8 internautes sur 9 ont trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
belle réussite, 5 novembre 2007
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tourneuse de pages (DVD)
Que de progrès depuis "mes enfants ne sont pas comme les autres"! Denis Dercourt a su se défaire de sa déformation professionnelle de musicologue. Dans "La tourneuse de pages" la musique occupe juste la place qu'il faut, en arrière-fond et simplement au service d'une intrigue psychologique très dense, bien loin de tout envahir intempestivement comme c'était le cas dans le film précédent.
Déborah François est craquante en beauté sainte-Nitouche glacée, et le tandem Pascal Greggory/Catherine Frot compose très justement un couple de petite bourgeoisie active et contemporaine, illusoirement parfait. Tous les ingrédients sont réunis pour que la susdite Sainte-Nitouche trouve la faille et l'exploite... mais en ce domaine le suspense est impeccablement conduit jusqu'à la fin du film.
La caméra est parfaite, qui à tout instant filme sobrement le détail qu'il faut précisément montrer.
L'ambiance tient de Chabrol et d'Hitchcock, mais sans plagiat: la scène où, la musique aidant, Deborah François fait irrésistiblement penser à Kim Novak dans "Sueurs froides" est davantage un clin d'oeil habile et bienvenu qu'une grossière copie. On peut féliciter Denis Dercourt de s'être ici hissé au niveau de ces deux maîtres, sans imitation servile et en en renouvelant la thématique de manière heureuse.
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2 internautes sur 2 ont trouvé ce commentaire utile :
3.0 étoiles sur 5
Lugubre, 28 juillet 2009
Ce commentaire fait référence à cette édition : La tourneuse de pages (DVD)
De mon point de vue, les films français se classent pour beaucoup en deux catégories (bien entendu, et fort heureusement, certains films ne correspondent à aucune de ces deux catégories et le cinéma français recèle quelques très belles pépites) :
- ceux sans imagination, opposant de manière obsessionnelle « les riches », avec tous les défauts caricaturaux que l''on peut leur imaginer, et les moins riches, qui souffrent de l''arrogance et du manque de scrupule des premiers (j''aurai certainement l''occasion l''un de ces jours de commenter le film « Le hérisson », qui représente parfaitement bien cette catégorie).
- ceux qui s''essayent à plus de complexité et tentent de nouer une intrigue psychologique un peu plus évoluée. Ceux-là sont souvent volontairement assez lugubres, avec une atmosphère relativement sombre confinant à l''étrangeté.
« La tourneuse de pages » appartient à cette deuxième catégorie.
Si le point de départ de l''intrigue semble ici un peu léger, voire anecdotique ou un peu « tiré par les cheveux », quelques hasards heureux favorisent ensuite la préparation de la mise en situation (le fameux « manque d''imagination » de beaucoup de scénaristes français, de mon point de vue), jusqu''à ce qu''on puisse entrer dans le vif du sujet.
Là, l''intrigue est un peu mieux menée et emporte malgré tout le spectateur, malgré (ou avec) la froideur de l''atmosphère et le caractère quelque peu sinistre de la musique choisie à bon escient (passons sur les invraisemblances).
Servi par deux bonnes actrices, en particulier une Catherine Frot toujours irréprochable, le film adopte son rythme de croisière et parvient à ménager quelques incertitudes quant au dénouement. Et la lourdeur de l''atmosphère fait oublier que le film est court (j''étais très surpris, avant le visionnage, de la faible durée, mais celle-ci convient finalement ; des rajouts auraient été inutiles).
En fin de compte, malgré le manque d''imagination par moments, le thème de départ est assez plaisant (même si je regrette toujours beaucoup la manière dont il est amené) et le film nous réserve tout de même quelques surprises (même si étonnantes et si l''on peut avoir de la peine à y croire).
Par ces arguments, même si ma raison me conduit à penser que ce film ne vaut pas plus de deux étoiles, le c½ur me conduit à accorder plus généreusement trois étoiles (trois et demie aurait, à vrai dire, été parfait) car, comme le dit la célèbre citation (de qui, d'ailleurs ? participez au grand jeu gratuit, si le c½ur vous en dit), « le c½ur a ses raisons, que la raison ne connaît point ».
Dans un autre genre, mais touchant toujours au domaine du piano (avec quelques petits points communs), je vous conseillerais le dessin animé japonais « Piano forest » de Masayuki Kojima, que j''ai trouvé bien plus subtil et émouvant. Mais encore faut-il que votre c½ur vous conduise à accepter l''idée de voir un dessin animé (parlons de « film d''animation », conseille la raison).
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