armand (Guillaume Depardieu), général napoléonien qui n'est guère apprécié de ce beau monde, un général, pas un frivole lui, sur lequel Antoinette jette un dévolu, un général qui s'est couvert de gloire et qui patiemment lui raconte ses "hauts faits". Patiemment dis-je car il est spontanément amoureux. Elle, mariée et dans un monde où la transgression des règles la détruirait, va lui faire miroiter élégamment une possibilité d'amour réciproque, sans lui céder le moindre aveu. Joue-t-elle, ou se respecte-elle ? Une passion s'exprime dans tous leurs propos. Une passion qui ne s'exprime que dans leur souffrance mutuelle et finalement dans un déchirement où l'orgueil domine le généreux abandon qui aurait pu avoir lieu. Un carnage finalement des sentiments honnêtes.
Un mot de la fin qui donne à Antoinette un beau rôle, un aveu de son amour, aveu bien trop tardif pour satisfaire Armand de Montrivaux. Son mot de la fin, à lui, sera soufflé par ses affreux amis, et fera passer aux oubliettes cet amour vengeur.
Une interprétation magistrale, très romantique, de la part de Jeanne Balibar et toute en retenue, en impatience et avec des larmes aussi de la part de Guillaume Depardieu...ces magnifiques interprétations font de ces 2H20 de film un grand moment d'émotion.
Des Bonus nous offrent une interview de Guillaume Depardieu, notamment. (ah! qu'il ressemble à son père !)
Marialicia, 12 juin 2010